Face à l’implantation croissante du moustique tigre sur le territoire national, le Département des Hauts-de-Seine a engagé une démarche environnementale rigoureuse en réalisant un diagnostic entomologique complet au sein de ses parcs et jardins. Cet insecte invasif se distingue par ses rayures blanches, son activité exclusivement diurne et un rayon d’action très limité autour de son lieu de naissance. Les conclusions de l’étude menée sur le terrain indiquent que si les moustiques adultes ont investi les espaces de nature départementaux, les niveaux de reproduction y restent faibles à modérés, écartant tout risque de prolifération massive à ce stade.
Le diagnostic met en évidence une réalité technique spécifique : les principaux sites favorables au développement des larves se concentrent dans les infrastructures de collecte des eaux pluviales, notamment au niveau des avaloirs urbains. Sur la base de ces résultats, la collectivité déploie un plan d’action visant à traiter le problème à la source par des méthodes respectueuses de l’écosystème, assurant ainsi la sécurité des promeneurs sans recourir à des traitements chimiques massifs.
La stratégie départementale repose sur la suppression systématique des zones de stagnation d’eau accessibles et sur la modification progressive des avaloirs pour empêcher la ponte. Pour les gîtes larvaires résiduels qui ne peuvent être éliminés techniquement, des équipes spécialisées réalisent des interventions mensuelles ciblées à l’aide de traitements biologiques, tout en maintenant un suivi régulier des populations d’insectes. Cette gestion rigoureuse s’accompagne d’un appel à la vigilance citoyenne, puisque les données nationales révèlent que la quasi-totalité des gîtes larvaires se situe en domaine privé, principalement sur les terrasses, les balcons et dans les jardins des particuliers à cause d’objets du quotidien.
La lutte contre le moustique tigre relève donc d’une responsabilité collective. En complément des écogestes citoyens pour éliminer l’eau stagnante chez soi, l’Agence régionale de santé Île-de-France déploie sa campagne annuelle de surveillance renforcée à partir du 1er mai, s’appuyant sur la plateforme de signalement de l’Anses pour recueillir les observations du public. De son côté, le Département intègre cette vigilance sanitaire dans une politique de protection environnementale globale amorcée il y a plusieurs décennies. La gestion écologique des espaces naturels sensibles altoséquanais bénéficie d’ailleurs de certifications exigeantes, comme le label de l’organisme Ecocert et la reconnaissance de plusieurs sites en refuges par la Ligue pour la Protection des Oiseaux.
Ces actions de régulation sanitaire participent à la valorisation des parcs et jardins des Hauts-de-Seine, qui représentent plus de 500 hectares de nature labellisés pour leur qualité écologique. Essentiels au bien-être des habitants, ces espaces proposent de nombreux itinéraires de promenade à pied ou à vélo. Afin de consolider sa transition écologique, le Département s’est doté d’une feuille de route globale alignée sur l’Agenda 2030 de l’Organisation des Nations unies, qui fixe des objectifs ambitieux pour la préservation de la biodiversité et la reconnexion des citadins avec la nature.
Cette ambition environnementale se traduit concrètement sur le terrain par l’agrandissement régulier du patrimoine vert départemental. Dans la continuité de l’inauguration du Parc de la Roseraie à Châtenay-Malabry à l’automne dernier, puis du parc Gauthier Mougin sur l’île Seguin à Boulogne-Billancourt en début d’année, la collectivité poursuit ses efforts de végétalisation. Les équipes techniques se concentrent actuellement sur les travaux d’extension du parc du Chemin de l’Île à Nanterre, réaffirmant la volonté de concilier cadre de vie, adaptation climatique et préservation de la santé.
parcs et jardins : stratégie contre le moustique tigre
Par Renaud Morelli
Publié le 30 mai 2026 à 09h02 – Temps de lecture : 4 minutes
