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Narcotrafic à Saint-Paul-de-Vence : une erreur de livraison fait tomber un vaste trafic de drogues de synthèse

Par Sacha Caron
Publié le 3 juillet 2026 à 16h25 – Temps de lecture : 3 minutes

Le décor semblait pourtant paisible. Niché dans le célèbre village touristique de Saint-Paul-de-Vence, un réseau de trafiquants prospérait à l’abri des regards. Pendant des mois, cette équipe a fourni le milieu des free-party en drogues de synthèse. Finalement, la compagnie de gendarmerie de Grasse a mis un coup d’arrêt à son activité.

Tout part d’un hasard presque improbable. En mars dernier, des particuliers reçoivent par erreur un colis destiné aux trafiquants. À l’intérieur, dissimulés dans des sacs de croquettes pour animaux, se cachent 10 kg de kétamine. Aussitôt alertés, les gendarmes ouvrent une enquête. Cette découverte fortuite va tout faire basculer.

En quelques mois, les enquêteurs remontent patiemment la filière. Ainsi, ils parviennent à identifier l’ensemble d’une organisation bien structurée. Ce réseau, en lien avec un fabricant installé aux Pays-Bas, alimentait plusieurs communes. D’après les gendarmes, son activité inondait notamment Vence, Cagnes-sur-Mer et Nice.

Le mardi 30 juin, la Brigade de recherches de Grasse passe à l’action. Ce jour-là, les militaires perquisitionnent plusieurs domiciles à la fois. Saint-Paul-de-Vence, mais aussi Nice, La Colle-sur-Loup et Levens sont concernés. Au total, les forces de l’ordre interpellent quatre personnes.

Le butin découvert donne le vertige. Sur place, les gendarmes saisissent une véritable pharmacie clandestine. On y trouve 10 kg de kétamine, 6,3 kg de 4-MMC, un kilo de cocaïne rose, ainsi que 180 g de MDMA et 280 pilules d’ecstasy. De petites quantités de cocaïne et de cannabis complètent le tableau. Au total, cette marchandise représenterait entre 700 000 et 900 000 euros à la revente.

L’enquête ne s’arrête toutefois pas aux stupéfiants. En effet, les militaires mettent aussi la main sur trois véhicules, dont une Mercedes et une Audi. Deux armes de collection rejoignent également les scellés. Par ailleurs, les enquêteurs retrouvent aussi de l’argent liquide et des pièces d’or, d’une valeur de 25 800 euros. Enfin, la justice gèle les comptes bancaires des suspects, crédités de plus de 100 000 euros.

Le profil des chefs présumés surprend particulièrement les enquêteurs. Selon le commandant Mathieu Jarnigon, ces hommes n’ont rien de narcotrafiquants ordinaires. L’un, ambulancier, est de nationalité belge. L’autre, un ressortissant allemand, vivait justement à Saint-Paul-de-Vence. Là, il travaillait dans la galerie d’art de sa mère, artiste-peintre.

Ce cadre discret servait manifestement leurs affaires. D’après le gradé, le village « passe sous les radars » grâce à son image touristique. Les deux hommes s’adonnaient pourtant à ce trafic ensemble depuis au moins deux ans. Chacun, de son côté, était déjà actif depuis plusieurs années.

Désormais, la justice prend le relais. Les deux principaux suspects ont été déférés ce vendredi devant le parquet de Grasse, en vue d’une comparution immédiate. Une troisième personne, française, comparaîtra en septembre. Quant au dernier mis en cause, installé à Nice, il fait l’objet d’une convocation en reconnaissance préalable de culpabilité.

L’affaire pourrait encore rebondir. Perquisitionné à son tour, le domicile de la mère de l’Allemand a livré des stupéfiants en grande quantité. Convoquée devant le tribunal en septembre, elle devra répondre de plusieurs infractions, dont le blanchiment et l’association de malfaiteurs.