La 25e édition du Prix La Science se livre, initiative phare du Département des Hauts-de-Seine, a couronné un ouvrage jeunesse captivant dédié aux mystères des écosystèmes. Intitulé La Nature en équilibre, ce livre écrit par Sharon Wismer, mis en images par Terri Po et adapté en français par Sophie Lecoq chez Gallimard Jeunesse, a été élu lauréat du Prix Jeunesse 2026. Le choix émane de classes de collégiens issus des collèges Descartes à Antony, Saint-Philippe à Meudon et Michelet à Vanves. La cérémonie s’est déroulée le 10 février au Parc nautique départemental de l’Île de Monsieur à Sèvres, sous l’égide de Nathalie Léandri, vice-présidente en charge de l’éducation et du numérique éducatif.
Depuis la rentrée scolaire 2025, ces élèves ont embarqué dans un parcours ambitieux baptisé « itinéraire de l’apprenti juré », intégré au dispositif Chemins des arts. Accompagnés de leurs professeurs, de bibliothécaires départementaux et de parrains scientifiques comme Denis Guthleben, Eitan Pechevis et Laure Sabatier, ils ont exploré la fabrication d’un livre de A à Z. Lectures approfondies, débats animés et sensibilisation à la culture scientifique ont forgé leur verdict, préférant cet ouvrage aux deux autres finalistes : Au cœur de ton cerveau de Sophie Blitman et l’univers de Pi d’Anita Lehmann et Jean-Baptiste Aubin.
À travers ses pages illustrées, La Nature en équilibre invite à une plongée fascinante dans la toile invisible des interactions écologiques. L’auteure dissèque les biomes variés – forêts denses, déserts arides, prairies ondulantes ou récifs coralliens vibrants – pour révéler comment chaque habitant, végétal ou animal, tisse un rôle irremplaçable. Les espèces « clés de voûte » volent la vedette : la loutre de mer régule les populations d’oursins pour protéger les forêts de kelp ; le saguaro nourrit une myriade d’animaux dans le désert ; le poisson-perroquet broute les algues envahissantes sur les coraux ; le castor façonne des habitats aquatiques ; le colibri chilien féconde les plantes en altitude. Prédateurs suprêmes, décomposeurs discrets, architectes naturels ou proies essentielles, tous maintiennent la chaîne alimentaire et l’harmonie globale. Le livre alerte sur les périls de l’extinction et détaille les stratégies de préservation, transformant des concepts complexes en récits accessibles qui éveillent l’émerveillement et l’urgence environnementale chez les jeunes lecteurs.
Cette distinction s’inscrit dans la mission profonde du Prix La Science se livre : rendre la vulgarisation scientifique attractive, stimuler la curiosité collective et, surtout, encourager les vocations, particulièrement chez les filles. Créé pour démocratiser les savoirs, favoriser la compréhension du réel et booster l’économie du livre, l’événement décerne deux trophées annuels – Jeunesse et Public. La journée du 10 février au parc sévrois en fut le climax : matinée festive pour la remise du prix, ponctuée d’ateliers ludiques.
L’après-midi a pivoté vers l’action avec la rencontre « Les sciences, pourquoi pas moi ? ». Cent dix élèves ont côtoyé huit chercheuses exceptionnelles, dans une démarche inclusive labellisée par la Journée internationale des femmes et des filles de science de l’Onu. Partenariat avec le Secrétariat général à l’Égalité femmes-hommes, ainsi que les associations Elles bougent et Femmes et Sciences, cet échange a brisé les stéréotypes et ouvert des horizons professionnels concrets.
Le grand public n’est pas en reste. Jusqu’au 1er mars, les habitants des Hauts-de-Seine peuvent s’inscrire pour devenir l’un des 200 jurés du Prix du Public via hauts-de-seine.fr/lascienceselivre. Ils emprunteront ou achèteront trois concurrents – Dans les pantoufles de Darwin de Camille Van Belle et Adrien Miqueu (Alisio), Pourquoi les bananes n’ont-elles pas de pépins ? de Benjamin Nowak (Dunod), Tout comprendre sur l’intelligence artificielle d’Olivier Cappé et Claire Marc (CNRS) – avant de voter en ligne du 2 au 15 mai. Le lauréat sera dévoilé mi-mai, prolongeant le suspense scientifique.
La Science se livre : la Nature en équilibre lauréate
Par Assia Bedja
Publié le 16 février 2026 à 18h29 – Temps de lecture : 4 minutes
