La santé auditive s’impose cette année encore comme un enjeu majeur de santé publique à l’occasion de la Journée Nationale de l’Audition, organisée le 12 mars 2026 pour sa vingt-neuvième édition. Cette campagne d’envergure nationale, consacrée à l’information et à la prévention, vise à rappeler combien l’ouïe demeure un pilier essentiel de l’équilibre individuel et du lien social. Dans les Bouches-du-Rhône, l’initiative prendra une dimension concrète au sein de l’Association Surdi 13, mobilisée pour sensibiliser le grand public aux troubles auditifs et à leurs conséquences souvent sous-estimées.
Tout au long de la journée, les représentants de l’association accueilleront visiteurs et patients dans le hall de l’Hôpital d’Aix-en-Provence, entre 9 h 30 et 16 h 30. Ce point d’information offrira un espace d’échange destiné à répondre aux interrogations, orienter les personnes concernées et lever les freins liés à l’appareillage ou au dépistage. En parallèle, le service ORL de l’établissement proposera des tests auditifs gratuits, répartis en deux créneaux horaires, le matin puis l’après-midi. Une démarche simple, rapide, mais déterminante pour détecter précocement une éventuelle perte auditive.
L’édition 2026 place au centre de son message la santé auditive des seniors. Sous le haut patronage du ministère en charge de la Santé, de l’Autonomie et des personnes handicapées, la campagne entend alerter sur un phénomène encore trop souvent banalisé : la dégradation de l’audition chez les personnes âgées et ses répercussions profondes sur leur qualité de vie. L’Association nationale pour l’Audition souligne avec insistance que la surdité non prise en charge ne constitue pas un simple inconfort. Elle favorise l’isolement, accélère le repli sur soi et peut nourrir des états dépressifs durables.
Dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, certaines attitudes interprétées comme des signes de désorientation ou de déclin cognitif trouvent parfois leur origine dans une déficience auditive insuffisamment traitée. Un appareil non porté, une pile usée, un conduit auditif obstrué par un bouchon de cérumen : il suffit parfois d’un détail technique pour rompre le contact avec l’environnement. Cette rupture progressive du lien sonore altère les interactions quotidiennes, réduit les échanges verbaux et fragilise l’estime de soi. L’audition, loin d’être accessoire, conditionne la participation sociale et le maintien de la dignité.
Malgré ces constats, la santé auditive demeure reléguée à l’arrière-plan des priorités gériatriques. Beaucoup de personnes âgées hésitent à consulter, minimisent leurs difficultés ou redoutent le coût d’un équipement. Or les chiffres rappellent l’ampleur du phénomène. En France, près de cinq millions de personnes vivent avec des troubles de l’audition. La moitié de la population n’a jamais effectué le moindre dépistage. Au-delà de 50 ans, une personne sur trois présente une perte auditive susceptible d’altérer significativement sa qualité de vie. Plus préoccupant encore, une majorité des individus concernés ignore l’existence de dispositifs de dépistage gratuits et d’aides financières facilitant l’accès aux appareils auditifs.
Ces données illustrent l’écart persistant entre les besoins réels et la prise en charge effective. Elles traduisent également un déficit d’information qui contribue à retarder les consultations. Or plus la correction intervient tardivement, plus les conséquences sociales et psychologiques peuvent s’installer durablement. La privation d’interactions, même partielle, modifie les habitudes, réduit les conversations et installe un silence qui n’est pas uniquement acoustique. Il s’agit d’un isolement relationnel, parfois imperceptible au départ, mais cumulatif.
Les professionnels de santé insistent sur la nécessité d’une mobilisation collective. Préserver l’audition ne se limite pas à améliorer le confort sonore ; il s’agit de maintenir la capacité à dialoguer, à participer, à comprendre et à être compris. Dans un contexte de vieillissement démographique, la prévention des troubles auditifs devient un levier central du bien vieillir. Dépister précocement, accompagner l’appareillage, assurer un suivi régulier : ces étapes constituent un parcours cohérent qui mérite d’être encouragé.
La présence de l’Association Surdi 13 au sein de l’Hôpital d’Aix-en-Provence s’inscrit précisément dans cette logique d’accompagnement de proximité. En facilitant l’accès à l’information et au dépistage, l’initiative vise à lever les réticences et à rappeler que l’audition n’est pas un luxe, mais un déterminant fondamental de santé. La campagne nationale entend ainsi replacer l’oreille au cœur des politiques de prévention, en soulignant qu’une déficience auditive négligée peut avoir des répercussions bien au-delà du champ sensoriel.
Au-delà de la seule journée du 12 mars, le message se veut durable. La vigilance face aux premiers signes de baisse d’audition, l’entretien régulier des appareils et la consultation de professionnels qualifiés constituent des gestes simples susceptibles d’éviter une dégradation progressive. La santé auditive engage la qualité du lien social et, à travers elle, la dignité de chacun, quel que soit son âge.

