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Ligne 15 est : chantier autour du pont de Bondy

Par Marc Blanc
Publié le 10 avril 2026 à 12h37 – Temps de lecture : 7 minutes

Ce 6 avril 2026, le quartier du pont de Bondy, à la frontière de Noisy-le-Sec, Bondy et Bobigny, est entré dans une nouvelle phase décisive des travaux de construction de sa gare emblématique sur la ligne 15 est du Grand Paris Express. Ces interventions, qui se prolongeront pendant au moins une année complète, modifient en profondeur les conditions de circulation automobile, les itinéraires des lignes de bus et, à plus court terme, le fonctionnement du tramway T1, dans un secteur géographiquement contraignant, encadré par le canal de l’Ourcq et des axes routiers majeurs tels que la rue de Paris, aujourd’hui désignée RD933 après avoir porté le numéro RN3. La Société des Grands Projets, responsable global du chantier, met en place un ensemble de mesures techniques et d’accompagnement pour contenir les perturbations ressenties par les habitants des trois communes.
Cette infrastructure, dont l’ouverture est programmée pour 2031, occupera une position stratégique au confluent des trois territoires urbains, en assurant des liaisons directes avec le tram T1 et l’ensemble des services bus locaux. Orientée perpendiculairement au canal, sous lequel la rame de métro automatisée passera en tunnel, elle proposera des quais d’une longueur de 110 mètres, reliés par deux passerelles piétonnes permettant aux voyageurs de traverser sans encombre d’une rive à l’autre et d’accéder facilement depuis Bobigny ou les secteurs adjacents. Signée par les agences Big et Silvio d’Ascia Architecture, l’architecture de la gare évoque un ruban noué qui fusionne les identités des trois communes : une boucle longe le tracé du tramway T1 pour ouvrir un parvis généreux vers Noisy-le-Sec, tandis qu’une extension glisse sous les ouvrages existants pour se connecter à Bondy, transformant ainsi ce point névralgique en un espace vivant et accessible, loin de la prédominance actuelle de la voiture individuelle.
Sur le chantier, les opérations se concentrent aujourd’hui sur l’élaboration des parois moulées, qui forment les premières limites étanches de la « boîte gare », c’est-à-dire la coque souterraine qui abritera les quais et les circulations futures. Ce procédé exige une précision extrême : des tranchées verticales sont d’abord excavées par des engins spécialisés, bennes preneuses pour les terrains meubles et hydrofraiseuses – ou machines à roue dentée – pour les couches plus compactes. Pour éviter tout affaissement pendant cette phase, un fluide argileux appelé bentonite est injecté en continu, remplaçant le volume des terres retirées et maintenant les parois en place. Une fois la profondeur atteinte, des cages d’armatures métalliques sont descendues dans ces fosses stabilisées, bordées de joints d’étanchéité, avant que le béton frais ne soit coulé à grande échelle : sa densité supérieure repousse la bentonite vers le haut, où elle est récupérée, traitée et réutilisée pour d’autres panneaux, dans une logique d’économie circulaire.
L’extension de ces travaux sous une portion de la rue de Paris impose les ajustements routiers dès cette date du 6 avril. L’artère RD933 passe ainsi en configuration unidirectionnelle sur deux voies larges, orientées de l’est vers l’ouest en direction de Paris, directement au niveau de la zone d’intervention, avec un cheminement dédié préservé pour les riverains immédiats. Cette disposition autorise un flux automobile maintenu, quoique réduit, libérant simultanément l’emprise nécessaire aux engins de forage et de coulage. Pour les automobilistes en provenance du nord-est de la capitale et se dirigeant vers Bondy, un réseau de déviations précises est activé entre la porte de Pantin et le pont : l’une emprunte le boulevard périphérique avant de bifurquer sur l’autoroute A3, une seconde contourne par le nord en prenant la RD115 puis l’A86, tandis qu’une troisième option sud utilise la RD116 pour rejoindre l’A3 plus bas. Dans le sens inverse, province vers Paris, les deux voies disponibles garantissent une pénétration fluide malgré la présence du chantier.
Les transports collectifs subissent également des réaménagements pour s’adapter à cette contrainte. La ligne de bus 147 modifie son terminus, désormais positionné de part et d’autre du pont de Bondy, obligeant les usagers à une correspondance pédestre d’environ six minutes entre les arrêts « Gallieni-Pont de Bondy » et « Avenue de Rosny ». La ligne 105, elle, dévie son parcours entre Noisy-le-Sec RER et Avenue de Rosny, ce qui conduit à la neutralisation provisoire des haltes les plus proches du site de travaux. À l’horizon estival, le tramway T1 cessera son service de juin à août 2026 sur le tronçon reliant Bobigny – Pablo Picasso à Gare de Noisy-le-Sec, le temps des interventions sous sa plateforme ; un réseau de bus de substitution prendra alors le relais pour préserver la continuité des trajets.
Les riverains bénéficient d’efforts spécifiques pour contenir les nuisances générées par ces phases intensives. Les foreuses et engins de chantier sont enveloppés de capotages phoniques, ces protections métalliques ou composites qui absorbent et canalisent les vibrations sonores, tandis que les palissades d’enceinte intègrent localement des panneaux isolants pour freiner la propagation des décibels. Des inspections quotidiennes scrutent l’intégrité des installations temporaires, la propreté des abords immédiats et la perméabilité des accès piétons, avec une transmission immédiate des observations vers les responsables opérationnels pour une correction rapide. Alimam Souane, figure centrale de cette médiation depuis le début de l’année 2024, couvre l’ensemble des chantiers de la ligne 15 est dans Noisy-le-Sec, Bondy, Bobigny, Fontenay-sous-Bois, Villemomble et Rosny-sous-Bois. Fort de son expérience sur la 15 Sud, il arpente les sites chaque matin, dialogue avec les équipes et les habitants, identifie les points de tension – palissade abîmée, voirie encombrée, passage obstrué – et assure un suivi personnalisé. Disponible du lundi au vendredi entre 9 h 30 et 17 h 30 au 07 76 99 25 70, ou par le formulaire dédié sur grandparisexpress.fr/contacts, il anime des réunions de quartier et rappelle que toute question, technique ou pratique, trouve une réponse.
Pour mieux appréhender ces étapes critiques, la Fabrique du métro, installée à Saint-Ouen-sur-Seine, ouvre ses portes jusqu’au 3 juillet 2026 pour des visites gratuites d’une heure et demie, réservables en ligne. Plus de 90 000 curieux, en famille, entre collègues ou en solo, ont déjà exploré ce parcours immersif : reconstitution d’un quai de 25 mètres grandeur nature, manipulation du mobilier urbain, entrée dans une rame complète, simulation de tunnels et focus sur les éclairages ou systèmes d’information voyageurs qui préfigurent le quotidien des futurs usagers. Ce dispositif pédagogique éclaire les prouesses techniques derrière ce projet pharaonique. Les cartes détaillées des déviations, les horaires actualisés et les recommandations de trajet restent consultables sur grandparisexpress.fr, avec des alertes régulières pour anticiper les prochaines évolutions du chantier et adapter ses habitudes de déplacement en conséquence.