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Budget : le Département trace sa feuille de route

Par Assia Bedja
Publié le 24 février 2026 à 17h50 – Temps de lecture : 6 minutes

Réunis en séance publique sous la présidence de Georges Siffredi, les conseillers départementaux des Hauts-de-Seine ont longuement examiné les perspectives financières de la collectivité pour l’année à venir. Au cœur des discussions, un constat partagé : la tension croissante entre des recettes contraintes et des dépenses sociales en progression continue fragilise l’équilibre budgétaire du Département, dans un contexte national marqué par la volonté de redressement des comptes publics.
La loi de finances pour 2026, définitivement adoptée le 2 février après engagement de la responsabilité du gouvernement, impose en effet une nouvelle contribution aux collectivités territoriales. Les départements, et singulièrement celui des Hauts-de-Seine, sont sollicités pour participer à l’effort national de réduction du déficit. Cette orientation s’inscrit dans la continuité des exercices précédents : diminution persistante de la dotation globale de fonctionnement, compensations partielles de charges assumées pour le compte de l’État, et mécanismes de solidarité financière dont l’impact pèse lourdement sur les finances locales.
Parmi ces dispositifs, le mécanisme de lissage conjoncturel (DiLiCo) a été reconduit pour 2026. Concentré sur vingt-cinq départements, il place les Hauts-de-Seine au premier rang des contributeurs, devant Paris, pour un montant de 22 millions d’euros. Cette somme s’ajoute à l’ensemble des contributions versées au titre de la péréquation, qui atteignent près de 400 millions d’euros cette année. Autrement dit, une part substantielle des ressources départementales est redistribuée vers d’autres collectivités, conformément aux mécanismes de solidarité prévus par la loi.
Dans le même temps, la ressource issue de la taxe sur la valeur ajoutée, attribuée au Département pour compenser la suppression de la part départementale de la taxe foncière, ne joue plus le rôle dynamique qui lui était promis. Son produit a été écrêté et affiche un recul de 1 % sur un an. Ce ralentissement contribue à l’atonie des recettes de fonctionnement. Certes, celles-ci devraient progresser légèrement par rapport à 2025, notamment grâce à la timide reprise des droits de mutation. Cette embellie demeure toutefois largement liée au relèvement de 0,5 point du taux décidé l’an dernier, et ne modifie pas la structure profondément fragile des recettes départementales.
Face à cette évolution limitée des ressources, les dépenses sociales poursuivent leur trajectoire ascendante. Indépendamment de toute décision nouvelle de l’Assemblée, elles augmenteraient de plus de 30 millions d’euros entre 2025 et 2026. Ce décalage entre des recettes contraintes et des charges en forte croissance a été qualifié « d’intenable » par Georges Siffredi, qui a rappelé que le Département assume des politiques structurantes en matière de solidarités, d’amélioration du cadre de vie et de transition écologique. L’équation budgétaire devient d’autant plus complexe que ces politiques constituent le socle même de l’action départementale.
Malgré ce contexte, la collectivité entend poursuivre les investissements engagés. Pour 2026, le budget d’investissement s’élèvera à 592 millions d’euros. Son financement nécessitera le recours à l’emprunt, estimé à environ 300 millions d’euros. Cette orientation confirme la volonté de maintenir un niveau d’équipement élevé, tout en assumant un effort d’endettement maîtrisé.
Les crédits seront notamment affectés à la construction de six nouveaux collèges. Trois d’entre eux doivent être livrés cette année à Châtenay-Malabry, à Malakoff et au Plessis-Robinson. Le secteur éducatif demeure ainsi une priorité affirmée. D’autres projets structurants sont également programmés : la création du complexe aquatique de la Grenouillère à Antony et celle du musée du Grand Siècle à Saint-Cloud figurent parmi les opérations emblématiques.
L’action en faveur des mobilités se poursuivra, avec la mise en œuvre du Plan Vélo et des opérations majeures telles que la transformation de l’échangeur de la manufacture de Sèvres dans le cadre du projet d’aménagement « Cœur&Seine ». Parallèlement, le Département maintiendra son soutien aux communes altoséquanaises à travers les contrats de développement et le programme de renouvellement urbain « Quartiers d’avenir », confirmant son rôle d’acteur central de l’aménagement territorial.
Au-delà des questions budgétaires, l’Assemblée a adopté le rapport sur le développement durable pour 2025, qui dresse un état d’avancement de l’Agenda 2030 des Hauts-de-Seine. Adoptée à l’unanimité en février 2024, cette feuille de route affiche un taux de réalisation de 36 % à la fin de l’année 2025, conforme à la trajectoire fixée. L’ensemble des politiques publiques départementales est engagé dans cette dynamique transversale.
Plusieurs actions ont été mises en avant. En matière de solidarités, la Caravane solidaire poursuit ses déplacements, quatre nouveaux centres de protection maternelle et infantile ont ouvert, l’accompagnement des bénéficiaires du RSA vers l’emploi a été rénové et une stratégie départementale pour la santé mentale a été structurée. Sur le volet éducatif et citoyen, des collégiens participent à des projets liés au développement durable, à l’image du concours Cube.S consacré aux économies d’énergie.
La dimension environnementale s’illustre par l’aboutissement de la Stratégie Nature 2021-2025, marquée par l’ouverture des parcs de la Roseraie à Châtenay-Malabry et Gauthier-Mougin à Boulogne-Billancourt. Les concertations ont débuté pour un projet de baignade dans la Seine sur l’Île-de-Monsieur, tandis que le schéma directeur des réseaux de chaleur urbains a été adopté afin d’accélérer le recours à la géothermie. Le Plan Vélo a, pour sa part, permis l’aménagement de huit kilomètres supplémentaires de pistes cyclables.
Enfin, les élus ont validé la stratégie départementale en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes pour la période 2026-2028. Cette nouvelle étape prolonge la feuille de route initiée en 2023. Elle vise à promouvoir les parcours de réussite des filles et des femmes du territoire, à sensibiliser aux inégalités dès le plus jeune âge et à renforcer la lutte contre toutes les formes de violences. Les perspectives détaillées de cette stratégie seront présentées dans le prolongement de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, lors d’une semaine d’actions organisée par le Département, dont l’un des temps forts sera la troisième édition des Trophées « Elles en Seine », consacrés à la mise en lumière de femmes remarquables des Hauts-de-Seine.
Au terme de cette séance dense, l’Assemblée départementale a ainsi fixé un cap clair : maintenir un haut niveau d’investissement et d’engagement social malgré une contrainte financière croissante, tout en poursuivant la transformation écologique et solidaire du territoire.