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Inclusion : le seuil des 6 % atteint dans la fonction publique

Par Marie Aschehoug-Clauteaux
Publié le 17 avril 2026 à 11h13 – Temps de lecture : 4 minutes

La fonction publique franchit pour la première fois le cap symbolique des 6 % d’agents en situation de handicap. En 2025, le taux d’emploi direct s’établit à 6,36 %, marquant une avancée significative dans la mise en œuvre des politiques d’inclusion engagées depuis plus de deux décennies. Ce résultat est le fruit d’un travail de fond conduit par la direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP), les employeurs publics et le Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHFP), dont le rôle structurant a été déterminant.

Cette progression concerne l’ensemble des trois versants de la fonction publique, même si les dynamiques restent contrastées. La fonction publique territoriale se distingue avec un taux de 7,68 %, confirmant son engagement de longue date en faveur de l’inclusion. La fonction publique hospitalière franchit également le seuil avec 6,26 %, portée notamment par des politiques actives de maintien dans l’emploi. En revanche, la fonction publique d’État demeure en deçà de l’objectif légal, avec un taux de 5,28 %, révélant des marges de progression encore importantes dans certains ministères et administrations centrales.

Pour les pouvoirs publics, cette évolution témoigne d’une mobilisation collective durable et d’un changement progressif des pratiques. Depuis la création du FIPHFP en 2006, le taux d’emploi des personnes en situation de handicap a connu une hausse continue, passant de 3,55 % à plus de 6 % aujourd’hui. Cette amélioration s’explique par plusieurs leviers : le renforcement des obligations des employeurs publics, la diversification des modalités de recrutement, l’adaptation des postes de travail, ainsi que le développement de politiques actives de maintien dans l’emploi. La meilleure reconnaissance administrative des situations de handicap a également permis d’identifier davantage de bénéficiaires de l’obligation d’emploi.

Par ailleurs, les évolutions démographiques, notamment le vieillissement des effectifs, ont contribué à faire évoluer les approches en matière de ressources humaines. Les administrations ont progressivement intégré la question du handicap dans une logique plus globale de qualité de vie au travail et de prévention des risques professionnels.

Un autre facteur clé de cette progression réside dans la structuration d’un réseau de référents handicap au sein des administrations. Ces professionnels, désormais formés et mieux identifiés, jouent un rôle central dans l’accompagnement des agents tout au long de leur parcours. Ils facilitent l’accès aux dispositifs d’aménagement, sensibilisent les équipes et contribuent à lever les freins organisationnels. Ce réseau est coordonné au niveau ministériel par la DGAFP, garantissant une certaine homogénéité des pratiques et un partage d’expériences entre les différentes entités publiques.

Malgré ces avancées, les autorités appellent à la vigilance. Le franchissement du seuil légal ne doit pas être considéré comme un aboutissement, mais comme une étape. L’enjeu consiste désormais à consolider ces acquis et à réduire les disparités entre les versants et les catégories d’emploi. Le gouvernement fixe ainsi un objectif clair à l’horizon 2030 : maintenir un taux d’au moins 6 % dans chaque versant de la fonction publique, tout en veillant à une répartition équilibrée des agents en situation de handicap à tous les niveaux hiérarchiques.

Dans cette perspective, une concertation doit s’ouvrir dès le mois de mai dans le cadre de l’agenda social. Elle vise à identifier de nouveaux leviers d’action, renforcer les dispositifs existants et adapter les politiques publiques aux évolutions du monde du travail.

Les responsables de la DGAFP et du FIPHFP saluent une avancée qu’ils qualifient d’historique, tout en soulignant que le principal défi réside désormais dans la pérennisation de ce niveau d’emploi. L’objectif est clair : faire du seuil des 6 % non plus une cible ponctuelle, mais un standard durable, inscrit au cœur d’une fonction publique résolument plus inclusive et représentative de la diversité de la société.