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Plan « Relance logement »

Par Renaud Morelli
Publié le 24 janvier 2026 à 15h02 – Temps de lecture : 4 minutes

Le Gouvernement a dévoilé son plan « Relance logement », une initiative destinée à répondre à la crise du logement et à inverser la baisse des constructions neuves. Annoncé par le Premier ministre Sébastien Lecornu, ce dispositif fixe un objectif majeur : 2 millions de logements construits d’ici 2030, avec un engagement financier et réglementaire inédit depuis une décennie.

La situation actuelle est préoccupante. Les Français consacrent près de 28 % de leurs revenus au logement, tandis que l’offre locative a reculé de 15 % en seulement cinq ans. Les étudiants, apprentis et jeunes actifs sont particulièrement affectés. Sur la période de décembre 2024 à novembre 2025, les mises en chantier de logements ont diminué de 22 % par rapport à la moyenne des cinq années précédentes. Les bailleurs sociaux, eux, font face à 2,9 millions de dossiers en attente, peinant à répondre à la demande croissante.

Pour inverser cette tendance, le plan fixe des objectifs précis. Le Gouvernement vise 400 000 logements construits chaque année, dont 50 000 logements locatifs dans le parc privé dès 2026, et 125 000 logements sociaux la même année. L’initiative s’adresse autant aux ménages cherchant à accéder à la propriété qu’à ceux à la recherche d’un logement abordable dans le parc locatif.

Pour soutenir ces ambitions, des moyens financiers exceptionnels sont mis en œuvre. Le logement social bénéficiera de 500 millions d’euros supplémentaires, destinés à 700 bailleurs sociaux afin d’accélérer la construction et la rénovation. Parallèlement, un dispositif fiscal baptisé « Relance logement » sera ouvert à tous les ménages souhaitant investir dans l’immobilier locatif. Cet avantage fiscal s’appliquera aux logements neufs et aux biens anciens rénovés (travaux représentant au moins 30 % de la valeur du bien, seuil qui sera prochainement abaissé à 20 %). Les loyers seront plafonnés pour garantir l’accessibilité des logements ainsi créés.

Le plan prévoit également de lever les obstacles administratifs et de sécuriser les investisseurs. Sous l’égide du ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun, le Gouvernement entend simplifier le droit de la construction et de l’urbanisme, rapprochant les décisions du terrain et des maires. La conversion de bureaux et autres espaces tertiaires en logements sera facilitée, tout comme la remise sur le marché de biens anciens énergétiquement peu performants et la rénovation des logements sociaux. Les propriétaires bailleurs bénéficieront par ailleurs de protections contre les impayés de loyers.

Parallèlement, l’État affirme son rôle de stratège et d’aménageur. Des outils seront mis à disposition des communes qui en feront la demande pour accélérer les projets dans des zones à forte dynamique économique ou démographique. Dans ces « zones à bâtir d’urgence », des dérogations aux normes faciliteront la construction, s’inspirant de précédents comme la reconstruction de Notre-Dame ou l’aménagement autour des Jeux olympiques.

Enfin, un projet de loi de décentralisation et de réforme de l’État sera présenté au Parlement. Il intégrera un volet dédié au logement, visant à renforcer les capacités d’action des élus locaux face aux besoins de leurs territoires.

L’ensemble de ces mesures converge vers un même objectif : 2 millions de logements supplémentaires d’ici 2030. Pour y parvenir, la coordination entre l’État, les collectivités, les bailleurs sociaux et les acteurs privés est jugée indispensable. Le plan « Relance logement » cherche ainsi à redonner confiance aux investisseurs, à sécuriser les ménages et à diversifier l’offre, couvrant à la fois l’accession à la propriété, le marché locatif et le logement social.