Dans le cadre de la semaine nationale dédiée à l’éducation et aux initiatives contre le racisme et l’antisémitisme, une réunion du comité opérationnel de lutte contre le racisme, l’antisémitisme, la haine anti-LGBT+ et les discriminations liées à l’origine (Corahd) des Bouches-du-Rhône s’est tenue le mardi 24 mars 2026 en préfecture. Cette rencontre, présidée par Isabelle Epaillard, préfète déléguée pour l’égalité des chances, a rassemblé Hélène Gente-Ceaglio, conseillère départementale en charge de la lutte contre les discriminations, Jean-Yves Lourgouilloux, procureur adjoint près le tribunal judiciaire de Marseille, ainsi que des représentants des services de l’État locaux, des collectivités territoriales et du monde associatif. Élise Fajgeles, secrétaire générale de la délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT+ (Dilcrah), était également présente à cette table ronde.
Tous les acteurs étatiques du département ont réitéré leur détermination à combattre ces phénomènes, en mobilisant pleinement leurs ressources. Parmi les entités représentées figuraient les services de la préfète de police déléguée, la direction interdépartementale de la police nationale, la gendarmerie départementale, le parquet du tribunal judiciaire de Marseille, la protection judiciaire de la jeunesse, le rectorat avec la direction des services départementaux de l’éducation nationale, l’université Aix-Marseille, la direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités, le service départemental de la jeunesse et des sports, la direction régionale des affaires culturelles, l’agence régionale de santé, ainsi que le pôle régional de la défenseure des droits. Des délégués du conseil départemental des Bouches-du-Rhône, de la métropole Aix-Marseille-Provence et de la ville de Marseille ont pris part aux échanges, aux côtés d’associations engagées comme SOS Racisme, le Crif Marseille et le fonds social juif unifié, le centre LGBT de Marseille, Transat, la ligue de l’enseignement, la fédération des centres sociaux et la fondation du camp des Milles.
Cette réunion intervient dans un contexte marqué par une augmentation des actes discriminatoires observée depuis 2019, avec une accélération notable après 2023. Bien qu’une certaine stabilité ait été enregistrée entre 2024 et 2025, les incidents tendent à gagner en gravité, avec une part croissante d’atteintes physiques aux personnes par rapport aux dégradations de biens. Pour répondre à cette évolution et mieux soutenir les victimes, les autorités départementales ont mis en place diverses mesures concrètes. Des protocoles ont été développés pour optimiser l’accueil dans les commissariats et brigades de gendarmerie, simplifiant ainsi les démarches pour déposer plainte. Parallèlement, un programme de formations a été lancé à destination des agents en contact direct avec le public, et des référents spécialisés ont été désignés, notamment dans les commissariats de Noailles ainsi que dans les divisions Nord et Sud de Marseille.
Sur le plan numérique, le ministère de l’Intérieur a déployé plusieurs plateformes facilitant les signalements et l’accompagnement. Le portail Pharos permet de dénoncer des contenus illicites en ligne, couvrant des infractions telles que les violences, les menaces, l’apologie du terrorisme, les injures, les incitations à la haine ou les atteintes aux mineurs. La plateforme nationale d’aide aux victimes offre un guichet unique pour les signalements et les consultations. Le site « Ma sécurité » fournit des informations pratiques, aide à localiser les points d’accueil et permet le dépôt de plainte en ligne.
Chacun des participants a exposé les initiatives menées dans son domaine pour contrer ces discriminations. À l’issue de cette session, les travaux se poursuivent entre les services étatiques, les collectivités et les associations afin d’achever la rédaction d’un plan départemental de lutte contre le racisme, l’antisémitisme, les discriminations liées à l’origine et la haine anti-LGBT+. Ce document regroupe près de vingt fiches d’actions ciblées, destinées à renforcer la prévention par des campagnes de sensibilisation et d’information, ainsi que l’accompagnement, la protection et la formation des acteurs concernés. Il s’adresse à un large public, incluant les élus, les agents publics, les usagers, et particulièrement les jeunes dans les contextes scolaires, périscolaires, sportifs ou culturels. La signature de ce plan est prévue d’ici la fin du premier semestre 2026, marquant une étape décisive dans la mobilisation collective du département.
Cette démarche reflète l’engagement renouvelé des autorités des Bouches-du-Rhône face à la persistance et à l’intensification de ces phénomènes sociétaux. En coordonnant les efforts des institutions publiques, des collectivités et de la société civile, le Corahd vise à déployer des réponses adaptées et pérennes, tout en renforçant les outils de détection et de soutien aux victimes. Dans un territoire marqué par sa diversité et ses dynamiques urbaines, cette initiative s’avère particulièrement cruciale pour préserver la cohésion sociale et promouvoir des valeurs d’égalité et de respect mutuel. Les échanges ont permis d’identifier des axes prioritaires, tels que l’amélioration de la chaîne de prise en charge des plaintes et le renforcement des partenariats avec les associations de terrain, afin d’assurer une couverture efficace sur l’ensemble du département.
Le contexte épidémiologique des actes haineux, avec leur évolution vers plus de violence physique, impose une vigilance accrue et une adaptation constante des dispositifs. Les formations dispensées aux forces de l’ordre et aux agents administratifs visent non seulement à mieux identifier ces situations, mais aussi à offrir un accompagnement empathique et professionnel aux personnes affectées. Les outils numériques, en complément des structures physiques, démocratisent l’accès à l’aide, permettant à quiconque de signaler un incident rapidement et en toute confidentialité.
Enfin, la finalisation du plan départemental représente un jalon important pour structurer les actions futures. En intégrant des mesures de prévention précoce auprès des jeunes publics, il ambitionne de briser le cycle de la haine dès la source. Cette approche holistique, associant éducation, répression et soutien, illustre la réponse multidimensionnelle apportée par les Bouches-du-Rhône à ces défis contemporains, dans la continuité des engagements nationaux portés par la Dilcrah.

