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Bilan touristique 2025 : 102 millions de visiteurs !

Par Marcel Grenay
Publié le 25 février 2026 à 19h57 – Temps de lecture : 6 minutes

Serge Papin, ministre chargé des PME, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat, présente un bilan touristique 2025 remarquable qui confirme la France comme première destination au monde. Avec 102 millions de visiteurs étrangers, contre 100 millions en 2024, le pays enregistre une progression notable de 9 % de ses recettes internationales, atteignant un niveau record de 77,5 milliards d’euros. L’excédent de 20,1 milliards dans la balance des paiements souligne la solidité économique du secteur, soutenu par une stratégie ambitieuse visant les 100 milliards à l’horizon 2030 et un rôle moteur dans le tourisme durable.

Cette réussite va bien au-delà de l’impact des grands rendez-vous de 2024 comme les Jeux Olympiques ou la réouverture de Notre-Dame. La dépense moyenne par visiteur international atteint 760 euros par séjour, en hausse de 7 %, révélant une clientèle plus aisée et des durées de séjour allongées. Les 743 millions de nuitées totales, en augmentation de 2 %, se composent à 76 % de visiteurs européens, tandis que les hébergements marchands progressent de 7,5 % pour atteindre 261,2 millions. La consommation touristique intérieure s’élève à 222 milliards d’euros, confirmant la robustesse du marché national avec 835 millions de nuitées.

Les visiteurs européens dominent toujours, avec une hausse de 5 % des nuitées, l’Allemagne se démarquant par une croissance de 9 %. L’Amérique du Nord enregistre une progression supérieure à 10 %, tandis que l’Asie entame une reprise plus lente, le Japon dépassant la Chine dans le rebond post-Covid. Cette diversification des clientèles renforce la résilience face aux crises, notamment aériennes ou sanitaires, avec une hausse des dépenses qui compense largement la légère augmentation des volumes. L’écart avec l’Espagne, deuxième en recettes avec 105 milliards, se stabilise à 36 %, maintenant un leadership disputé mais solide.

Le tourisme en France repose sur une répartition territoriale équilibrée, le Sud concentrant plus de la moitié des nuitées nationales, avec en tête Auvergne-Rhône-Alpes, Occitanie, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Nouvelle-Aquitaine. La saison estivale reste dominante avec 43 % des nuitées marchandes au troisième trimestre, mais la dépendance saisonnière diminue grâce à une offre culturelle étendue et à l’attractivité des zones de montagne. Les Français privilégient leur territoire avec 835 millions de nuitées domestiques, malgré une hausse modérée de 4 % des séjours à l’étranger, notamment vers les destinations méditerranéennes, pour un total de 57,4 milliards d’euros dépensés hors du pays.

Cette dynamique exceptionnelle résulte d’une stratégie nationale structurée qui dépasse les seuls événements ponctuels. Serge Papin insiste sur la fierté d’une destination prisée à l’échelle mondiale et appelle à une mobilisation collective pour transformer cette réussite en bénéfices partagés. Les perspectives pour 2026 sont encourageantes dès le début de l’année, avec 30 % des Français privilégiant des séjours régionaux et une progression de 4 % des projets de voyages internationaux. Les réservations aériennes augmentent fortement vers le Mexique (+19 %), la Chine (+17 %) et le Canada (+7 %), tandis que l’Espagne progresse de 8 % et les stations de montagne anticipent une hausse de fréquentation de 1,3 point.

Le ministre fixe des orientations claires pour atteindre l’objectif des 100 milliards. Le tourisme accessible à tous passe par une meilleure répartition territoriale, une accessibilité renforcée et un développement local basé sur des expériences authentiques. Un portail unique d’aide aux vacances, soutenu par l’ANCV, facilite les départs des familles, tandis que des labels écoresponsables valorisent les initiatives exemplaires. Cette politique inclusive concerne l’ensemble des territoires, des régions du nord aux outre-mer, afin d’assurer une distribution équitable des retombées économiques.

Le tourisme durable devient un levier stratégique majeur, bien au-delà d’un simple argument marketing. La France vise la première place mondiale d’ici 2030 grâce à des politiques de gestion de l’eau élaborées avec les professionnels, un suivi précis de l’empreinte carbone et des actions concrètes pour préserver la biodiversité. La régulation des flux touristiques permet de limiter la saturation des sites les plus fréquentés, tandis que la formation intègre désormais les enjeux environnementaux dès les premiers niveaux. Cette orientation répond aux attentes d’une clientèle de plus en plus attentive à l’impact écologique de ses voyages.

L’investissement reste une priorité, avec une réflexion prospective sur les dix prochaines années identifiant les nouvelles tendances comme le tourisme lent, les expériences immersives ou l’usage de la réalité augmentée. La Semaine des métiers du tourisme 2026, avec 2000 événements, vise à répondre aux besoins de recrutement, notamment dans l’hôtellerie de plein air (+4 %) et la location saisonnière (+6,6 %). Ces secteurs, essentiels pour l’emploi local, nécessitent environ 100 000 embauches par an pour accompagner la croissance.

Les résultats de 2025 confirment l’efficacité de cinq années de politique volontariste post-Covid. Les 77,5 milliards d’euros de recettes internationales contribuent à hauteur de 3 % du PIB, soutiennent 2,5 millions d’emplois directs et bénéficient à 20 000 communes. Paris et l’Île-de-France concentrent 20 % des flux, mais les zones rurales progressent de 8 % grâce à des offres thématiques variées. Les territoires d’outre-mer, avec une hausse de 12 % des nuitées, renforcent leur position sur le segment haut de gamme.

Serge Papin appelle à une mobilisation globale fondée sur la fierté, l’ambition et la compétitivité. La France ne se limite plus à sa première place en nombre de visiteurs, mais la transforme en leadership économique et durable. L’objectif des 100 milliards d’ici 2030 devient crédible grâce à une dépense moyenne élevée, une clientèle haut de gamme en expansion et une offre diversifiée. L’Espagne, malgré ses recettes élevées, reste en retrait sur la valeur ajoutée, tandis que l’Italie stagne et que l’Asie demeure coûteuse.

L’année 2026 s’annonce très prometteuse. Les réservations anticipées sont en forte hausse, les Français privilégient davantage les séjours nationaux et les stations hivernales affichent déjà de bons taux de remplissage. Le portail ANCV facilitera l’accès aux vacances, les labels environnementaux attireront une clientèle exigeante, et les politiques de gestion de l’eau sécuriseront la saison estivale. La prospective ouvre la voie à de nouvelles formes de tourisme : expériences immersives basées sur l’IA, projets innovants depuis Kourou ou encore développement de territoires connectés.