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La mortalité routière recule en juillet mais les blessés graves augmentent

Triangle de signalisation sur une route illustrant la mortalité routière
Par Marie Aschehoug-Clauteaux
Publié le 21 août 2026 à 09h00 – Temps de lecture : 5 minutes

Le bilan de l’accidentalité routière du mois de juillet 2026, publié ce vendredi 14 août, envoie deux signaux contradictoires. D’un côté, la mortalité routière recule nettement. De l’autre, celui des blessés graves continue de progresser. Selon les estimations de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière, 327 personnes sont mortes en juillet 2026 sur les routes de France, contre 363 en juillet 2025. Cela représente 36 vies épargnées, soit une baisse de 10 %.

En métropole, la tendance est la même, avec une ampleur un peu moindre. Les routes y ont fait 310 morts en juillet 2026, contre 334 un an plus tôt, soit 24 tués de moins et un recul de 7 %. Ce résultat compte d’autant plus que juillet concentre chaque année une part importante du trafic annuel, entre départs en vacances, trajets de loisir et circulation touristique. Les mois d’été figurent d’ailleurs traditionnellement parmi les plus meurtriers du calendrier routier.

Le détail par catégorie d’usagers montre que la baisse profite d’abord aux plus vulnérables. La mortalité des piétons chute fortement, avec 26 tués, soit quatorze de moins qu’en juillet 2025. Les automobilistes restent de loin la catégorie la plus touchée en valeur absolue, avec 140 morts, mais ce chiffre s’améliore lui aussi de dix unités. Les cyclistes comptent 26 tués, cinq de moins qu’un an plus tôt. Les utilisateurs d’engins de déplacement personnel motorisés, qui regroupent notamment les trottinettes électriques, les gyropodes et les hoverboards, en dénombrent sept, également cinq de moins.

La lecture par âge complète ce tableau. La mortalité routière diminue chez les 25 à 64 ans, avec 158 tués et seize décès de moins. Elle recule également chez les 18 à 24 ans, avec 53 tués et huit de moins. Le mouvement le plus encourageant concerne cependant les mineurs, puisque treize personnes de moins de dix-huit ans ont perdu la vie sur la route en juillet, contre vingt un an plus tôt.

La géographie de ces drames reste en revanche remarquablement stable. La mortalité routière demeure à un niveau élevé hors agglomération, avec 209 tués sur le seul mois de juillet. Les routes départementales et les axes secondaires concentrent ainsi l’essentiel du bilan, ce qui s’explique par des vitesses pratiquées plus fortes, l’absence de séparateur central et des délais de secours généralement plus longs qu’en ville. En agglomération, on compte 85 morts, soit quatorze de moins. Sur les autoroutes, le total tombe à seize tués, huit de moins qu’en juillet 2025.

C’est du côté des blessés que le bilan se dégrade. Les forces de l’ordre ont recensé 1 751 personnes gravement blessées en métropole en juillet 2026, soit une hausse de 3 % sur un an. Cette augmentation touche toutes les catégories d’usagers sans exception. Elle atteint 14 % chez les piétons, 9 % chez les utilisateurs d’engins de déplacement personnel motorisés, 3 % chez les automobilistes et 2 % chez les usagers de deux-roues motorisés. Le nombre d’accidents corporels progresse dans les mêmes proportions, avec 4 793 accidents enregistrés, en hausse de 3 %. Autrement dit, il y a eu davantage de chocs, mais des chocs un peu moins souvent mortels.

Outre-mer, l’évolution est favorable sur les deux tableaux à la fois, avec une diminution simultanée du nombre de personnes tuées et du nombre de blessés. Les territoires ultramarins totalisent dix-sept décès sur le mois, soit l’écart entre le bilan national et le bilan métropolitain.

Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur chargée de la Citoyenneté, a salué ce recul tout en refusant de s’en satisfaire. Elle rappelle que derrière chaque chiffre se trouvent des familles endeuillées, et que le bilan cumulé depuis le début de l’année reste beaucoup trop lourd. La ministre annonce par ailleurs une mobilisation maintenue à l’approche des grands retours de vacances, aux côtés des forces de l’ordre, des services de l’État et des opérateurs routiers. Elle insiste enfin sur la part qui revient à chaque conducteur, en citant le respect des limitations de vitesse, l’abandon du téléphone au volant, la pause dès les premiers signes de fatigue et le refus de conduire après avoir consommé de l’alcool, des stupéfiants ou du protoxyde d’azote.

Ces messages prennent un relief particulier en cette fin de mois d’août, période où des millions d’automobilistes reprennent la route en même temps. Les données détaillées, réseau par réseau et catégorie par catégorie, figurent dans le baromètre mensuel de l’Observatoire. Pour les usagers, la leçon du mois de juillet tient en une nuance. Moins de morts ne signifie pas moins d’accidents, et la hausse des blessés graves rappelle que le risque, lui, n’a pas reculé.