Le mode de calcul du diagnostic de performance énergétique va de nouveau changer. À compter du 1er janvier 2027, la valeur appliquée à l’électricité pour convertir l’énergie finale en énergie primaire passera de 1,9 à 1,7. Un arrêté du 19 août 2026, publié au Journal officiel, acte cette baisse. Le ministère chargé du logement a détaillé la mesure ce lundi 31 août, avant que l’administration ne la relaie auprès des particuliers ce mardi 1er septembre. Derrière un paramètre technique se cache une conséquence très concrète pour des centaines de milliers de propriétaires.
Ce facteur de conversion mérite une explication. L’énergie finale correspond à ce que le compteur du logement enregistre réellement. L’énergie primaire, elle, intègre ce qu’il a fallu produire et acheminer en amont pour livrer ce kilowattheure au domicile. Jusqu’ici, le calcul du diagnostic multipliait donc par 1,9 chaque kilowattheure d’électricité consommé, alors que le gaz et le fioul restaient comptés à leur valeur brute. Ce coefficient pénalisait mécaniquement les logements chauffés à l’électricité. En abaissant le multiplicateur à 1,7, le gouvernement resserre cet écart et met en avant le caractère décarboné du mix électrique français, décarboné à 95 % selon le ministère.
Toutes les habitations utilisent de l’électricité, ne serait-ce que pour l’éclairage. La révision profitera cependant surtout à celles qui y recourent pour des usages lourds, à savoir le chauffage, la climatisation ou la production d’eau chaude sanitaire. Dans ces logements, l’étiquette énergétique pourra gagner une classe, voire deux dans de rares cas, essentiellement de petites surfaces. Certains biens sortiront ainsi du statut de passoire énergétique, qui regroupe les classes F et G. L’amélioration ne sera toutefois pas systématique, car elle dépend du poste de consommation dominant et du niveau d’isolation. En revanche, aucun logement ne verra son classement se dégrader à cause de ce changement.
L’enjeu se joue sur le marché locatif. Depuis le 1er janvier 2025, les logements de France métropolitaine classés G ne peuvent plus être proposés à la location. Cette interdiction s’étendra aux logements classés F le 1er janvier 2028, puis aux logements classés E le 1er janvier 2034. Un gain d’une seule classe peut dès lors décider du maintien ou de la sortie d’un bien du parc locatif. Pour un propriétaire dont le studio chauffé à l’électricité affiche aujourd’hui un F, le passage à E repousse l’échéance de six ans. À l’inverse, un logement mal isolé chauffé au gaz ne bougera pas.
La mesure ne tombe pas du ciel. Elle s’inscrit dans le plan Électrification des usages, présenté par le gouvernement le 23 avril 2026, et prolonge une première révision entrée en vigueur au 1er janvier 2026. La logique assumée consiste à ne plus décourager le remplacement d’une chaudière au gaz ou au fioul par une pompe à chaleur. Auparavant, un propriétaire pouvait installer un équipement électrique performant et constater malgré tout une note de diagnostic peu améliorée, du fait du coefficient appliqué. Cette incohérence freinait certains projets de rénovation. Désormais, l’arbitrage entre équipement et isolation redevient plus lisible.
Les propriétaires n’ont pas à refaire un diagnostic pour bénéficier de la nouvelle règle. Les diagnostics établis à partir du 1er janvier 2027 intégreront automatiquement la valeur de 1,7. Ceux déjà réalisés conservent leur validité de dix ans. Lorsque le nouveau calcul améliore le classement, l’occupant ou le propriétaire pourra télécharger gratuitement une attestation de changement d’étiquette sur le site de l’Observatoire DPE-Audit de l’Agence de la transition écologique. Aucune nouvelle visite de diagnostiqueur ne sera nécessaire, ce qui évite une dépense de plusieurs centaines d’euros. La même possibilité vaut pour les audits énergétiques concernés.
Il reste prudent de vérifier sa situation avant de s’engager. Un propriétaire qui prépare une mise en location ou une vente en 2027 gagnera à attendre janvier pour éditer son diagnostic, plutôt que de le faire établir en décembre sous l’ancienne règle. Celui qui envisage des travaux évitera en revanche de tout miser sur le seul effet du nouveau coefficient, car l’isolation reste déterminante pour le confort d’été comme pour la facture. L’administration a mis en ligne une foire aux questions dédiée à cette évolution, qui précise les cas particuliers et les conséquences sur les projets de rénovation en cours.
Pour mémoire, le diagnostic de performance énergétique renseigne sur la performance énergétique et climatique d’un logement, avec des étiquettes allant de A pour les biens très économes à G pour les plus énergivores. Il accompagne obligatoirement une vente comme une mise en location. En quatre ans, ce document est passé du statut d’information indicative à celui de véritable pièce maîtresse des transactions immobilières. Chaque ajustement de son mode de calcul déplace donc des dizaines de milliers de logements d’une catégorie à l’autre, et avec eux la valeur et l’usage que leurs propriétaires peuvent en attendre.

