Un colloque organisé conjointement par la préfecture de la région d’Île-de-France, la préfecture de Police de Paris et la Mildeca (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives) a réuni professionnels et acteurs institutionnels autour d’un thème central : la consommation d’alcool chez les jeunes et les stratégies de prévention. L’événement, ouvert par Charles Barbier, directeur adjoint de cabinet du préfet de Police, et Marc Zarrouati, sous-préfet et directeur de cabinet adjoint du préfet de région, a rassemblé des intervenants du secteur éducatif, de la santé et du social pour échanger sur les enjeux immédiats et à long terme de l’alcoolisation des 15-25 ans.
Les discussions ont mis en lumière les risques multiples liés à la consommation d’alcool à l’adolescence et au début de l’âge adulte. Sur le plan médical, la consommation excessive expose à des dangers immédiats, mais elle comporte également des conséquences durables. Le développement cérébral se poursuivant jusqu’à environ 25 ans, l’ingestion régulière d’alcool peut perturber les capacités cognitives, nuire à la réussite scolaire et compliquer l’insertion sociale, tout en augmentant le risque de dépendance. Ces observations soulignent l’importance d’une prévention précoce et adaptée aux jeunes, non seulement pour protéger leur santé individuelle, mais aussi pour limiter les impacts sur la santé publique et les comportements à risque.
Plusieurs professionnels ont partagé leurs expériences et les méthodes efficaces de prévention. L’accent a été mis sur le développement des compétences psychosociales, la diffusion d’une information adaptée aux jeunes publics et la dénormalisation des comportements à risque dans leurs environnements quotidiens. Ces approches visent à renforcer l’autonomie des jeunes et à les sensibiliser à des choix responsables sans recourir à la stigmatisation. L’intervention de Baptiste Mulliez, patient expert et auteur, a illustré cette philosophie : confronté à l’addiction, il a choisi de prendre en main son rétablissement, rappelant que la responsabilité individuelle peut s’exercer dans un cadre bienveillant et soutenant.
Les résultats présentés au cours du colloque apportent un motif d’optimisme. Nicolas Prisse, président de la Mildeca, a souligné qu’en Île-de-France, plus d’un tiers des jeunes de 17 ans déclarent n’avoir jamais consommé d’alcool. Cette évolution positive témoigne de l’efficacité des politiques de prévention mises en œuvre par les institutions et relayées sur le terrain par les professionnels éducatifs et sociaux. Ces chiffres montrent qu’une approche combinant information, accompagnement et sensibilisation peut produire des effets tangibles sur les comportements des jeunes.
Pour maintenir et renforcer cette dynamique, les intervenants ont insisté sur la nécessité d’élargir les actions de prévention au-delà du lycée. L’enseignement supérieur et l’ensemble des milieux de vie des jeunes constituent des espaces essentiels pour consolider des comportements favorables à la santé et soutenir ceux qui choisissent de ne pas consommer d’alcool. L’enjeu consiste à instaurer des normes sociales qui valorisent la sobriété et à offrir des ressources accessibles pour les jeunes confrontés à des pressions ou à des situations à risque.
Le colloque a ainsi réaffirmé que la prévention de l’alcoolisation chez les jeunes ne peut être le fruit d’initiatives isolées. Une mobilisation coordonnée et continue entre institutions, professionnels de terrain et partenaires éducatifs est indispensable pour réduire durablement les conduites addictives et promouvoir des modes de vie sains. La rencontre a également mis en avant l’importance de combiner interventions préventives, information scientifique et accompagnement personnalisé pour maximiser l’impact des mesures sur les comportements des 15-25 ans.
Enfin, ce rendez-vous a rappelé que la prévention passe autant par la responsabilisation et l’autonomie des jeunes que par la mise en place de politiques publiques cohérentes et soutenues. La combinaison de ces deux leviers constitue le fondement d’une action efficace, capable d’accompagner durablement les jeunes vers des choix éclairés et de réduire les risques liés à la consommation d’alcool dans cette tranche d’âge.

