L’avenir du nuage informatique

L’avenir du nuage informatique

Le Gouvernement a élaboré une stratégie reposant sur trois piliers qui permettra d’asseoir la souveraineté française et européenne sur le marché du Cloud.

La crise sanitaire actuelle a mis en évidence toute l’importance des services numériques. La plupart de ces services existent aujourd’hui grâce aux technologies d’informatique en nuage qui permettent d’héberger et de traiter les données des entreprises, des administrations et des citoyens via un accès réseau. Envoyer un e-mail, partager une photographie ou réserver un rendez-vous médical ne peut ainsi plus se faire sans recourir au Cloud. Les entreprises et les administrations peuvent également recourir à une large palette de services permis par cette technologie.
Toutes ces solutions offrent au client une grande flexibilité, une optimisation des coûts et surtout l’accès à des solutions performantes, innovantes et sécurisées.
Avec la numérisation de notre société, la place et l’importance du Cloud ont grandi. Demain dans tous les domaines de l’industrie, dans le secteur public, dans l’éducation ou encore dans la santé, son usage sera nécessaire à la croissance de notre économie.
Le recours à des solutions cloud n’en est qu’à ses débuts. Dans les années à venir, le Cloud sera l’une des briques essentielles des innovations dans de nombreux secteurs. La croissance annuelle du secteur est ainsi supérieure à 20 %, multipliant la taille du marché européen par 10 en dix ans. Le cloud pourrait ainsi atteindre la taille du secteur des télécommunications d’ici 2030 et créer de nombreux emplois en Europe. Le plein essor du secteur du cloud est une opportunité économique unique pour l’Europe et pour la France.
Néanmoins, le marché est actuellement dominé par des acteurs étrangers qui peuvent imposer des conditions de sorties très complexes : les entreprises se retrouvent souvent dépendantes de leur fournisseur cloud. Cette domination complexifie l’émergence d’acteurs européens et pose également un fort risque de captation des données, certains pays ayant adopté des législations à portée extraterritoriale leur permettant d’accéder aux données stockées. Cette situation met à mal la souveraineté européenne. L’Europe doit veiller à garder la main sur la pleine gestion de ses données personnelles et industrielles.
Pour répondre à ces enjeux, le Gouvernement a élaboré une stratégie reposant sur trois piliers : un nouveau label cloud de confiance qui permettra aux entreprises et administrations françaises de bénéficier des meilleurs services offerts par le Cloud (suites bureautiques collaboratives, outils de visioconférence, etc.) tout en assurant la meilleure protection pour leurs données ; la politique « Cloud au centre » de l’administration pour accélérer résolument la transformation numérique du service public ; une stratégie industrielle ambitieuse, inscrite dans le cadre de France Relance, qui permettra d’asseoir la souveraineté française et européenne accompagnant la construction de nouveaux outils cloud.

Le Cloud de confiance
Le niveau de protection le plus élevé pour les données des Français est la priorité de la politique de Cloud du Gouvernement. Cette sécurisation doit opérer aux niveaux techniques comme juridique. En effet, si les caractéristiques techniques permettent de lutter contre les risques de cybermalveillance, le niveau juridique doit conduire à se prémunir des risques d’application de lois extraterritoriales non conformes aux valeurs européennes. C’est à cette double problématique que répond le Cloud de confiance dans un but clair : protéger les données des entreprises, des administrations et des citoyens français.
Ce label cloud de confiance offrira donc un double niveau de sécurisation – juridique et technique – et permettra aux entreprises et administrations françaises de bénéficier des meilleurs services cloud.
Certains des services cloud les plus performants au monde sont édités par des entreprises extraeuropéennes : ces services pourront également être labellisés sous certaines conditions portant notamment sur l’entité opérant ces services et sur la localisation des données. Le label cloud de confiance permettra ainsi de nouvelles combinaisons comme la création d’entreprises alliant actionnariat européen et technologies étrangères sous licence. Cette politique répond à un besoin clair : donner accès au meilleur niveau de service tout en respectant les valeurs européennes.
Ce nouveau label intervient enfin comme une réponse aux attentes des petites et grandes entreprises françaises en traçant une voie claire pour les Organismes d’intérêts vitaux (OIV), mais également pour le reste des acteurs économiques et administrations pour qui la sécurisation des données des Français est une priorité.Enfin, en complément du Visa de sécurité SecNumCIoud, le Gouvernement encourage les fournisseurs de solutions Cloud à mettre en œuvre des garanties en termes de réversibilité, d’interopérabilité, de portabilité, et de transparence au travers notamment de l’initiative Gaïa-X.

