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La Métropole ouvre son comité de la mobilité aux habitants

Des voyageurs montent dans un car, la mobilité au coeur de la Métropole
Par Anais Malise
Publié le 24 août 2026 à 11h48 – Temps de lecture : 4 minutes

La Métropole Aix-Marseille-Provence invite ses habitants à prendre part aux décisions qui façonnent les transports du territoire. Depuis la mi-août 2026, elle a lancé un appel à candidatures pour constituer un collège citoyen au sein de son Comité des partenaires. Cette instance consultative éclaire les grandes orientations en matière de mobilité et de déplacements. Jusqu’ici réservée aux institutions, aux syndicats, aux employeurs et aux associations, elle s’ouvre désormais à celles et ceux qui empruntent chaque jour bus, trains, routes et pistes cyclables.

Cette évolution n’est pas anodine. Le Conseil métropolitain l’a adoptée le 24 juin 2026, actant la volonté d’associer plus étroitement les usagers aux choix qui les concernent. Le principe est simple. Ceux qui vivent la mobilité au quotidien connaissent mieux que quiconque ses réussites et ses points faibles. En leur donnant voix au chapitre, la Métropole entend nourrir sa réflexion de l’expérience concrète du terrain.

Le Comité des partenaires n’a rien d’une nouveauté. Il découle de la loi d’orientation des mobilités, adoptée en 2019, qui impose à chaque autorité organisatrice des transports de réunir régulièrement les acteurs concernés. Concrètement, cette instance est consultée avant plusieurs décisions importantes. Elle donne son avis sur les évolutions majeures de l’offre de transport, sur la politique tarifaire, sur les documents de planification et sur les grands projets d’infrastructure. Elle participe aussi à l’évaluation de la politique menée par la collectivité. Son rôle reste consultatif, mais il pèse en amont des arbitrages.

Pour renforcer cette dimension participative, la Métropole crée donc un collège de six habitants. Chacun représentera l’un des six bassins de mobilité qui structurent le territoire, de l’étang de Berre au pays d’Aubagne, en passant par Marseille, Aix, Salon ou Martigues. Ce découpage garantit que chaque secteur, urbain comme plus rural, dispose d’un porte-parole. Les candidats intéressés remplissent un questionnaire en ligne. Parmi les dossiers recevables, six représentants seront ensuite désignés par tirage au sort. Ce mode de sélection écarte tout entre-soi et ouvre la porte à des profils variés.

L’engagement demandé reste mesuré. Le Comité se réunit au minimum une fois par semestre, en présentiel ou en visioconférence selon les circonstances. Des séances supplémentaires peuvent s’ajouter lorsque l’actualité l’exige. Pour un habitant, siéger dans cette instance offre l’occasion de faire remonter les besoins de son bassin de vie, de signaler une ligne saturée ou une desserte insuffisante, et de contribuer aux échanges sur l’avenir des transports. C’est une manière directe de peser sur des sujets qui touchent le portefeuille, le temps de trajet et la qualité de vie.

La composition du Comité illustre la diversité des points de vue réunis autour de la table. L’instance rassemble soixante-douze membres, présidés par le président de la Métropole. Trois d’entre eux représentent les institutions métropolitaines et cinq les organisations syndicales de salariés. Le monde économique occupe une place importante avec trente-six sièges attribués aux employeurs. Les associations d’habitants et d’usagers comptent vingt et un représentants. Les six citoyens tirés au sort complètent désormais cet ensemble. Cette architecture cherche l’équilibre entre les logiques économiques, sociales et citoyennes.

Le calendrier est déjà lancé. Les habitants qui souhaitent se porter candidats peuvent dès à présent déposer leur dossier en ligne, avant le tirage au sort qui désignera les futurs membres. La démarche s’adresse à toute personne motivée, sans qu’aucune compétence technique particulière ne soit exigée. La seule condition tient à la volonté de s’investir et à l’attachement à son territoire. Les personnes intéressées trouvent le formulaire sur la page dédiée de la Métropole.

Au-delà du seul cas de la mobilité, cette ouverture témoigne d’une tendance de fond. Les collectivités cherchent à rapprocher la décision publique des citoyens, en particulier sur des enjeux du quotidien. Dans un territoire aussi vaste et contrasté que la métropole marseillaise, où les habitudes de déplacement varient fortement d’un bassin à l’autre, cette écoute directe peut aider à construire des réponses mieux adaptées. Pour les habitants, l’occasion est concrète de transformer un trajet subi en une parole utile.