L’exposition « Les 1 001 vies de La Ciotat » propose une plongée dans le passé de la ville à travers l’objectif de Garabed Garabédian, dit Gara, photographe emblématique de La Ciotat. Installée à partir du 30 janvier jusqu’au 21 février, elle dévoile des clichés réalisés entre 1953 et 1973, retraçant la vie quotidienne, les fêtes familiales, les événements publics et l’évolution urbaine de la commune. La rétrospective s’articule autour de plusieurs lieux d’exposition : la Chapelle des Pénitents bleus et la Galerie du Port sont ouvertes du mardi au samedi, tandis que l’Office de Tourisme, le Conservatoire Zino-Francescatti, la Médiathèque Simone-Veil, le Théâtre de la Chaudronnerie et la Micro-Folie proposent également des plages horaires spécifiques pour découvrir les images. Le vernissage se tiendra le jeudi 29 janvier à 18 h 30 à la Chapelle des Pénitents bleus.
Gara est né à La Ciotat le 3 juillet 1927, au sein d’une famille arménienne implantée dans la ville depuis le début des années 1920. Son parcours professionnel commence dans la couture auprès de Virgile Pastorino avant qu’il ne s’engage dans la Marine de 1948 à 1951, parcourant le monde. À son retour en 1952, il intègre l’atelier du photographe Louis Sciarli, où il réalise des reportages thématiques et des clichés de plages en été, faisant développer ses tirages au Studio Gavard.
En février 1955, fraîchement marié à Rose Hagopian, il ouvre son propre studio au 73 rue des Poilus. Rapidement, il devient un acteur incontournable de la vie locale, immortalisant les grands moments des habitants de La Ciotat : baptêmes, mariages, communions, cérémonies officielles et faits divers. Ses images paraissent également dans la presse locale, notamment dans le quotidien Le Provençal, contribuant à faire connaître son travail au-delà de sa clientèle directe.
La carrière de Gara prend un tournant lorsque la famille s’installe aux États-Unis pour y ouvrir une boulangerie-pâtisserie en Floride. Il revient à La Ciotat en 1991, mais disparaît l’année suivante. Son épouse Rose conserve avec soin la majorité des négatifs, qu’elle fait don à la ville, permettant de préserver ce témoignage unique de la vie ciotadenne au milieu du XXe siècle.
Ce fonds a ensuite été numérisé par le service des Archives municipales, révélant une richesse exceptionnelle. Les clichés permettent de revivre les moments de vie de centaines d’habitants tout en offrant un aperçu précis des transformations architecturales de la ville. Le résultat de ce travail a donné naissance à l’exposition actuelle, qui présente ces images sous un angle à la fois documentaire et émotionnel, mêlant histoire intime et mémoire collective.
Les visiteurs peuvent ainsi découvrir La Ciotat à travers l’œil attentif de Gara, capable de capter à la fois l’intimité des familles et l’ambiance des lieux publics. Chaque photo devient un témoignage d’une époque où la ville, ses habitants et ses paysages étaient en pleine mutation. L’exposition ne se limite pas à une simple galerie de portraits ou de paysages : elle offre une lecture chronologique et thématique de la vie locale sur deux décennies, soulignant l’évolution des modes, des loisirs et de l’urbanisme.
Les lieux d’exposition ont été choisis pour refléter la diversité de la ville. La Chapelle des Pénitents bleus et la Galerie du Port offrent des espaces centraux et accessibles, tandis que les autres sites permettent de découvrir le travail de Gara dans des contextes variés, allant du Conservatoire de Musique et d’art dramatique aux espaces culturels comme la Médiathèque ou la Micro-Folie. Ce maillage territorial favorise une immersion complète et rend hommage à la multiplicité des lieux de vie ciotadens.
L’exposition met également en lumière le rôle des archives dans la conservation du patrimoine photographique. Le travail de numérisation a permis de rendre ces images accessibles à un large public, tout en préservant les originaux. C’est une démarche qui illustre l’importance de la transmission de la mémoire locale et le rôle de la photographie comme vecteur historique.
Au-delà de la documentation, l’œuvre de Gara se distingue par sa sensibilité. Ses images racontent des histoires, traduisent des émotions et captent l’atmosphère d’une époque. Elles constituent un véritable miroir de la société ciotadenne des années 1950 à 1970, offrant une expérience à la fois esthétique et narrative.
En redécouvrant ces clichés, le public est invité à se remémorer les souvenirs de La Ciotat, mais aussi à prendre conscience de l’évolution de la ville et de ses habitants. L’exposition « Les 1 001 vies de La Ciotat » est un hommage à la mémoire collective, à l’art de la photographie et au regard d’un photographe dont l’œil a su capter l’essence d’une époque.

