Le 5 février dernier, la Communauté d’agglomération du Pays de Fontainebleau (CAPF) a tenu son conseil communautaire pour voter le budget primitif de l’année. Ce budget constitue la pierre angulaire du fonctionnement de l’intercommunalité et assure la continuité des services publics et des projets en cours. Il permettra de maintenir le dynamisme des actions engagées sur le territoire et de préparer la transition vers le nouveau mandat. En juin prochain, après l’installation du nouveau conseil communautaire et l’affectation des résultats 2025, un budget supplémentaire sera adopté afin de financer les projets décidés sous la nouvelle gouvernance, garantissant ainsi une continuité dans la mise en œuvre des politiques locales.
La CAPF, en tant qu’Établissement public de Coopération intercommunale (EPCI), joue un rôle central dans la coordination des services publics, des équipements collectifs et des projets structurants sur l’ensemble du territoire. Créée le 1er janvier 2017 à partir de la fusion des communautés de communes « Pays de Fontainebleau » et « Entre Seine-et-Forêt », et avec l’intégration de 19 communes – Achères-la-Forêt, Arbonne-la-Forêt, Barbizon, Bois-le-Roi, Boissy-aux-Cailles, Cély, Chailly-en-Bière, La Chapelle-la-Reine, Chartrettes, Fleury-en-Bière, Noisy-sur-École, Perthes, Saint-Germain-sur-École, Saint-Martin-en-Bière, Saint-Sauveur-sur-École, Tousson, Ury et Le Vaudoué – elle permet aux collectivités de mutualiser les moyens, d’élaborer des projets d’aménagement et de développement économique, mais aussi de gérer ensemble des services essentiels (eau, déchets, transports ou culture). Cette approche vise à renforcer la cohérence et l’efficacité de l’action publique sur un territoire aux enjeux variés, mêlant espaces ruraux, villages patrimoniaux et zones d’activités économiques.
Un des dossiers majeurs abordés lors de ce conseil concerne la santé et l’accès aux soins, un enjeu crucial pour la Seine-et-Marne, régulièrement en bas du classement francilien en termes de densité médicale. La CAPF a fait de la lutte contre la désertification médicale une priorité de son projet de territoire 2019-2030. Dans ce cadre, le Médibus Sud 77 a été mis en place : ce centre de santé mobile se déplace directement dans les zones rurales pour proposer un suivi médical de proximité aux habitants, avec un focus sur les patients atteints d’Affections longue durée (ALD) et sans médecin traitant. Ces patients représentent près de 17 % de la population locale, soulignant l’importance d’un dispositif capable de répondre rapidement à leurs besoins.
Le Médibus fonctionne grâce à une association dédiée et une équipe salariée composée de médecins généralistes, d’assistantes médicales et d’une assistante administrative. Les communes volontaires doivent fournir un emplacement de stationnement adapté, une zone d’attente et des sanitaires conformes aux normes PMR, afin d’assurer un accueil sécurisé et confortable. Financièrement, le projet a bénéficié du soutien de l’Agence régionale de Santé (ARS) pour l’investissement initial, tandis que le fonctionnement est assuré par les contributions volontaires des EPCI du territoire, au titre de « membres bienfaiteurs », à raison de 0,20 € par habitant. L’année 2026 constitue une période expérimentale pour le dispositif, avec Chartrettes et Héricy ayant déjà donné leur accord pour accueillir le Médibus, et un bilan sera dressé en fin d’année pour évaluer la pertinence et la pérennisation du projet.
Parallèlement, la CAPF soutient fortement la jeunesse et l’engagement citoyen à travers des dispositifs de formation et d’orientation. Le Brevet d’Aptitude aux Fonctions d’Animateur (Bafa) fait partie de ces dispositifs. Ce diplôme national, indispensable pour encadrer enfants et adolescents dans les colonies, centres de loisirs et accueils périscolaires, constitue aussi une première expérience professionnelle valorisante pour de nombreux jeunes. Consciente que le coût peut être un frein, la CAPF propose une aide financière couvrant une session de formation complète (stage général ou approfondissement) pour les jeunes de 11 communes du territoire : Arbonne-la-Forêt, Barbizon, Bois-le-Roi, Cély, Chailly-en-Bière, Chartrettes, Fleury-en-Bière, Perthes, Saint-Germain-sur-École, Saint-Martin-en-Bière et Saint-Sauveur-sur-École.
Cette aide s’accompagne d’une mission citoyenne d’un mois dans un centre de loisirs communautaire, incluant une période bénévole de 35 heures, offrant ainsi une expérience concrète du terrain. Les candidatures sont ouvertes du 15 février au 15 mars 2026, avec des entretiens fin mars et une communication des résultats début avril. Ce dispositif est pensé pour tous les jeunes du territoire souhaitant se former à l’animation et s’engager dans une mission d’intérêt général, sans condition de diplôme préalable, et constitue un véritable tremplin vers des parcours professionnels ou éducatifs futurs.
Au-delà de la santé et de la jeunesse, la CAPF agit également pour garantir le bon fonctionnement général de ses services et la continuité des projets structurants. Le budget primitif 2026 voté lors du conseil du 5 février traduit cette volonté de maintenir et développer les initiatives existantes tout en préparant l’avenir. L’ensemble de ces mesures témoigne de l’engagement de la Communauté d’agglomération du Pays de Fontainebleau à combiner efficacité administrative, solidarité territoriale et innovation sociale.
En somme, qu’il s’agisse d’améliorer l’accès aux soins dans les zones rurales, de favoriser la formation et l’engagement des jeunes ou de planifier des projets d’aménagement et de développement économique, la CAPF agit comme un coordinateur et un catalyseur au service des habitants. Ses actions illustrent la force de l’intercommunalité et la pertinence d’une coopération active entre communes, garantissant que chaque initiative bénéficie à l’ensemble du territoire et à ses populations, dans un cadre équilibré et durable.
Pays de Fontainebleau : budget, santé et jeunesse
Par Marc Blanc
Publié le 11 février 2026 à 13h34 – Temps de lecture : 5 minutes
Sur le fil