Transformation numérique de l’État
Avec l’adoption de la doctrine « Cloud au centre », le Gouvernement fait du Cloud un prérequis pour tout nouveau projet numérique au sein de l’État, afin d’accélérer la transformation publique au bénéfice des usagers et dans le strict respect de la cybersécurité et de la protection des données des citoyens et des entreprises.
L’État doit mobiliser les meilleures pratiques et innovations numériques pour répondre aux enjeux d’amélioration du service public. La doctrine d’utilisation de l’informatique en nuage par l’État de novembre 2018 faisait du Cloud un levier prioritaire de la transformation numérique de l’État. L’expérience acquise durant les deux dernières années permet à présent au Gouvernement d’accélérer la transition vers le Cloud des administrations en adoptant une approche « Cloud au centre ».
• Accélérer la transformation numérique de l »État
Le Cloud est essentiel pour accompagner et accélérer l’évolution des pratiques de développement de produits numériques de l’État. La nouvelle doctrine cordonnée par le ministère de la transformation et de la Fonction publiques permet d’inscrire ce virage durablement dans les directions du numérique des ministères et plus largement auprès de tous les acteurs de l’État.
L’adoption du Cloud doit permettre de faciliter la mise en œuvre des engagements du Gouvernement en matière de transformation numérique des administrations. Le Cloud doit conduire à équiper les agents de meilleurs outils de travail numériques, plus collaboratifs, et d’améliorer durablement les démarches des usagers en ligne, qu’ils soient citoyens ou entreprises.
Enfin, ce virage doit permettre de répondre aux attentes légitimes des Français d’exemplarité de l’État en matière de protection de leurs données ainsi qu’en termes de garantie de la continuité du service public, deux prérequis à leur confiance dans le service public numérique.
• La nouvelle doctrine « Cloud au centre »
Cette nouvelle doctrine s’applique aux ministères et organismes placés sous leur tutelle, et s’incarnera dans une circulaire. Le Cloud devient dorénavant la méthode d’hébergement par défaut pour les services numériques de l’État, pour tout nouveau produit numérique et pour les produits connaissant une évolution substantielle. Les recrutements et les programmes de formation continue destinés aux agents publics dans la filière numérique comporteront un volet cloud.
Les services numériques des administrations seront hébergés sur l’un des deux cloud interministériels internes de l’État ou sur les offres de Cloud proposées par les industriels satisfaisant des critères stricts de sécurité.
Notamment, chaque produit numérique manipulant des données sensibles, qu’elles relèvent notamment des données personnelles des citoyens français, des données économiques relatives aux entreprises françaises, ou d’applications métiers relatives aux agents publics de l’État, devra impérativement être hébergé sur le cloud interne de l’État ou sur un cloud industriel qualifié SecNumCIoud par l’ANSSI et protégé contre toute réglementation extracommunautaire.
Le passage au cloud est enfin une occasion de renforcer la résilience des produits numériques des administrations, au service de la continuité du service public. Les administrations s’appuieront donc sur une diversité de technologies, de fournisseurs et d’infrastructures et prépareront des plans de continuité et de reprise d’activité pouvant être activés en cas d’incident.
Avec « Cloud au centre », le Gouvernement se dote d’une doctrine complète, engageant résolument les administrations sur la voie d’une transformation numérique de qualité tout en renforçant la souveraineté de l’État et la protection des données des Français.

France Relance et le PIA IV
Le troisième pilier de la stratégie cloud de l’État consiste en un soutien direct à des projets à forte valeur ajoutée dans le cadre du 4e Programme d’investissements d’Avenir et de France Relance.
Cette action identifiera et soutiendra des projets industriels de développement de technologies. Elle vise notamment les technologies critiques telles que les solutions PaaS pour le déploiement de l’intelligence artificielle et du big data ou encore les suites logicielles de travail collaboratif. Un Appel à manifestation d’intérêt : « Développement et renforcement de la filière française et européenne du Cloud » | Bpifrance servir l’avenir s’est ainsi ouvert jusqu’au 17 mai dernier.
Les premiers projets débuteront dans les prochains mois tandis que les plus importants d’entre eux seront financés dans le cadre d’un Projet important d’intérêt européen commun (PIEEC) réunissant à ce jour 11 États membres : la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, la Belgique, le Luxembourg, la Slovénie, la Hongrie, la Tchéquie, la Pologne et la Lettonie. Ce PIEEC aura notamment pour ambition de développer une offre de Cloud européenne verte dans les domaines de rupture technologique, tels que le Edge computing. Typiquement, ce PIEEC permettra la mobilisation de fédérations d’acteurs dans l’optique de créer des projets transformants tels qu’une suite de bureautique collaborative européenne. La capacité à traiter des données au plus proche de l’endroit où elles sont recueillies est critique pour certaines applications (voiture autonome par exemple) qui ne peuvent tolérer des temps de latence, des pannes réseaux, etc. L’un des enjeux de cette nouvelle approche dite de Edge computing est son intégration avec le Cloud ainsi que l’orchestration des futurs réseaux dans un continuum Edge-Cloud.

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