À l’ouverture de la nouvelle campagne de négociations commerciales, le Gouvernement met en avant une avancée jugée déterminante pour apaiser les relations entre fournisseurs et distributeurs. À la veille du lancement officiel des discussions, ce lundi 1er décembre, les fédérations représentant les coopératives agricoles, les industriels et les enseignes de la distribution ont signé une charte d’engagements réciproques, un document inédit destiné à instaurer un climat plus constructif durant les trois mois d’échanges à venir.
Cette période, traditionnellement marquée par de fortes tensions dans un secteur où les intérêts divergent souvent, est cruciale pour les produits de grande consommation – en particulier alimentaires – et influence fortement l’ensemble de la chaîne de valeur. C’est précisément pour encadrer cette étape sensible que les deux ministres concernés, Serge Papin, en charge des PME, du commerce et du pouvoir d’achat, et Annie Genevard, responsable de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, ont encouragé l’élaboration de ce texte, désormais endossé par les principaux acteurs. Les deux membres du Gouvernement se sont félicités d’un accord qui, selon eux, témoigne d’un dialogue enfin renoué et d’une volonté commune d’adopter des pratiques plus responsables.
La charte repose sur trois grands engagements. Le premier vise explicitement à instaurer un cadre plus serein tout au long des négociations, en mettant l’accent sur des principes de dialogue, de compréhension mutuelle des contraintes professionnelles et de prévention des litiges. Le second volet consacre des modalités adaptées aux petites et moyennes entreprises, jugées plus vulnérables face à la durée et à l’intensité des discussions : il est notamment prévu que, lorsque cela est possible, leurs négociations soient conclues avant le 15 janvier, afin de limiter la pression qui pèse sur leurs équipes. Enfin, un troisième axe encourage davantage de transparence sur l’origine des produits et entend renforcer la visibilité en magasin des fruits et légumes frais et de saison, un enjeu jugé essentiel pour l’information des consommateurs.
Pour les deux ministres, l’adoption unanime de ce texte marque une étape importante dans la modernisation des pratiques commerciales. Ils saluent l’engagement des organisations signataires, rappelant que ces nouvelles règles devront désormais être appliquées avec sérieux et feront l’objet d’un suivi attentif. Les ministères entendent d’ailleurs poursuivre cet accompagnement pour garantir que les principes actés se concrétisent réellement au bénéfice de toute la filière.
Serge Papin qualifie la signature de la charte de « tournant décisif » pour des négociations souvent perçues comme trop conflictuelles. Il souligne la portée collective de ce travail et l’importance d’un environnement plus apaisé, plus lisible pour les consommateurs et plus équitable pour les PME. Annie Genevard insiste, elle, sur l’impact direct de ces discussions sur le monde agricole et agroalimentaire. Elle évoque un enjeu majeur de souveraineté alimentaire et estime indispensable de mettre fin au climat de confrontation qui caractérisait ces dernières années les échanges entre fournisseurs et distributeurs, une situation jugée unique en Europe.
Le Gouvernement voit dans cette charte un outil de rééquilibrage et un signal fort adressé à toute la filière. Reste désormais à transformer cet engagement en réalité concrète sur le terrain, dans un contexte où les attentes en matière de transparence, de juste rémunération et d’efficacité économique n’ont jamais été aussi fortes.

