À l’horizon 2026, la Ville d’Aubagne engage un exercice budgétaire qui se veut à la fois prudent et tourné vers l’avenir. Dans un contexte économique incertain, marqué par des évolutions nationales et internationales difficiles à anticiper, la municipalité affirme une ligne claire : tenir les équilibres financiers sans renoncer aux projets structurants. Le budget primitif adopté en décembre 2025 s’inscrit ainsi dans une démarche de responsabilité, fondée sur la maîtrise des dépenses, la réduction progressive d’un endettement historiquement élevé et le maintien d’une pression fiscale stable pour les habitants.
Comme chaque année, la construction du budget a suivi un calendrier précis. Le débat d’orientations budgétaires s’est tenu le 24 novembre 2025 en Conseil municipal, étape préalable indispensable avant le vote du budget. Quelques semaines plus tard, le 18 décembre, les élus ont adopté le budget primitif 2026, principal document financier de l’année. Celui-ci autorise l’ensemble des dépenses que la commune prévoit d’engager et recense les recettes attendues sur l’exercice.
La directrice des Finances de la Ville, Véronique Lubrano, rappelle que ce travail de préparation s’étale sur près de six mois. Ce délai est nécessaire pour permettre aux services municipaux et aux élus d’évaluer précisément les besoins, en cohérence avec les engagements pris par le maire et son équipe. Le principe fondamental demeure l’équilibre : chaque euro de dépense doit correspondre à un euro de recette. En cours d’année, des ajustements peuvent intervenir par le biais de décisions modificatives, votées en Conseil municipal. L’ensemble de ces opérations est ensuite retracé dans le Compte financier unique, document qui clôture l’exercice comptable.
Pour 2026, deux priorités structurent l’ensemble des choix budgétaires. La première concerne la poursuite de la stabilité fiscale, avec des taux d’imposition inchangés pour la treizième année consécutive. Les taux de taxe foncière sur les propriétés bâties, de taxe foncière sur les propriétés non bâties et de taxe d’habitation sur les résidences secondaires restent donc identiques. La seconde priorité vise à maintenir un niveau d’investissement soutenu, indispensable pour répondre aux besoins des Aubagnais et améliorer durablement leur cadre de vie.
Cette ambition doit cependant composer avec une réalité financière lourde : Aubagne figure parmi les communes les plus endettées de France, avec un encours dépassant les 130 millions d’euros. Cette situation pèse fortement sur les marges de manœuvre de la collectivité. En 2026, le remboursement de la dette représentera à lui seul 18,3 millions d’euros, dont 11,7 millions de capital et 6,6 millions d’intérêts. Réduire progressivement cet endettement constitue donc un enjeu central, tant pour alléger la charge financière que pour sécuriser l’avenir budgétaire de la Ville.
Dans ce contexte, la maîtrise de la dépense publique reste un axe majeur. Le budget 2026 s’inscrit dans la continuité d’une gestion rigoureuse, visant à contenir le recours à l’emprunt tout en garantissant la qualité des services publics. Les dépenses de personnel demeurent le premier poste de fonctionnement, avec une masse salariale de 47,575 millions d’euros, soit 61 % du budget de fonctionnement. Malgré une recherche constante d’optimisation, ces dépenses restent soumises à des facteurs externes, comme la revalorisation du point d’indice décidée par l’État ou l’augmentation programmée des cotisations patronales pour la retraite des fonctionnaires territoriaux entre 2025 et 2028. Autant d’éléments qui nécessitent une vigilance accrue.
Parallèlement, la Ville poursuit sa stratégie de mobilisation de financements externes. En 2026, les subventions attendues s’élèvent à 6,886 millions d’euros, en légère baisse par rapport à l’année précédente. Cette diminution s’explique notamment par l’arrivée à son terme de l’engagement pluriannuel du Département, qui a contribué au financement de près de 22 millions d’euros de dépenses d’équipement via son dispositif d’aide aux travaux de proximité. L’État demeure toutefois un partenaire important, notamment pour le financement du pôle éducatif des Passons et, par l’intermédiaire de la Caf, pour certaines dépenses de fonctionnement liées à l’accueil de la petite enfance. D’autres soutiens concernent les actions menées en faveur de l’environnement et de la propreté urbaine, tandis que plusieurs dossiers de subvention sont encore en cours d’instruction.
Les recettes communales reposent principalement sur la fiscalité locale et sur les dotations de l’État, auxquelles s’ajoutent les subventions des autres collectivités, les redevances versées par les usagers des services municipaux et, lorsque cela est nécessaire, l’emprunt. Ces ressources permettent de financer à la fois les dépenses de fonctionnement, indispensables au quotidien, et les investissements qui façonnent la ville de demain.
En matière d’équipement, le budget 2026 consacre 13,418 millions d’euros aux investissements. Une part prépondérante est dédiée à l’achèvement du pôle éducatif des Passons, projet emblématique de la mandature, pour un montant proche de 8 millions d’euros. Lancé en novembre 2024, le chantier a déjà franchi une étape importante avec la fin du gros œuvre. Les travaux se poursuivront en 2026 avec la réalisation des façades en briques et l’isolation par l’extérieur.
La municipalité continuera également à rénover son patrimoine et à aménager l’espace public dans une logique de développement durable. À ce titre, le raccordement de la piscine Alain Bernard au réseau de chaleur urbain marquera une étape significative. Les équipements sportifs bénéficieront aussi d’investissements conséquents : plus d’un million d’euros seront consacrés à leur embellissement et à leur modernisation. Le Tennis Club aubagnais accueillera deux nouveaux courts couverts et entièrement rénovés, tandis qu’un terrain « 3 raquettes », combinant tennis, badminton et ping-pong en libre-service, viendra renforcer l’offre de loisirs de proximité. Les travaux de réfection du sol du gymnase du Charrel débuteront quant à eux dès ce mois de janvier.
Enfin, la renaturation du parc de l’Huveaune, pour un budget d’environ 600 000 euros, illustre la volonté de concilier qualité de vie, protection de l’environnement et prévention des risques. Ce projet vise à revitaliser le fleuve et sa biodiversité, à réduire le risque d’inondation et à offrir aux habitants un nouvel espace de fraîcheur à proximité immédiate du centre-ville.

