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Changement climatique : assises de l’eau

Par Assia Bedja
Publié le 17 décembre 2025 à 08h51 – Temps de lecture : 4 minutes

L’Essonne a accueilli cette mi-décembre les premières Assises de l’eau à l’Espace Jean Monnet d’Étrechy, un événement qui a rassemblé élus, professionnels, opérateurs et partenaires institutionnels autour de la question cruciale de l’eau et de la préparation du territoire aux effets du changement climatique. La préfète de l’Essonne, Fabienne Balussou, le président du Conseil départemental, François Durovray, et le président de l’Union des maires de l’Essonne, Francisque Vigouroux, ont ouvert cette journée en soulignant l’importance d’une action collective face aux enjeux environnementaux auxquels le département est confronté.
Ces Assises interviennent dans un contexte marqué par des épisodes climatiques extrêmes qui ont déjà affecté le territoire. L’Essonne a été confrontée à de sévères sécheresses en 2022 et à des inondations répétées en 2016 et 2024, révélant la forte vulnérabilité de son réseau hydraulique et de ses infrastructures. Le 3e Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC), adopté en mars 2025, fixe désormais une trajectoire préparant la France à un réchauffement de +4 °C d’ici 2100, avec une intensification des événements climatiques extrêmes. Dans ce contexte, les projections pour l’Essonne prévoient une augmentation des températures comprises entre +3,5 °C et +5 °C, davantage de précipitations extrêmes, des étés plus secs et jusqu’à 175 jours de sols secs par an.
La sensibilité du territoire essonnien à ces changements est particulièrement élevée. En effet, 90 % de l’eau potable consommée provient de prélèvements dans les cours d’eau, eux-mêmes soumis à des risques de baisse de débit, notamment lors des périodes d’étiage. Par ailleurs, de nombreux cours d’eau de faible gabarit et des zones humides déjà fragilisées accentuent la vulnérabilité du territoire face aux événements extrêmes. Les risques d’inondation par crue ou ruissellement restent importants, comme l’ont illustré les épisodes récents de 2016 et 2024. Sur le territoire, 13 000 bâtiments sont exposés à un risque d’inondation par crue, dont 10 500 en vallée de Seine, et six collèges sont également concernés, dont cinq situés en vallée de Seine.
Lors de l’ouverture, Fabienne Balussou a rappelé que « l’eau est aujourd’hui l’un des premiers marqueurs du changement climatique, et notre territoire en subit déjà les conséquences, à l’image des inondations majeures que nous avons connues en 2022 et en 2024. Face à ces défis, nous devons collectivement passer d’une logique curative à une véritable approche préventive, en préservant la qualité de l’eau, en restaurant nos milieux aquatiques et en renforçant la résilience de nos communes. L’État est pleinement mobilisé aux côtés des collectivités et des autres acteurs locaux pour accompagner cette transition. Ces Assises constituent une étape essentielle pour identifier ensemble des actions concrètes et durables au service du territoire essonnien. »
La journée s’est structurée autour d’une conférence et de tables rondes visant à partager connaissances, expériences et pistes d’action. La matinée a débuté par une présentation d’Emma Haziza, hydrologue spécialiste de l’adaptation des territoires au changement climatique, qui a apporté un éclairage scientifique sur les défis à venir. Deux tables rondes ont ensuite permis d’aborder les risques liés à l’eau et les leçons tirées des inondations de 2024, ainsi que les nouveaux enjeux de sobriété et de partage de la ressource.
L’après-midi a été consacrée à trois ateliers thématiques réunissant collectivités, syndicats, experts et opérateurs. Ces ateliers ont porté sur la préservation des milieux aquatiques, la gestion de crise et la prévention du ruissellement. Les échanges ont permis d’identifier des bonnes pratiques locales, de mettre en évidence les freins actuels et de dégager des pistes d’action communes pour renforcer la résilience du territoire face aux aléas climatiques.