L’été 2025 a été marqué par une hausse préoccupante des noyades en France, selon le bilan annuel publié par Santé publique France. Entre le 1er juin et le 30 septembre 2025, 1 418 noyades ont été recensées sur le territoire, dont 409 ont entraîné un décès, soit près de 29 % des cas. Ces chiffres traduisent une progression nette par rapport à l’été 2024, avec une augmentation de 14 % pour l’ensemble des noyades et de 16 % pour les noyades mortelles.
L’analyse des données met en évidence un phénomène particulièrement marqué durant les épisodes de fortes chaleurs. Sur la période du 19 juin au 8 juillet 2025, 355 noyades ont été enregistrées, soit une hausse spectaculaire de 135 % par rapport à la même période de l’année précédente. Dans le même intervalle, 106 décès par noyade ont été comptabilisés, en augmentation de 172 %. Les autorités estiment que les vagues de chaleur, en favorisant une fréquentation accrue des lieux de baignade, ont contribué à cette hausse des accidents.
Les noyades concernent toutes les catégories de population, sans distinction d’âge. Les adultes représentent 57 % des victimes, tandis que les enfants de moins de 6 ans constituent environ 27 % des cas. Parmi les noyades mortelles, la grande majorité concerne les adultes, avec près de neuf décès sur dix. Toutefois, une évolution inquiétante est observée chez les adolescents de 13 à 17 ans, avec 21 décès en 2025 contre 10 en 2024 sur la même période.
Les lieux de baignade impliqués sont variés. Les cours d’eau et plans d’eau concentrent environ la moitié des décès par noyade, toutes classes d’âge confondues. Chez les enfants et adolescents, 33 décès ont été recensés dans ces environnements naturels entre juin et septembre 2025, contre 20 l’année précédente. Les piscines privées représentent également un risque important pour les mineurs, tandis que les noyades d’adultes surviennent davantage en mer. Les autorités soulignent ainsi la nécessité d’une vigilance renforcée pour les publics les plus jeunes, particulièrement exposés.
Sur le plan géographique, certaines régions apparaissent plus touchées que d’autres. Quatre d’entre elles concentrent à elles seules près de 60 % des noyades enregistrées : Provence-Alpes-Côte d’Azur, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie et Auvergne-Rhône-Alpes. Elles regroupent également près de la moitié des noyades mortelles recensées sur la période étudiée.
Dans ce contexte, les autorités sanitaires adaptent leurs dispositifs de surveillance. Face à l’allongement de la saison des baignades lié au changement climatique et à des conditions météorologiques favorables dès le printemps, la période de surveillance des noyades est désormais avancée au 1er mai 2026. Ce suivi repose sur deux systèmes complémentaires : les données issues des passages aux urgences, collectées via le réseau Oscour®, et les informations relatives aux décès survenus sur les lieux de baignade, transmises par le système national SNOSAN.
Pour l’été 2026, plusieurs points d’étape seront publiés afin de suivre l’évolution de la situation en temps réel et d’adapter les actions de prévention. Ces bilans intermédiaires permettront d’ajuster les messages de sensibilisation tout au long de la saison estivale.
Les études récentes de Santé publique France mettent également en évidence des facteurs de risque aggravants. Les personnes âgées de 65 ans et plus présentent un risque trois fois plus élevé de noyade grave que les jeunes enfants. La consommation d’alcool constitue un autre facteur majeur, associé à une augmentation significative de la gravité et de la mortalité des accidents.
Dans ce cadre, les ministères chargés de la Santé et des Sports renforcent leurs campagnes de prévention pour l’été 2026. Les messages seront notamment ciblés vers les personnes âgées et sensibiliseront davantage aux dangers liés à la consommation d’alcool lors des baignades. Un partenariat avec Voies navigables de France permettra également de diffuser des messages spécifiques sur les risques de noyades dans les cours d’eau et plans d’eau. Une attention particulière sera portée aux jeunes publics, notamment à travers la campagne de prévention déjà engagée sur les dangers de la baignade en zones non surveillées.
L’ensemble de ces actions s’inscrit dans une stratégie plus large de réduction des accidents liés à la baignade, dans un contexte où l’allongement des périodes de chaleur augmente mécaniquement les risques d’exposition. Les autorités appellent ainsi à une vigilance constante, rappelant que la majorité des noyades restent évitables par des comportements de prévention adaptés.

