Paris La Défense : encourager la présence au bureau

Cinq ans après l’essor du télétravail, les habitudes de travail continuent de se stabiliser, et Paris La Défense observe une évolution notable des comportements des salariés. […]

Cinq ans après l’essor du télétravail, les habitudes de travail continuent de se stabiliser, et Paris La Défense observe une évolution notable des comportements des salariés. Aujourd’hui, la norme s’établit à une moyenne de 2 jours de télétravail par semaine pour 54 % des salariés du quartier d’affaires, marquant une stabilisation du télétravail après la pandémie. En comparaison à d’autres pays, notamment anglo-saxons et asiatiques, où des retours massifs au bureau ont eu lieu, la France continue de suivre une tendance plus progressive, moins contraignante. Toutefois, les pratiques évoluent : en 2024, seulement 25 % des salariés travaillent plus de deux jours à distance par semaine, contre 32 % en 2022, soit une baisse notable de 7 %.
Les tendances au sein du quartier d’affaires montrent des fluctuations marquées de présence des salariés, en fonction des jours de la semaine. Le mardi et le jeudi restent les jours de plus forte affluence, suivis du mercredi et du lundi. En revanche, le vendredi demeure le jour le moins fréquenté, avec une baisse de présence d’environ 20 % par rapport aux jours de pointe comme le mardi. Cette disparité de fréquentation crée des problématiques, particulièrement pour les commerçants et restaurateurs, qui souffrent d’une baisse d’activité notable en fin de semaine. Si certains restaurants accueillent une affluence massive le mardi ou le jeudi, ils sont contraints de fermer leurs portes le vendredi en raison d’une fréquentation trop faible.
Face à cette situation, l’établissement public Paris La Défense a décidé de prendre l’initiative et d’adopter une nouvelle stratégie pour améliorer la présence des salariés tout au long de la semaine. Pierre-Yves Guice, directeur général de Paris La Défense, a annoncé que, lors de la renégociation de ses accords de télétravail, un principe de présence minimum de 50 % des effectifs chaque jour de la semaine a été mis en place pour l’établissement. Ce changement vise à lisser la présence des salariés, et ainsi, à garantir une affluence régulière et une dynamique plus équilibrée sur le territoire.
Cette initiative ne se limite pas uniquement à la politique interne de l’établissement. Paris La Défense a également lancé une campagne de communication plus large, ciblant directement les salariés des entreprises installées dans le quartier. L’objectif est d’inciter ces derniers à privilégier les journées de travail en présentiel le vendredi, afin de revitaliser l’activité du quartier et de soutenir ses commerçants, notamment en encourageant les salariés à profiter de leur pause déjeuner pour organiser des moments conviviaux, déjeuners d’équipe ou pauses shopping. L’idée derrière cette campagne est également de démontrer que le vendredi, souvent perçu comme une journée plus calme et moins productive en termes de réunions et d’activités collectives, peut être l’occasion idéale pour renforcer la cohésion des équipes tout en soutenant l’économie locale.
La campagne met en avant le concept de « Casual Friday », où les salariés sont invités à aborder la fin de semaine de manière plus détendue et à explorer les services, les restaurants et les commerces du quartier. Ce retour à une activité plus dynamique pourrait également aider à renforcer l’image du quartier de La Défense, non seulement en tant que centre d’affaires de premier plan, mais aussi en tant que lieu de vie et de convivialité.
Cette mesure vise à résoudre la problématique des fortes variations de fréquentation et à offrir un environnement de travail plus équilibré pour tous. En encourageant une présence plus homogène tout au long de la semaine, Paris La Défense cherche à transformer le quartier en un véritable lieu de vie, avec une animation constante qui bénéficie aux entreprises, aux commerçants et aux salariés. De plus, cette action pourrait inspirer d’autres entreprises et organisations à réévaluer leurs politiques de télétravail et à adopter des pratiques similaires pour favoriser une présence plus stable et durable au bureau.