La Ferté-Alais accueille du 28 mars au 5 avril 2026 la dix-septième édition du Festival Carte blanche, un cycle de concerts intimistes qui transporte les mélomanes au rythme des sonorités du continent américain. Organisée par l’association culturelle locale en partenariat avec le Conseil départemental de l’Essonne, cette manifestation annuelle s’installe pour neuf soirées dans la salle polyvalente Sophie-Marie Brunel, au 1 rue Brunel, un équipement rénové en 2023 capable de réunir 350 spectateurs dans une configuration chaleureuse propice aux échanges artistiques. Thème imposé cette année : « Amériques », une exploration éclectique des musiques nées entre Rio et Chicago qui promet de métisser jazz, folk, fado revisité et compositions contemporaines, attirant 5 000 amateurs sur l’ensemble du festival depuis la région parisienne et les villages voisins.
Le coup d’envoi résonne le samedi 28 mars à 21h avec un concert inaugural dont l’affiche précise déjà l’effervescence locale, dans une salle agencée en gradins et fauteuils où chaque rangée semble conçue pour capter les nuances d’une guitare acoustique ou d’un bandonéon. Les organisateurs mettent en avant des tarifs accessibles – 8 euros plein tarif, 5 euros réduits pour étudiants et demandeurs d’emploi, pass intégral à 25 euros pour les neuf dates – une politique tarifaire qui démocratise l’accès à des formations rares venues d’outre-Atlantique. Le mardi 31 mars à 21h, le duo Ring of Cash déploie ses harmonies gitanes teintées de country blues, un dialogue entre cordes pincées et percussions légères qui évoque les plaines texanes autant que les deltas du Mississippi. Cette programmation fluide alterne soirées en solo, duos ou trios, favorisant une proximité rare avec les musiciens lors d’intermèdes informels au foyer, où verres de vin local et fromages de chèvre essonniens facilitent les rencontres.
Le festival gagne en intensité en milieu de semaine avec des propositions plus audacieuses, comme le 3 avril à 21h où Iara Kelly, voix aérienne irlandaise naturalisée américaine, déploie son répertoire folk-celtique saupoudré de racines appalachiennes, accompagnée d’un violon lancinant et d’une contrebasse feutrée. Le lendemain, le 4 avril à 21h, Trino Colectivo injecte une dose latine avec ses cuivres chaloupés et rythmes caribéens, un ensemble trinational qui fusionne salsa portoricaine et jazz new-orléanais dans une énergie collective communicative. La soirée du 5 avril à 17h, plus matinale pour accommoder les familles, voit le Fabrizio Colombo Trio clore le cycle sur une note pianistique virtuose : influences brésiliennes de Jobim mêlées à des ballades argentines, un bouquet final où les notes s’étirent jusqu’au crépuscule printanier. Chaque concert, d’une durée d’une heure quarante incluant bis improvisé, s’inscrit dans une jauge limitée qui garantit une acoustique optimale, loin des grandes salles parisiennes surpeuplées.
Au-delà des scènes, le festival participe à l’animation de la commune, brouillant la frontière entre salle de concert et espace public. Les soirées se prolongent dans une ambiance chaleureuse, où les spectateurs se retrouvent autour de stands de restauration locale, de rencontres improvisées entre habitants et artistes, et de moments conviviaux qui donnent au centre-ville un air de fête de village. Des animations ponctuelles, parfois associées à des marchés, à des ateliers de découverte musicale ou à des rendez-vous associatifs, rythment les week-ends et offrent une porte d’entrée supplémentaire à ceux qui ne viennent pas seulement pour le concert. La Ferté-Alais, généralement tranquille avec ses champs de betteraves et son aérodrome voisin, prend ainsi les allures d’un petit carrefour artistique, reliant ce rendez-vous musical au tissu associatif du territoire et aux grandes animations du secteur, à quelques semaines d’événements plus larges.
Carte blanche réaffirme que la culture vivante fleurit aussi dans les clochers isolés, offrant aux 5 000 mélomanes attendus un voyage atlantique sans quitter l’Essonne.
La Ferté-Alais : Carte blanche
Par Marie Aschehoug-Clauteaux
Publié le 24 mars 2026 à 15h02 – Temps de lecture : 4 minutes
