Face à l’accroissement prévisible des risques durant la période estivale, l’État français déploie un dispositif de sécurité et de secours d’une ampleur exceptionnelle dans les vingt et un départements qui composent la zone de défense et de sécurité Sud. Cette mobilisation, qui s’étend du 1er juin au 30 septembre 2026, voit l’intégration de près de trois mille agents supplémentaires issus de la police nationale, de la gendarmerie, des armées et des services d’incendie. L’objectif de cette stratégie proactive est d’anticiper les crises potentielles, de protéger les populations locales et les flux de touristes, tout en garantissant une réponse immédiate face aux incendies de forêt ou aux accidents liés aux loisirs. Ces renforts saisonniers viennent épauler les effectifs déjà engagés de manière permanente sur le territoire, permettant une surveillance accrue des zones littorales, des massifs forestiers et des grands rassemblements culturels ou sportifs qui rythment la saison.
Au cœur de ce dispositif, la police nationale renforce significativement sa présence pour sécuriser des événements majeurs, tels que le sommet du G7, la Fête de la Musique, le 14 juillet ou encore le passage du Tour de France. Pour le seul encadrement du G7, plus de mille agents et des brigades canines spécialisées sont mobilisés. Au total, la direction zonale déploie huit cent quatre-vingts agents supplémentaires et deux unités de projection rapide pour maintenir l’ordre public. Les stations balnéaires ne sont pas oubliées, avec l’affectation d’une centaine de policiers issus de la sécurité publique et de la police judiciaire pour veiller sur les vacanciers. Parallèlement, la gendarmerie nationale déploie plus de neuf cents militaires pour renforcer cent trois unités territoriales et activer douze postes temporaires, incluant des patrouilles à cheval et l’expertise du peloton de gendarmerie de haute montagne dans les zones alpines et pyrénéennes.
La lutte contre les incendies de forêt constitue un pilier majeur de cette mobilisation avec l’opération Héphaïstos, qui engage les forces armées en soutien aux pompiers depuis plus de quarante ans. En 2026, ce sont cent soixante militaires, équipés de cinquante véhicules spécialisés et de trois hélicoptères, qui sont répartis dans la zone sud pour créer des pare-feu et des pistes d’accès grâce à des engins de génie civil. Ce dispositif est complété par des détachements d’intervention héliportés et des sections militaires de renfort en alerte permanente, notamment en Corse. De plus, environ trois cents militaires de l’opération Sentinelle assurent la surveillance des grands festivals, des sommets diplomatiques et des zones frontalières avec l’Espagne et l’Italie.
Les services d’incendie et de secours constituent le contingent le plus massif avec quarante-cinq mille sapeurs-pompiers mobilisés, dont dix mille professionnels et trente-cinq mille volontaires. Leur action se concentre sur la lutte contre le feu mais aussi sur l’augmentation des interventions quotidiennes liées aux pratiques à risques comme la randonnée, l’escalade ou les activités nautiques. La protection de la forêt bénéficie d’une coordination étroite avec Météo-France pour la prévision des dangers et avec l’Office National des Forêts. La mission de défense des forêts contre les incendies représente à elle seule la mobilisation quotidienne de plus de vingt mille hommes, pour un investissement financier dépassant les onze millions d’euros. De nombreux acteurs locaux, tels que les comités communaux feux de forêt et les associations de chasseurs, participent également à cette veille permanente.
La réussite de ces opérations repose sur une coordination zonale renforcée par l’état-major interministériel de zone, basé à Marseille. Son centre opérationnel passe en mode renforcé avec l’ajout de cadres spécialisés, de prévisionnistes météo et de personnels dédiés à la gestion des flux routiers. Cette montée en puissance permet d’évaluer chaque jour le niveau de risque et de décider du prépositionnement des moyens aériens nationaux, tels que les Canadairs ou les hélicoptères lourds. Durant les week-ends de forte affluence sur les autoroutes, une cellule routière spécifique est activée pour coordonner les déviations et prévenir les perturbations majeures. En Corse, un centre de coordination avancé est spécifiquement mis en place pour gérer les moyens aériens et terrestres engagés sur l’île.
Dans le département des Bouches-du-Rhône, un effort particulier est consenti pour sécuriser le littoral marseillais et ciotaden entre la fin du mois de mai et la fin du mois d’août. Près de cent cinquante policiers sont mobilisés quotidiennement sur les plages, avec le renfort notable de compagnies républicaines de sécurité et d’unités motocyclistes. Le dispositif inclut des maîtres-nageurs-sauveteurs déployés dans des zones sensibles comme la calanque de Sormiou ou les plages de La Ciotat et des Catalans. Des unités spécialisées, telles que la brigade nautique, la brigade équestre et le service de sécurisation des transports en commun, complètent cette surveillance. En complément de la sécurité pure, le centre de loisirs jeunes de la police nationale propose des activités de prévention et de rapprochement avec la population sur les sites du Prophète et de Corbière.
La gendarmerie renforce également ses secteurs les plus fréquentés dans les Bouches-du-Rhône, notamment à Cassis, à Carry-le-Rouet, aux Saintes-Maries-de-la-Mer ou encore aux Baux-de-Provence. Entre la fin juin et la fin août, trente réservistes forment quotidiennement des patrouilles d’appui, tandis que quarante-neuf militaires arment des postes provisoires dans les massifs de la Sainte-Victoire et les Alpilles. Une curiosité notable de cette saison est la présence d’un cavalier portugais en renfort durant le mois de juillet. Le préfet Jacques Witkowski rappelle toutefois que, malgré ce déploiement massif de forces de l’ordre et de secours, la sécurité collective dépend avant tout de la prudence de chacun, qu’il s’agisse de prévenir les noyades ou d’éviter tout comportement pouvant déclencher un incendie dévastateur.

