Les élus de l’Assemblée départementale de Seine-et-Marne se sont réunis afin d’examiner les grandes orientations budgétaires pour l’année 2026. Ce débat s’inscrit dans un contexte national jugé incertain, marqué à la fois par des contraintes financières importantes et par une adoption tardive de la loi de finances. Dans ce cadre, la collectivité départementale a affiché sa volonté de concilier rigueur de gestion et maintien de ses priorités d’action.
Malgré un environnement économique contraint, le Département a fait le choix de préserver un niveau d’investissement soutenu, avec une progression de 10 % par rapport à l’exercice précédent. Cette orientation vise à poursuivre le développement du territoire tout en répondant aux besoins des habitants. Parallèlement, la collectivité entend continuer à encadrer ses dépenses de fonctionnement, dans un souci d’équilibre financier, tout en maintenant ses engagements en matière de solidarité.
Le président du Département, Jean-François Parigi, a souligné les difficultés liées à la conjoncture actuelle, évoquant à la fois la hausse continue des dépenses sociales et la diminution des ressources. Il a également rappelé que la loi de finances pour 2026 impose une contribution significative aux collectivités, estimée pour la Seine-et-Marne à près de 13 millions d’euros dans le cadre du dispositif de lissage conjoncturel des recettes fiscales, connu sous l’acronyme Dilico. Dans ce contexte, il a affirmé la volonté de la collectivité de poursuivre ses actions, en maintenant ses politiques de solidarité et en soutenant l’investissement.
Instauré par la loi de finances pour 2025, le Dilico prévoit un mécanisme de prélèvement sur les recettes fiscales des collectivités territoriales afin de participer au redressement des comptes publics. Les montants collectés sont ensuite placés en réserve par l’État avant d’être restitués progressivement aux collectivités concernées. Une fraction de 10 % de ces sommes est par ailleurs affectée aux dispositifs nationaux de péréquation, destinés à réduire les inégalités entre territoires. Dans ce cadre, la contribution de la Seine-et-Marne représente environ 10 % de l’effort total demandé aux départements. Le territoire se positionne ainsi comme le quatrième contributeur parmi les vingt-cinq départements concernés, derrière Paris, les Hauts-de-Seine et les Yvelines.
En dépit de cette contrainte financière supplémentaire, la stratégie budgétaire présentée repose sur une gestion maîtrisée des ressources et des dépenses. L’objectif est de garantir la stabilité financière de la collectivité tout en poursuivant la mise en œuvre des politiques publiques jugées prioritaires. Cette approche se traduit notamment par un maintien des investissements destinés à accompagner les projets structurants du territoire.
Les données financières présentées lors de ce débat traduisent ces orientations. Les dépenses de fonctionnement atteignent 1 397,8 millions d’euros pour 2026, contre 1 347,6 millions d’euros en 2025, soit une hausse de 3,7 %. Les recettes de fonctionnement s’élèvent à 1 476,1 millions d’euros, en progression de 2,9 % par rapport aux 1 435 millions d’euros enregistrés l’année précédente. Les dépenses d’équipement, qui reflètent l’effort d’investissement, s’établissent à 306,9 millions d’euros, contre 278,9 millions d’euros en 2025, marquant une augmentation de 10 %. Du côté des recettes d’investissement, celles-ci atteignent 64,1 millions d’euros, contre 58,2 millions d’euros un an plus tôt, soit une progression de 10,1 %. Enfin, le recours à l’emprunt est également en hausse, avec un montant prévu de 243,4 millions d’euros, contre 215,8 millions d’euros en 2025, soit une augmentation de 12,8 %.
Ces orientations budgétaires feront l’objet d’une validation lors de la prochaine séance publique prévue le 14 avril 2026. À cette occasion, les élus seront amenés à se prononcer sur le budget primitif, qui viendra concrétiser les choix présentés lors de ce débat et définir les moyens alloués aux différentes politiques départementales pour l’année à venir.
Département : orientations budgétaires
Par Gilbert Caron
Publié le 6 avril 2026 à 19h23 – Temps de lecture : 4 minutes
