Un an après la signature du Plan francilien de lutte contre les mutilations sexuelles féminines, la mobilisation institutionnelle ne faiblit pas. Le 6 février, date symbolique marquant à la fois l’anniversaire de ce plan et la Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations sexuelles féminines, les acteurs engagés se sont retrouvés pour mesurer le chemin parcouru et préparer la suite. La séquence, organisée en Île-de-France, a illustré la volonté de l’État d’inscrire cette lutte dans la durée, au croisement de la prévention, de la protection et de l’accompagnement des victimes.
À l’initiative de la Direction régionale aux droits des femmes et à l’égalité d’Île-de-France, en lien étroit avec l’Agence régionale de santé d’Île-de-France, un séminaire régional de sensibilisation a d’abord réuni des professionnels de santé et du secteur médico-social. L’objectif était clair : renforcer les capacités de repérage, affiner les pratiques de prise en charge et consolider la prévention face à des violences encore trop souvent invisibilisées. La diffusion d’un webinaire conçu par l’Unité Réparons l’excision de l’Hôpital André-Grégoire a constitué l’ossature de cette matinée de travail. Pensé comme un outil opérationnel, ce support vise à doter les professionnels de repères concrets pour mieux identifier les situations à risque et orienter les femmes concernées vers des dispositifs adaptés.
Mais au-delà des outils et des protocoles, la parole humaine a occupé une place centrale. Le témoignage de Coumba Baradji, révélée au grand public par l’émission Koh-Lanta, a rappelé que derrière les statistiques se trouvent des trajectoires individuelles marquées par la douleur et la reconstruction. En partageant son expérience, elle a mis en lumière la nécessité d’une mobilisation collective, capable de briser le silence et d’accompagner les femmes dans toutes les dimensions de leur parcours.
Dans un second temps, le comité de suivi réunissant les onze signataires du Plan francilien a permis d’établir un premier bilan. Les avancées recensées traduisent une dynamique partenariale affirmée. Des actions de formation ont été déployées dans les champs de la santé, de l’éducation et de la justice, traduisant la transversalité de l’enjeu. Les outils de communication ont été finalisés afin de mieux informer, prévenir et orienter. L’année 2025 apparaît ainsi comme celle de la structuration et de l’appropriation du dispositif par les acteurs de terrain.
Pour 2026, l’ambition est d’amplifier le mouvement. Le changement d’échelle annoncé passe par un renforcement des formations, un élargissement de la communication vers le grand public et un ancrage territorial accru. Il s’agit non seulement de consolider les acquis, mais aussi d’élargir le cercle des partenaires mobilisés, afin que la prévention et la protection ne reposent pas uniquement sur quelques structures spécialisées, mais irriguent l’ensemble des politiques publiques concernées.
Hélène Croze, adjointe à la préfète et secrétaire générale aux politiques publiques de la préfecture de la région Île-de-France, a réaffirmé à cette occasion la détermination de l’État. La lutte contre les mutilations sexuelles féminines constitue, a-t-elle rappelé, une priorité nationale. À travers le Plan francilien, l’action publique entend prévenir ces violences, protéger les personnes exposées et accompagner les femmes dans leur reconstruction, dans le respect de leurs droits fondamentaux et de leur intégrité.
Au-delà de l’événement, cette séquence illustre une approche coordonnée, où services de l’État, acteurs sanitaires, institutions éducatives et partenaires associatifs travaillent de concert. La question des mutilations sexuelles féminines ne relève pas d’un seul champ d’intervention : elle touche à la santé, aux droits des femmes, à l’égalité, à la protection de l’enfance et à la justice. En structurant une réponse collective, l’Île-de-France entend démontrer que la lutte contre ces pratiques ne peut être efficace qu’à condition d’articuler prévention, vigilance et accompagnement sur le long terme.
Crédit photo : Préfecture d’Île-de-France, de Paris

