Le Conseil de Paris a consacré un débat à la santé lors de sa séance de juillet, réunie du 15 au 18 juillet 2026 à l’Hôtel de Ville. Étalée sur quatre jours, cette session a réuni les conseillers de Paris autour d’un ordre du jour dense. Le 16 juillet, les élus ont examiné les moyens de renforcer l’accès aux soins de premier recours dans la capitale, dans un contexte marqué par les inégalités d’accès à un médecin de proximité.
Ce débat s’est articulé autour de six leviers présentés par la municipalité : développer les centres de santé, attirer de nouveaux médecins, améliorer l’orientation des patients, renforcer la prévention, soutenir la santé mentale et consolider les liens avec l’hôpital. L’objectif affiché est de mieux répondre aux besoins des habitants tout en réduisant les écarts entre les territoires.
Pour cela, la Ville de Paris s’appuie sur un réseau déjà étoffé d’équipements municipaux. Une vingtaine de structures de santé sont gérées par la collectivité : centres de santé, centres dentaires, centres médico-sociaux, centres de vaccination, centres de dépistage des infections sexuellement transmissibles et du VIH, ou encore dispositifs de lutte contre la tuberculose. Ces services s’adressent à tous les publics, y compris les plus éloignés du système de soins.
Ces équipements, regroupés depuis avril 2022 au sein d’un service dédié à l’accès aux soins, mobilisent quotidiennement quelque 300 agents. Ils constituent le socle sur lequel la municipalité entend bâtir le renforcement de son offre de proximité, avec l’ambition de mieux articuler prévention, dépistage et prise en charge.
Le projet stratégique 2024-2026 de ce service prévoit une augmentation de 30 % de l’offre municipale de prévention et de soins primaires. Il fixe cinq grandes orientations : intégrer les parcours de soins, promouvoir une approche communautaire ancrée dans les quartiers, renforcer certaines pratiques, accroître l’offre accessible à tous et améliorer l’attractivité du service auprès des professionnels de santé.
La collectivité veut aussi concentrer ses efforts sur cinq domaines jugés prioritaires : la santé mentale, la lutte contre le cancer, les violences sexuelles, la santé sexuelle et la santé des personnes âgées ou atteintes de plusieurs pathologies. Ces axes structurent l’activité des équipements municipaux, du dépistage à l’accompagnement des publics les plus fragiles.
Pour accompagner cette dynamique, la Ville soutient la création, la modernisation et la restructuration de centres de santé et de maisons de santé, notamment par le biais d’un fonds dédié. L’enjeu est d’implanter ou de conforter des structures là où l’offre médicale se fait plus rare et où la demande de soins reste forte.
L’ensemble de la démarche s’inscrit dans un objectif plus large de lutte contre les inégalités de santé, qui restent marquées d’un quartier à l’autre. La municipalité met en avant une action de proximité, au plus près des habitants et de leurs conditions de vie. Le sujet dépasse toutefois le cadre municipal : l’accès à un médecin de premier recours relève aussi de l’État et de l’Assurance maladie, et la Ville rappelle régulièrement les limites de ses compétences en matière de santé. Le débat du 16 juillet visait précisément à préciser les marges d’action dont dispose la collectivité et les partenariats qu’elle peut nouer, à l’échelle des quartiers comme de l’ensemble de la capitale.
La séance de juillet a par ailleurs été marquée par un hommage aux victimes de l’attentat de Nice du 14 juillet 2016 et par la restitution des travaux d’une convention citoyenne consacrée à la protection et aux temps de l’enfant à l’école. Le vote du budget supplémentaire de la collectivité figurait également à l’ordre du jour de ces journées, autant de dossiers qui illustrent l’étendue des compétences exercées par la Ville de Paris.
Santé : Paris veut renforcer l’accès aux soins
Par Marc Blanc
Publié le 23 juillet 2026 à 15h16 – Temps de lecture : 4 minutes
