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Un baron de la mafia napolitaine arrêté dans son appartement de luxe des Alpes-Maritimes

Par Sacha Caron
Publié le 10 avril 2026 à 12h21 – Temps de lecture : 3 minutes

Les gendarmes ont mis fin à plusieurs mois de cavale. Mercredi 8 avril, à six heures du matin, des militaires de la Section de recherches de Marseille ont interpellé un ressortissant italien à Beausoleil. Ils agissaient avec le soutien du GIGN d’Orange. Cette commune des Alpes-Maritimes surplombe la Principauté de Monaco, à quelques kilomètres de la frontière italienne. Ainsi prenait fin la traque d’un homme soupçonné de diriger le trafic de stupéfiants de la Camorra en Italie. La Camorra est l’organisation mafieuse napolitaine.

L’individu, dont les autorités n’ont pas communiqué l’âge ni l’identité, vivait dans un luxueux appartement avec sa famille. Pour tromper les contrôles, il présentait de faux papiers d’identité italiens. Rien ne le distinguait, en apparence, d’un résident ordinaire de cette ville frontalière. En réalité, le parquet antimafia de Naples avait lancé contre lui un mandat d’arrêt européen en janvier dernier. Ce document le visait pour direction, promotion et organisation d’un vaste réseau de trafic de stupéfiants au profit de la Camorra.

Suite à ce mandat, la Cour d’appel d’Aix-en-Provence avait alors ouvert une enquête pour recherche de personne en fuite. Les gendarmes de la Section de recherches de Marseille avaient pris en charge les investigations. Après plusieurs semaines de travail minutieux, ces derniers ont réussi à localiser le fugitif dans les Alpes-Maritimes. L’opération d’interpellation s’est ensuite déroulée sans accroc, au petit matin du mercredi 8 avril.

À l’intérieur de l’appartement de luxe, les enquêteurs ont par ailleurs saisi les faux documents que l’homme utilisait comme couverture auprès des autorités françaises. Ce détail révèle à quel point le fugitif avait organisé méthodiquement sa disparition des radars policiers. Il vivait ainsi dans l’anonymat, aux portes de Monaco et de l’Italie.

Sur le plan judiciaire, le dossier pèse très lourd. L’homme avait en effet déjà été condamné en Italie pour crime, détention de stupéfiants et possession de munitions de guerre. En outre, son casier judiciaire témoigne d’un ancrage profond dans les milieux criminels de la péninsule. Ces condamnations passées renforcent ainsi la gravité de l’affaire aux yeux des magistrats napolitains.

Les enquêteurs connaissaient aussi ses liens étroits avec Roberto Mazzarella, l’un des chefs de clan les plus puissants de la Camorra. Ce dernier dirigeait le clan qui porte son nom au sein de la mafia napolitaine. Par ailleurs, les carabiniers italiens l’avaient eux-mêmes arrêté quelques jours plus tôt, le 4 avril, à Salerne. On lui reproche un meurtre commis dans le cadre d’une vengeance entre clans rivaux. Par conséquent, deux figures importantes de la Camorra tombent en l’espace d’une seule semaine.

Cette double chute illustre la coopération judiciaire et policière active entre la France et l’Italie face aux réseaux mafieux. Ensemble, les deux pays démontrent leur capacité à traquer des fugitifs dangereux jusque dans leurs refuges européens. Désormais, la procédure se poursuivra en Italie. Conformément au droit européen, les autorités françaises remettront l’homme à leurs homologues italiens dans les prochains jours. Il comparaîtra ensuite devant la Cour de Naples. Enfin, il encourt une peine d’au moins vingt ans de prison. Pour la gendarmerie nationale, cette interpellation marque un résultat concret dans la lutte contre les organisations criminelles qui cherchent refuge sur le territoire français.