Jusqu’au 20 février, l’Espace culturel Decauville de Voisins-le-Bretonneux accueille une exposition consacrée à l’univers de Claude Monet, pensée comme une traversée sensible de son œuvre et de son intimité artistique. Intitulée « Monet : peindre la lumière », cette proposition culturelle s’inscrit dans un dialogue fécond entre littérature et arts plastiques.
Présentée du mardi au samedi, de 14h à 18h, l’exposition rassemble peintures et encres réalisées sur des ouvrages anciens datant de l’époque de Claude Monet. Elle fait écho à la parution du livre « Monet, peindre la lumière », publié en 2024 aux Éditions Liralest. Le texte est signé Jean-Paul Delfino, tandis que les peintures et encres portent la signature d’Éric Roux-Fontaine. L’ensemble compose un voyage intérieur, à la fois onirique et décalé, qui invite à redécouvrir le maître impressionniste sous un angle inattendu.
Le projet ambitionne d’approcher l’homme derrière la figure consacrée, de sonder ses doutes, ses obsessions, et de parcourir ce paysage intime qui nourrissait sa peinture de plein air. Le visiteur est convié à suivre la naissance du jardin d’eau de Giverny, à partager les étapes d’une aventure esthétique marquée par des rencontres déterminantes, notamment celles d’Eugène Boudin, de Pierre-Auguste Renoir ou encore d’Alfred Sisley. On entre dans l’atelier, on se tient au plus près du geste, on tente de comprendre ce qui se dissimule derrière ce flot continu de toiles consacrées à la lumière et à ses métamorphoses.
Le dialogue entre l’écrivain et le peintre structure l’ensemble. Leur ambition commune est de raconter une histoire : celle d’un créateur confronté à ses propres vertiges, mais aussi celle d’une œuvre qui, loin d’être figée dans l’iconographie scolaire, demeure traversée de tensions et de questionnements. L’exposition prolonge cette réflexion en donnant à voir les encres d’Éric Roux-Fontaine, réalisées sur des supports anciens, comme si le temps lui-même devenait matière.
Au cœur du parcours, un film complète l’expérience. « Dépaysage », réalisé par Marie-Christine Duchalet et Pierre Gadrey pour Z’images Productions by PG en 2025, lève le voile sur le processus créatif d’Éric Roux-Fontaine. Le documentaire éclaire la genèse des œuvres exposées, révélant les étapes, les hésitations et les choix qui président à leur élaboration. Cette immersion dans l’atelier constitue un prolongement naturel du projet initial : comprendre comment, aujourd’hui, un artiste peut dialoguer avec l’ombre tutélaire de Monet.
L’initiative est portée par les Écritures contemporaines de SQY, en partenariat avec le service culturel de Voisins-le-Bretonneux. Elle s’adresse à un public à partir de 10 ans et fonctionne exclusivement sur réservation via la plateforme kiosq.sqy.fr. L’accès maîtrisé participe d’une volonté de privilégier la qualité de la rencontre et le temps accordé aux œuvres.
Le lancement officiel de l’exposition a pris la forme d’un vernissage accompagné d’une table ronde, le 24 janvier. Animée par le journaliste Benoit Jeantet, cette rencontre a permis de revenir sur le parcours croisé d’Éric Roux-Fontaine et de Jean-Paul Delfino, ainsi que sur la complicité qui les a conduits à marcher dans les pas de Monet.
Éric Roux-Fontaine revendique une posture de « peintre voyageur », soucieux de confronter sa peinture au monde. Depuis 1998, il expose régulièrement en France et à l’international, notamment à New York, Boston, Miami, Londres et en Belgique. Cette mobilité nourrit une œuvre attentive aux paysages, aux atmosphères et aux strates du réel. Face à lui, Jean-Paul Delfino a apporté une expérience littéraire dense : écrivain, scénariste et dialoguiste, il a publié plus de soixante-dix ouvrages depuis « Brasil Bossa Nova » en 1985 jusqu’à « L’homme qui rêvait d’aimer » en 2025, plusieurs de ses titres ayant été traduits à l’étranger.
L’exploration du lien entre écriture et peinture se poursuivra le samedi 7 février, de 15h à 16 h 30, lors d’une rencontre littéraire intitulée « Écrire la peinture ». Toujours animée par Benoit Jeantet, elle réunira Cécile Oumhani et Hubert Haddad. Destinée à un public à partir de 12 ans et accessible sur réservation via kiosq.sqy.fr, cette discussion interrogera la manière dont les mots peuvent saisir la matière picturale.
Cécile Oumhani, poète et romancière, a publié une quinzaine d’ouvrages couvrant poésie, romans, nouvelles et essais. Lauréate du Prix européen francophone Virgile 2014 pour l’ensemble de son œuvre, elle a notamment suivi les traces de J.M.W. Turner dans « La ronde des nuages » et rendu hommage aux couleurs de la palette de sa mère, Madeleine Vigné-Philip, dans « Ma mère et la peinture. 1 Meine Mutter und die Malerei », publié chez Bubûl Verlag à Berlin. Son roman « Les tigres ne mangent pas les étoiles », paru en 2024 chez Elyzad, explore les questions d’origine et de transmission.
Hubert Haddad, distingué par le Grand Prix SGDL de littérature pour l’ensemble de son œuvre, est à la fois poète, romancier, dramaturge, peintre et critique d’art. Il a signé « Le Jardin des peintres » chez Hazan, une histoire de l’art à travers le thème du jardin, ainsi que « L’art et son miroir », invitation à parcourir son musée intérieur. Son roman « La Symphonie atlantique », publié en 2024 aux éditions Zulma, a été salué par le Prix Montluc Résistance et Liberté 2025 pour son hommage à l’art envisagé comme instrument de résistance dans les périodes les plus sombres de l’Histoire.

