La 6e édition de la Semaine nationale des pensions de famille et résidences accueil se déroule du 25 au 31 mai 2026. Organisé à l’échelle nationale par un collectif majeur d’acteurs de la solidarité et du logement inclusif – comprenant notamment l’Unafo, la Fédération des acteurs de la solidarité, la Fapil, Soliha, la Fondation pour le Logement des défavorisés, Habitat & Humanisme, la Dihal et l’USH –, cet événement annuel mobilise des centaines de structures partout en France à travers des manifestations festives et fédérateurs. Dans le département des Bouches-du-Rhône, cette semaine de sensibilisation est relayée par plusieurs événements locaux mis en valeur sur la plateforme dédiée du dispositif, témoignant d’une forte dynamique territoriale autour de ce modèle de logement alternatif.
La pension de famille se définit techniquement comme une résidence sociale offrant un accueil sans condition de durée à des personnes en situation de grande exclusion. Ce public cible présente des fragilités sociales et psychologiques qui rendent particulièrement difficile, voire impossible, l’accès direct à un logement ordinaire. Pour y remédier, la structure propose un cadre de vie semi-collectif animé au quotidien par des hôtes. La présence constante de ces professionnels, directement financée par l’État, permet d’assurer un accompagnement collectif et adapté, facilitant la stabilisation des résidents. Ce dispositif s’inscrit pleinement au cœur de la politique nationale du « Logement d’abord ». La résidence accueil constitue quant à elle une déclinaison spécialisée de la pension de famille. Elle s’adresse spécifiquement à des personnes souffrant d’un trouble psychique stabilisé, dont l’état de santé est jugé compatible avec la vie sociale mais requiert un suivi médical et sanitaire renforcé. Son fonctionnement opérationnel repose donc sur des partenariats formalisés par des conventions avec les services d’accompagnement médico-social et les équipes sectorielles de psychiatrie. À l’échelle du pays, l’impact social de ces structures est massif, avec plus de 26 000 personnes logées dans ces dispositifs au début de l’année 2026.
Au 31 décembre 2025, le parc immobilier dédié à ce modèle dans les Bouches-du-Rhône représentait une capacité globale de 810 places, réparties au sein de 32 établissements distincts, parmi lesquels figurent 29 pensions de famille et 3 résidences accueil. L’analyse cartographique montre une concentration géographique marquée : la ville de Marseille regroupe à elle seule 19 structures, soit 59,4 % de la dotation départementale, tandis qu’Aix-en-Provence en totalise 6, soit 18,8 %. Le reste de la couverture territoriale se partage entre les secteurs d’Arles, La Ciotat, Vitrolles, Istres et La Bouilladisse, qui disposent chacun d’une à deux structures. Face à ce constat, les services de l’État soulignent la nécessité de poursuivre l’effort de maillage territorial, en ciblant prioritairement les bassins de vie situés hors de l’agglomération marseillaise, qui demeurent encore sous-dotés.
Sous l’impulsion de la Direction départementale de l’emploi, du travail et de la solidarité (DDETS), les Bouches-du-Rhône connaissent depuis 2023 un rythme de création de places sans précédent, mené en étroite collaboration avec les collectivités locales et les opérateurs du secteur. Depuis le lancement de cette dynamique, 197 places d’accueil ont été ouvertes, un résultat qui surpasse les objectifs initialement assignés au département dans le cadre du plan Logement d’abord. La feuille de route locale s’avère particulièrement ambitieuse, puisque près de 200 places supplémentaires sont programmées d’ici à la fin de l’année 2027, ce qui représente un rythme de production foncière quasiment deux fois supérieur à celui enregistré lors de la première mouture du plan national. Pour l’année 2026, deux ouvertures majeures d’établissements sont officiellement planifiées : d’une part la pension de la Maurelle, portée par l’opérateur Amli sur le territoire de Marseille, et d’autre part la pension Jean Moulin, dont la gestion sera assurée par Adoma à Port-de-Bouc.
Pour soutenir cet effort de construction, la circulaire de programmation des aides à la pierre pour l’année 2026 est venue réaffirmer le caractère prioritaire des pensions de famille. Au niveau national, l’enveloppe financière de 22 millions d’euros allouée à la bonification de ces opérations immobilières a été reconduite, correspondant à une aide de 3 245 € par logement créé. De plus, pour compenser la réalité économique des zones immobilières tendues, le forfait applicable au Prêt locatif aidé d’intégration (PLAI-adapté) en Provence-Alpes-Côte d’Azur a été aligné sur celui de l’Île-de-France, s’élevant à 9 450 € par place en structure, contre seulement 6 560 € pour les autres régions de France. L’intégration systématique des pensions de famille au sein des grandes opérations publiques d’aménagement urbain est désormais érigée en levier stratégique obligatoire, imposant une concertation technique étroite entre les services de la Dreal, de la DREETS, de la DDT et de la DDETS. À l’échelle locale, le succès opérationnel de ces projets repose sur une articulation de travail étroite avec les Établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) délégataires des aides à la pierre, au premier rang desquels figure la Métropole Aix-Marseille-Provence. L’engagement et la mobilisation des élus locaux autour de ces objectifs de production demeurent, en pratique, la clé déterminante pour surmonter les contraintes foncières et concrétiser l’ouverture de ces nouvelles structures d’accueil.

