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Cinéma : année record pour les tournages

Par Gilbert Caron
Publié le 9 février 2026 à 16h31 – Temps de lecture : 5 minutes

En 2025, Paris a une nouvelle fois affirmé son statut de place forte du cinéma, confirmant une attractivité qui ne se dément pas auprès des professionnels français comme internationaux. Portée par l’action volontariste de la Ville et par l’accompagnement constant de sa Mission Cinéma, la capitale a enregistré une activité particulièrement soutenue, avec 6 570 jours de tournages cumulés sur l’année. Ce chiffre marque une progression proche de 15 % par rapport à 2024 et illustre un retour à un rythme pleinement opérationnel après une période exceptionnelle.
L’année précédente avait en effet été fortement contrainte par l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques, qui avaient réduit de près de trois mois les possibilités de tournages sur le territoire parisien. Cette situation avait conduit les productions comme les services municipaux à anticiper, à adapter leurs calendriers et à repenser leur organisation. En 2025, le retour à une année complète a permis de libérer ce potentiel, entraînant une hausse significative de l’activité et un foisonnement de projets dans l’ensemble des formats audiovisuels.
Sur l’année écoulée, Paris a ainsi accueilli près de 92 longs métrages, 66 séries et 73 documentaires. Ces productions ont investi les rues, les monuments et les décors emblématiques de la capitale, contribuant à renforcer son image de ville-cinéma à l’échelle mondiale. Les 1 466 jours de tournage consacrés aux seuls longs métrages témoignent de l’ampleur de cette dynamique, qui s’appuie autant sur la diversité des œuvres que sur la notoriété des cinéastes accueillis.
Le cinéma français s’est particulièrement illustré, avec de nombreux réalisateurs et réalisatrices ayant choisi Paris comme décor ou comme cadre narratif. De Valérie Donzelli à Thomas Lilti, d’Agnès Jaoui à Quentin Dupieux, en passant par Jeanne Herry, Pierre Salvadori ou encore Éric Toledano et Olivier Nakache, les tournages ont reflété la vitalité et la pluralité de la création nationale. Des projets portés par des signatures confirmées ont côtoyé des œuvres plus singulières ou audacieuses, confirmant la capacité de Paris à accueillir des esthétiques et des récits très variés.
En 2025, plusieurs productions internationales majeures ont également investi la capitale. Des cinéastes de renom, venus d’Iran, du Japon, du Royaume-Uni ou des États-Unis, ont inscrit Paris dans leurs projets, soulignant son pouvoir d’inspiration et sa dimension universelle. La présence de réalisateurs tels qu’Asghar Farhadi, Ryusuke Hamaguchi ou Robert Zemeckis illustre le rayonnement international de la ville et sa place centrale dans l’imaginaire cinématographique contemporain.
L’année 2025 a également confirmé l’essor continu des séries, qui occupent désormais une place structurante dans l’écosystème audiovisuel. Avec 66 séries tournées pour un total de 1 030 jours, Paris demeure un décor privilégié pour des productions destinées aussi bien aux chaînes françaises qu’aux grandes plateformes internationales. Des séries déjà bien installées, devenues emblématiques, ont poursuivi leur aventure parisienne, tandis que de nouvelles créations sont venues enrichir le paysage, portées par des diffuseurs tels que Netflix, Amazon Prime, Apple TV, Disney+ ou HBO Max. Cette diversité de diffuseurs et de formats témoigne de la capacité de la capitale à répondre aux exigences techniques et artistiques de productions de plus en plus ambitieuses.
L’année 2025 marque également une avancée importante en matière de responsabilité sociale et de conditions de travail. Désormais, avant toute délivrance d’autorisation de tournage à Paris, les productions doivent signer la charte contre les violences et harcèlements sexistes et sexuels. Élaborée en concertation avec les professionnels du secteur et les organismes de tutelle du cinéma et de l’audiovisuel, cette charte rappelle de manière claire les obligations des productions. Elle insiste sur le respect du cadre légal, la nécessité d’informer et de sensibiliser les équipes, la mise en place de dispositifs de signalement efficaces et le traitement rigoureux de chaque situation signalée, ainsi que sur le suivi des actions engagées. Cette démarche traduit la volonté de la Ville de faire de Paris un territoire exemplaire, attentif aux conditions humaines de la création.
Cette politique ambitieuse s’inscrit dans l’action globale de la Mission Cinéma de la Ville de Paris, dont le rôle dépasse largement la seule gestion administrative des tournages. Chaque année, ce service accompagne plus de 5 000 jours de tournage, en facilitant les démarches, en coordonnant les autorisations et en assurant un lien constant entre les productions et l’espace public. Mais son action se déploie aussi sur le terrain du soutien à la création, avec des dispositifs spécifiquement dédiés aux nouveaux talents et aux écritures émergentes.
Le fonds de soutien aux courts métrages, qui fêtera ses vingt ans en 2026, illustre cet engagement de long terme en faveur des jeunes cinéastes. À cela s’ajoute le fonds d’aide à l’écriture et au développement des projets nouveaux médias, lancé il y a dix ans et destiné à encourager des formes innovantes de narration, qu’il s’agisse de créations pour Internet, smartphone, plateformes numériques ou dispositifs immersifs comme la réalité virtuelle. Ces outils témoignent d’une attention particulière portée aux mutations du secteur et à l’émergence de nouveaux modes de création.
La Mission Cinéma agit également en faveur de la diffusion des œuvres, en soutenant financièrement les salles de cinéma indépendantes parisiennes, qui représentent environ un établissement sur deux dans la capitale. Elle accompagne par ailleurs de nombreux festivals, qu’ils se déroulent en salle ou en plein air, contribuant ainsi à la vitalité culturelle et à l’accès du public à une offre cinématographique diversifiée.