La Banque de France et la CCI Paris Île-de-France ont réuni à Paris les principaux acteurs économiques de la région pour leur conférence annuelle sur la conjoncture francilienne. Cet événement, qui se tient chaque année, offre un éclairage complet sur la situation des entreprises en Île-de-France et sur leurs perspectives pour l’année suivante, tout en donnant la parole à des dirigeants autour de tables rondes thématiques. Pour cette édition, un accent particulier a été mis sur le rôle stratégique des salons et congrès, considérés comme des leviers de dynamisme pour les entreprises et de rayonnement international pour la région.
L’enquête annuelle menée par la Banque de France entre le 17 novembre 2025 et le 16 janvier 2026 auprès de près de 4 000 chefs d’entreprise franciliens s’inscrit dans un contexte d’incertitudes persistantes. Si l’économie régionale s’est globalement montrée résiliente et relativement stable en 2025, plusieurs facteurs ont limité la croissance. La demande intérieure est restée faible malgré le reflux de l’inflation, l’environnement géopolitique et commercial reste complexe, et certaines branches, comme la construction, ont continué à souffrir des difficultés structurelles du marché du logement neuf.
Malgré ces contraintes, certains secteurs ont tiré leur épingle du jeu. L’industrie, en particulier la branche aéronautique-spatial-défense, a bénéficié du dynamisme des exportations, offrant un soutien tangible à l’activité industrielle régionale. L’ingénierie technique a également tiré parti des commandes provenant de ce même secteur. À l’inverse, l’agroalimentaire a été confronté aux tensions commerciales internationales, limitant sa croissance et sa compétitivité. Les services marchands ont globalement stagné, avec des résultats contrastés selon les segments. L’hébergement-restauration a été pénalisé par une baisse de fréquentation et la hausse des prix, tandis que le secteur de l’information et de la communication a été affecté par l’attentisme de la clientèle. Certaines branches ont toutefois montré une plus grande résistance, notamment les activités juridiques et comptables, moins sensibles aux cycles économiques, et des niches spécialisées comme l’ingénierie technique. La construction reste le secteur le plus fragile, en particulier le gros œuvre, toujours impacté par la crise du logement neuf malgré la baisse des taux d’intérêt.
Pour 2026, les perspectives indiquent une reprise modérée et différenciée selon les secteurs. L’industrie devrait bénéficier d’un léger redressement, soutenue par les secteurs aéronautique et pharmaceutique, tandis que l’agroalimentaire pourrait rester pénalisé par le commerce extérieur. Dans les services, un rebond est attendu pour l’hébergement-restauration et pour les activités juridiques et comptables, alors que le secteur de la construction pourrait amorcer un retournement positif, porté par le gros œuvre. Les intentions d’investissement industriel semblent prudentes en raison de l’incertitude économique, mais les entreprises anticipent globalement une amélioration de leur rentabilité dans l’ensemble des secteurs.
La conférence a également été l’occasion d’aborder la question des salons et congrès professionnels, véritables moteurs de l’économie francilienne. Une table ronde a réuni plusieurs acteurs majeurs : Bernard Michel, élu de la CCI Paris Île-de-France et président de Viparis, Fabrice Laborde, coprésident du groupe ByGalis et vice-président de l’Unimev, Frédéric Maus, directeur général du salon Who’s Next, et Nadège Cassé, dirigeante de MB&A. Ces échanges ont permis de partager les bonnes pratiques, de discuter des enjeux spécifiques rencontrés par les entreprises dans le domaine événementiel et de rappeler l’importance stratégique des salons pour l’exportation, l’innovation et le partage d’idées.
Paris Île-de-France dispose d’infrastructures exceptionnelles pour l’événementiel d’affaires, avec 700 000 m2 de surface d’exposition répartie sur 24 sites. La région offre ainsi la première capacité européenne en matière de salons et congrès, accueillant chaque année plus de 350 salons et entre 600 et 1 000 congrès. L’impact économique de cette activité est considérable : les salons et congrès génèrent plus de 5,5 milliards d’euros de retombées annuelles, contribuant directement à la vitalité des entreprises locales et à l’attractivité internationale de la région. Le baromètre trimestriel de la CCI Paris Île-de-France montre que le secteur a retrouvé 94 % de son activité d’avant-crise Covid (2019) et 99 % pour les salons professionnels, soulignant la reprise rapide et durable de cette filière d’excellence.
L’enquête menée auprès de plus de 700 entreprises franciliennes confirme l’importance stratégique des salons. Plus de 60 % des entreprises y participent, en tant qu’exposants ou visiteurs, considérant ces événements comme des outils essentiels pour développer leurs activités à l’international, stimuler l’innovation et partager des idées avec d’autres acteurs économiques. Les salons apparaissent ainsi comme des instruments clés pour la compétitivité régionale et la visibilité des entreprises franciliennes, en offrant à la fois un espace de rencontres, de prospection et de diffusion des savoir-faire.
CCI Paris Île-de-France : État des lieux des entreprises
Par Renaud Morelli
Publié le 27 février 2026 à 16h39 – Temps de lecture : 5 minutes
