Ce 31 janvier, la partie centrale de l’île Seguin, à Boulogne-Billancourt, face aux coteaux de Meudon, s’ouvrira au public avec l’inauguration du parc départemental Gauthier-Mougin. Ce nouvel espace, fruit d’une reconversion ambitieuse d’un site longtemps associé à l’industrie et au béton, marque l’arrivée de la première grande surface végétalisée sur l’île depuis plus d’un siècle et demi. Il s’inscrit dans le cadre d’un projet plus vaste visant à transformer l’île en un véritable pôle culturel et écologique.
Le parc Gauthier-Mougin, nommé en hommage à Gauthier Mougin, ancien directeur de la SPL Val de Seine et ancien premier adjoint au maire de Boulogne-Billancourt décédé en 2021, déploie sur 3,5 hectares un paysage soigneusement aménagé pour accueillir le public. Prairies inclinées orientées vers la Seine, sous-bois protecteurs, berges renaturées et chemins piétons constituent un environnement pensé pour la promenade et la détente, tout en respectant la continuité écologique. Plus de 800 arbres, parmi lesquels charmes, hêtres, chênes, pins, saules et peupliers, ont été plantés, accompagnés d’arbustes et de plantes locales, avec une attention particulière portée à leur provenance et à leur maturité.
La dimension culturelle du parc est au cœur de son identité. Conçu par l’équipe du paysagiste Michel Desvigne, grand prix de l’urbanisme en 2011, le site fonctionne comme un « musée à ciel ouvert ». Les visiteurs pourront parcourir un sentier jalonné de 20 à 26 œuvres, mêlant sculptures, installations monumentales et fresques, en partie issues de collections publiques et privées présentes sur l’île depuis 2017. Parmi elles figurent des créations de Jean-Charles de Castelbajac, Jacques Villeglé, Peter Stämpfli, Marta Pan, Tiphaine Calmettes ou Véronique Joumard, aux côtés des pièces de César et de Kohei Nawa déjà visibles sur la pointe de l’île. L’ensemble constitue un dialogue permanent entre art contemporain et nature, offrant une expérience culturelle immersive et accessible à tous.
Le parc Gauthier-Mougin s’inscrit également comme un trait d’union entre les différents projets d’aménagement de l’île. Il relie La Seine musicale, inaugurée sur la pointe amont, à la future Pointe des Arts, où un centre d’art contemporain et un cinéma de huit salles doivent ouvrir d’ici la fin de l’année. Cette continuité entre espaces verts et équipements culturels reflète la volonté de créer une « Vallée de la culture » harmonieuse, où la nature, l’art et les loisirs coexistent et se renforcent mutuellement.
L’accessibilité du parc a été pensée pour accueillir un large public. Situé au parvis de La Seine musicale, il est facilement accessible à pied et par les transports en commun, notamment avec le prolongement prévu de la ligne 42 jusqu’à Meudon. Deux nouveaux arrêts seront créés : un à Meudon Campus et le terminus au T2 Brimborion. Ces liaisons permettront de relier le parc aux lignes de métro 9 et 15 via le pont de Sèvres, ainsi qu’à la gare Saint-Lazare, facilitant l’accès quotidien des habitants et des visiteurs. Les circulations internes ont été conçues pour favoriser les mobilités douces et garantir l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite, conformément à la stratégie du département pour ses espaces naturels sensibles.
Le parc, entièrement gratuit, ambitionne de devenir un espace de respiration pour les habitants de Boulogne-Billancourt et des communes environnantes, offrant un cadre de détente, de promenade et de découverte artistique. Il constitue également un symbole fort de reconversion et de renaturation dans un lieu historique, transformé depuis l’époque des usines Renault. Cette première ouverture végétalisée est une étape clé dans la réinvention d’un site longtemps considéré comme exclusivement industriel.
L’inauguration du 31 janvier sera célébrée sur le parvis de La Seine musicale et rassemblera le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine, Laurent Dumas, président du conseil d’administration des Beaux-Arts de Paris, ainsi que Michel Desvigne, concepteur du parc.
Boulogne-Billancourt : le parc Gauthier-Mougin
Par Marc Blanc
Publié le 30 janvier 2026 à 10h59 – Temps de lecture : 4 minutes
