La Métropole Aix-Marseille-Provence a refermé la saison estivale de la Garde régionale forestière, au terme d’un été à haut risque pour les espaces naturels du territoire. La cérémonie de clôture s’est tenue à la ferme de Beaurecueil, au pied de la Sainte-Victoire. Aux côtés de la Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’institution avait mobilisé d’importants moyens humains pour prévenir les départs de feu et sensibiliser les visiteurs à la protection des massifs. Alors que les Bouches-du-Rhône ont connu vingt-et-un jours de vigilance orange canicule, cette présence de terrain a joué un rôle déterminant.
Concrètement, quatorze jeunes gardes régionaux forestiers sont venus renforcer les équipes métropolitaines tout au long de l’été. Dix d’entre eux étaient affectés au Grand Site Concors Sainte-Victoire, l’un des massifs les plus fréquentés et les plus exposés du département. Leur mission consistait d’abord à patrouiller et à aller au contact du public. En effet, une part importante des feux de forêt trouve son origine dans un geste imprudent, un mégot mal éteint ou un barbecue allumé au mauvais endroit. La pédagogie sur le terrain reste donc l’un des leviers les plus efficaces de la prévention.
Sur le Grand Site, ces renforts sont venus s’ajouter à huit gardes nature municipaux qui assurent une présence quotidienne. Ensemble, les gardes régionaux forestiers ont mené deux cent cinquante-deux patrouilles sur les parkings et les sentiers. Chaque mois, ils sont ainsi allés à la rencontre d’environ cinq cents personnes. Les échanges portaient sur les règles d’accès aux massifs, les consignes de sécurité et les bons réflexes à adopter en cas de risque élevé. Cette approche directe permet de toucher aussi bien les habitants que les touristes de passage, souvent moins avertis des dangers de l’été provençal.
Pour Arnaud Mercier, président du Grand Site Concors Sainte-Victoire, la protection des massifs repose avant tout sur l’humain et sur l’action collective. Il souligne que les gardes nature métropolitains se tiennent en première ligne, aux côtés d’autres acteurs essentiels comme les gardes régionaux forestiers, pour prévenir les risques au plus près du terrain. Cette complémentarité entre agents municipaux, dispositifs métropolitains et soutien régional structure aujourd’hui toute la stratégie de surveillance estivale.
La mobilisation s’est encore intensifiée lors des journées de fermeture des massifs. Ces fermetures interviennent lorsque la combinaison de la sécheresse, de la chaleur et du vent porte le danger d’incendie à son niveau le plus élevé. Au 21 août, le massif de la Sainte-Victoire avait déjà connu dix-sept jours classés en rouge, contre onze pour le Concors. Lors de ces épisodes, les gardes ont renforcé leur présence aux entrées des massifs, sur les parkings et le long des sentiers. Leur rôle était alors d’informer les promeneurs et de veiller au respect des restrictions d’accès, une consigne parfois mal comprise mais vitale pour la sécurité de tous.
Par ailleurs, la Métropole a élargi depuis l’an dernier le champ d’action de la Garde régionale forestière à d’autres espaces naturels qu’elle gère. Le dispositif s’est ainsi déployé sur les étangs de Saint-Blaise et la forêt de Castillon, ainsi que sur le domaine de la Font de Mai, à Aubagne. Cette extension traduit une volonté de ne plus concentrer les moyens sur les seuls sites emblématiques. En effet, les espaces naturels plus discrets subissent eux aussi une pression croissante des visiteurs et méritent la même vigilance.
La cérémonie de Beaurecueil a permis de remercier les jeunes gardes pour leur engagement durant la saison et de saluer l’appui de la Région Sud. Au-delà du bilan chiffré, cette clôture rappelle une réalité désormais bien installée sur le territoire. Face au réchauffement climatique et à l’allongement des périodes à risque, la protection des massifs ne peut plus reposer sur les seuls services de secours. Elle engage aussi les collectivités, les gardes de terrain et, tout autant, chaque promeneur qui adapte son comportement. C’est à ce prix que la Sainte-Victoire et les autres massifs métropolitains traverseront les étés à venir sans nouvelle catastrophe.

