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Sécurité alimentaire : les services de l’État sanctionnent trois établissements varois

Par Christof Lorenzo
Publié le 18 février 2026 à 18h40 – Temps de lecture : 5 minutes

Trois établissements varois ont été contraints de baisser le rideau en l’espace de quelques jours, sur décision des services de l’État. En cause, des infractions jugées suffisamment graves pour justifier une fermeture administrative immédiate, dans l’attente d’une remise en conformité validée par les agents de la Direction départementale de la protection des populations du Var.

À La Garde, l’enseigne « Maison Sarroche », exploitée par la SAS Éclair au café, n’a pas résisté au contrôle mené le 9 février 2026. Implantée au 1091 avenue Maréchal de Lattre de Tassigny, cette boulangerie-pâtisserie a fait l’objet d’un arrêté de fermeture après la mise en évidence de défaillances majeures en matière d’hygiène, tant dans l’état des locaux que dans l’organisation du travail. Les inspecteurs ont relevé des dégradations structurelles importantes : des trous dans le plafond et dans certaines parties des installations compromettaient le nettoyage et la désinfection des surfaces. Les revêtements, abîmés et délabrés, ne garantissaient plus l’étanchéité nécessaire pour prévenir toute intrusion de nuisibles. La présence de blattes a d’ailleurs été constatée.

L’examen des équipements a confirmé ces manquements. Des résidus de saleté subsistaient sur des matériels et surfaces directement en contact avec les denrées alimentaires. L’absence de lave-main hygiénique en zone de production a également été signalée, contrevenant aux exigences élémentaires en matière de sécurité sanitaire. Sur le plan des procédés, le refroidissement rapide des produits qui l’exigent n’était pas assuré, exposant certaines préparations à des risques microbiologiques. Des denrées ont été considérées comme impropres à la consommation. Au regard de l’ensemble de ces éléments, la fermeture de « Maison Sarroche » a été prononcée jusqu’à vérification, par les services compétents, de la mise en conformité complète de l’établissement.

Quelques jours plus tard, le 13 février 2026, c’est à Bandol que les services de contrôle ont sévi. Le restaurant « l’Amiral », situé allée Jean Moulin, a à son tour fait l’objet d’une mesure identique après une inspection menée par les agents de la DDPP. Là encore, les constats dressés témoignent de manquements multiples et graves. Les inspecteurs ont observé une saleté persistante sur plusieurs équipements essentiels, notamment le piano de cuisson et les hottes. Des réfrigérateurs et des fours à micro-ondes présentaient eux aussi des souillures alors même qu’ils sont utilisés pour des denrées alimentaires.

Au-delà de l’entretien des matériels, la gestion des stocks s’est révélée défaillante. Des matières premières sensibles affichaient des dates limites de consommation dépassées. Des denrées moisies, y compris des plats cuisinés, étaient présentes dans les locaux. La chaîne du froid n’était pas respectée sur certaines installations frigorifiques, exposant les produits à des variations de température incompatibles avec les règles sanitaires. L’absence de conservation des éléments de traçabilité a également été relevée, de même que le non-respect des durées de vie des préparations élaborées à l’avance. À ces défaillances s’ajoute la présence de cafards dans l’établissement, ainsi que l’état dégradé des locaux. Murs, sols, plafonds et coffrages de hotte ne permettaient ni un nettoyage efficace ni une désinfection conforme aux exigences réglementaires. La fermeture administrative du restaurant a été décidée pour les mêmes motifs de protection de la santé publique, dans l’attente d’un contrôle attestant de la régularisation de la situation.

Enfin, à Toulon, sur le marché du cours Lafayette, un stand de traiteur a été concerné par une mesure similaire. À la suite d’une plainte pour toxi-infection alimentaire visant le traiteur « Casa Paëlla », les inspecteurs de la DDPP du Var ont procédé à un contrôle le 17 février 2026. Les vérifications ont mis au jour plusieurs infractions à la réglementation en vigueur. L’absence de dispositif de lavage hygiénique des mains a été constatée, compromettant les conditions de manipulation des aliments. Les agents ont également relevé la réutilisation de contenants usagés, pratique incompatible avec les exigences de sécurité sanitaire.

La gestion des températures s’est révélée particulièrement problématique. Aucun dispositif ne permettait d’assurer le maintien en température des plats chauds proposés à la vente, en particulier la paella. Par ailleurs, certains ingrédients étaient conservés à des températures non conformes aux normes applicables. Les inspecteurs ont enfin souligné une méconnaissance générale des bonnes pratiques d’hygiène. Compte tenu de ces éléments, la fermeture administrative du stand a été ordonnée, là encore jusqu’à constat officiel de la mise en conformité par les services départementaux.

Dans ces trois dossiers, l’objectif affiché par l’autorité préfectorale demeure identique : prévenir tout risque pour les consommateurs et garantir le respect strict des règles encadrant la sécurité sanitaire des aliments. Les établissements concernés ne pourront reprendre leur activité qu’après avoir remédié à l’ensemble des non-conformités relevées et obtenu l’aval des agents chargés des contrôles.