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Le prix repère du gaz augmente de 5,6 % au 1er septembre

Mains posées sur un radiateur de chauffage, hausse du prix repère
Par Renaud Morelli
Publié le 17 août 2026 à 10h00 – Temps de lecture : 5 minutes

Les ménages chauffés au gaz vont voir leur facture repartir à la hausse dès la rentrée. La Commission de régulation de l’énergie a publié le 10 août dernier son prix repère de vente de gaz naturel pour le mois de septembre. Il s’établira à 172,05 euros toutes taxes comprises le mégawattheure, contre 162,89 euros en août. La progression atteint 5,6 pour cent d’un mois sur l’autre. Le portail Service Public a relayé cette annonce ce jeudi 13 août, à deux semaines de l’échéance.

Cette remontée s’explique d’abord par le marché de gros. Les prix du gaz y ont augmenté ces dernières semaines, dans un contexte de tensions persistantes liées au conflit au Moyen-Orient. Le gaz importé se négocie sur des marchés mondiaux très sensibles aux risques géopolitiques, et la France, qui ne produit pratiquement pas de gaz naturel, subit directement ces variations. Un simple doute sur une route d’approvisionnement suffit à faire bouger les cours, bien avant que la molécule n’arrive dans les réseaux.

La trajectoire des derniers mois avait déjà été heurtée. En juillet, le prix repère avait bondi de 7,4 pour cent, soit environ 2,70 euros de plus sur une facture mensuelle moyenne. Le mois d’août avait ensuite apporté une accalmie très modeste, avec un recul de 0,8 pour cent. La hausse de septembre efface donc largement ce répit. Elle tombe au moment où les foyers commencent à rallumer le chauffage, période durant laquelle la consommation de gaz s’envole.

Encore faut-il comprendre ce que recouvre exactement ce prix repère. Il ne s’agit pas d’un tarif imposé aux fournisseurs. Les tarifs réglementés de vente du gaz ont pris fin le 30 juin 2023, et rien ne les a remplacés. Depuis, la Commission de régulation de l’énergie publie chaque mois un indicateur qui estime le coût moyen supporté par un fournisseur pour livrer du gaz à un client résidentiel. Autrement dit, ce chiffre donne une idée du niveau auquel se situeraient les anciens tarifs réglementés s’ils avaient été maintenus.

Ce repère se décompose en trois blocs. La fourniture couvre l’achat de la molécule et les coûts liés à cette activité commerciale. L’acheminement correspond aux tarifs des réseaux de transport et de distribution ainsi qu’au stockage. Les taxes forment le troisième étage, avec la TVA, l’accise sur le gaz naturel et la contribution tarifaire d’acheminement, dont les niveaux relèvent de décisions de l’État. Sur une facture, seule la première part varie réellement au gré des marchés, ce qui explique qu’une flambée des cours ne se traduise jamais mécaniquement par une hausse équivalente du prix payé.

Pour les consommateurs, l’indicateur sert avant tout de boussole. La Commission de régulation de l’énergie rappelle que les fournisseurs construisent désormais librement leurs offres, en fonction de leurs conditions d’approvisionnement, de leurs choix commerciaux et des contrats qu’ils proposent. Une partie des offres du marché reste toutefois indexée sur le prix repère, si bien que la hausse de septembre se répercutera automatiquement sur ces contrats. Les autres formules, à prix fixe notamment, ne bougeront pas dans l’immédiat. Comparer devient donc indispensable, faute d’un tarif de référence unique.

Le régulateur insiste aussi sur les obligations des fournisseurs. Chacun d’eux doit un devoir d’information et de conseil à son client, et se trouve tenu de lui proposer l’offre la mieux adaptée à ses besoins. Dans les faits, cette exigence se heurte à la complexité des grilles tarifaires, où se mêlent abonnements, prix du kilowattheure et durées d’engagement variables. Un abonnement mal calibré peut peser plus lourd qu’un écart de quelques euros sur le mégawattheure.

Plusieurs outils publics existent pour s’y retrouver. Le médiateur national de l’énergie met à disposition un comparateur indépendant d’offres d’électricité et de gaz, qui permet de simuler une facture annuelle à partir de sa consommation réelle. Cette autorité publique indépendante peut également être jointe au 0 800 112 212, un numéro vert gratuit. Elle renseigne sur les droits des consommateurs et intervient en cas de litige avec un fournisseur ou un gestionnaire de réseau, notamment lorsqu’une facture de régularisation paraît disproportionnée.

La prudence reste de mise pour la suite de l’automne. Le prix repère change tous les mois et suit les cours de gros avec un décalage de quelques semaines. Personne ne peut donc garantir que la hausse de septembre marquera un plafond. Les ménages qui souhaitent sécuriser leur budget disposent de deux leviers classiques, le choix d’une offre à prix fixe et la maîtrise de la consommation, à commencer par le réglage du chauffage et l’entretien annuel de la chaudière. Ce dernier reste obligatoire et améliore le rendement de l’appareil, ce qui se lit directement sur la facture.