Au cœur du Pays de Fayence, la Siagnole constitue depuis des siècles l’artère vitale de l’alimentation en eau potable. C’est autour de cette ressource historique, à la fois naturelle et patrimoniale, que la Communauté de communes du Pays de Fayence (CCPF) engage aujourd’hui une opération d’ampleur. Objectif : sécuriser durablement l’approvisionnement, moderniser les installations existantes et adapter l’ensemble du système aux contraintes contemporaines, sans altérer l’équilibre d’un site classé et particulièrement sensible.
Ce projet marque une nouvelle étape dans la stratégie territoriale engagée depuis plusieurs années. La Siagnole alimente les neuf communes du territoire. Son rôle central impose désormais une mise à niveau des infrastructures, tant pour répondre aux exigences environnementales que pour anticiper les besoins futurs. La collectivité entend ainsi renforcer les capacités de stockage et de potabilisation, tout en assurant la compatibilité entre ouvrages anciens et équipements modernes.
La démarche prendra la forme d’un marché global de conception-réalisation. La procédure de mise en concurrence doit débuter à partir de février 2026. Ce choix traduit la volonté de regrouper, au sein d’un même contrat, les études et l’exécution des travaux afin de garantir cohérence technique et maîtrise des délais. Le marché couvrira les études de conception dans les domaines du génie civil, de l’hydraulique, du traitement de l’eau, ainsi que les volets patrimonial et environnemental. Il comprendra également la construction d’ouvrages neufs et la réhabilitation d’infrastructures existantes.
L’exigence environnementale constituera un axe structurant du cahier des charges. Le projet devra préserver les galeries souterraines, les adductions et les structures historiques encore en service, tout en maintenant la continuité du service public de l’eau potable pendant toute la durée du chantier. L’innovation est annoncée comme un levier central, tant pour optimiser les performances techniques que pour limiter l’empreinte des interventions sur un site sensible.
La complexité du contexte tient à la superposition de plusieurs dimensions. D’un point de vue patrimonial, la ressource de la Siagnole repose en partie sur un héritage hydraulique exceptionnel remontant à l’époque romaine. Des galeries creusées dans la roche, des aqueducs anciens et des ouvrages pluriséculaires continuent d’assurer une fonction opérationnelle. La modernisation ne pourra s’envisager qu’en garantissant la protection et la valorisation de ces structures. Leur intégration aux installations contemporaines devra se faire sans altérer leur intégrité ni leur lecture historique.
Le canal romain, toujours présent dans ce paysage, témoigne d’une ingénierie antique remarquable. Dans cet environnement singulier, chaque intervention devra concilier impératifs techniques et respect d’un cadre naturel d’une grande valeur écologique. Le site est en effet classé Natura 2000, ce qui impose un encadrement strict des impacts. Les entreprises retenues devront intégrer un phasage écologique précis, adapter la logistique à un terrain escarpé et difficile d’accès, et mettre en œuvre des méthodes spécifiques afin de préserver les milieux naturels.
La contrainte environnementale ne constitue pas un élément périphérique mais une donnée structurante du projet. L’isolement du site, la topographie et la sensibilité des écosystèmes conditionneront l’organisation des travaux. Chaque étape devra être pensée pour limiter les perturbations, qu’il s’agisse des circulations, des terrassements ou de l’implantation des équipements.
Cette opération s’inscrit dans la continuité du Plan Marshall de l’Eau engagé par la CCPF depuis 2020. À travers ce programme, la collectivité a déjà investi dans le renouvellement des réseaux, l’amélioration des rendements, la modernisation des capacités de stockage et la sécurisation des interconnexions. La sécurisation et la potabilisation de la ressource issue de la Siagnole en constituent l’un des piliers majeurs. L’enjeu dépasse la seule modernisation technique : il s’agit de renforcer la résilience du territoire face aux épisodes de sécheresse et aux effets du changement climatique.
Les orientations techniques seront détaillées dans le Dossier de Consultation des Entreprises, accessible via la plateforme marches-securises.fr. À ce stade, plusieurs axes sont identifiés : la sécurisation des captages existants, la réhabilitation d’ouvrages historiques, la création ou la modernisation d’unités de potabilisation, ainsi que l’amélioration des galeries, conduites et dispositifs de protection. L’intervention devra rester adaptée à un site naturel, isolé et patrimonial, tout en intégrant des technologies innovantes.
Le calendrier prévisionnel fixe le lancement de la procédure de mise en concurrence à partir de février 2026. Le commencement du marché est envisagé au début de l’année 2027, pour une fin des travaux programmée à l’horizon 2030. Cette temporalité longue traduit l’ampleur des études et des aménagements à réaliser, ainsi que la nécessité d’un phasage compatible avec les contraintes environnementales et la continuité du service.
Pour les habitants des neuf communes concernées, l’investissement vise d’abord la garantie d’une eau potable de qualité sur le long terme. Il doit également permettre de réduire la vulnérabilité du territoire face aux tensions hydriques croissantes. En consolidant les infrastructures de production et d’acheminement, la CCPF entend inscrire la gestion de l’eau dans une perspective durable, à l’échelle des décennies à venir.

