Le dimanche 27 septembre 2026, un peu moins de la moitié du Sénat va changer de visage. Les grands électeurs désigneront ce jour-là 178 des 348 sénateurs, ceux que l’on regroupe sous le nom de série 2. Le ministère de l’Intérieur a mis en ligne ce mercredi 16 septembre la liste des candidats déclarés dans les départements concernés. Ils sont 1 681 à se présenter. Ce décompte a été arrêté le 11 septembre à 18h et reste provisoire, puisque les dernières candidatures enregistrées dans les territoires ultramarins peuvent encore le faire évoluer.
Le périmètre du scrutin obéit à une logique alphabétique héritée du découpage en séries. Sont appelés aux urnes les départements allant de l’Ain à l’Indre, puis ceux du Bas-Rhin au Territoire de Belfort, à l’exception de toute la région Île-de-France. Les grands électeurs franciliens ne voteront donc pas cette année, leurs sénateurs relevant de la série 1, renouvelée en 2023. Outre-mer, la Guyane, les îles Wallis et Futuna, Saint-Barthélemy, Saint-Martin et la Polynésie française participent également au scrutin. Enfin, la moitié des sièges réservés aux Français établis hors de France, soit six mandats, se joue le même jour.
La participation des candidats recule légèrement. Avec 1 681 déclarations, la série 2 compte 189 prétendants de moins qu’en 2020, lors de son précédent renouvellement. La part des femmes, elle, se rapproche de la parité, puisque 776 candidates figurent parmi ces 1 681 noms, soit 46,16 %. Ce niveau s’explique en partie par une règle propre au scrutin sénatorial, qui impose que le candidat et son suppléant soient de sexe opposé. L’âge moyen des candidats atteint 54 ans et 11 mois, un chiffre qui rappelle que la chambre haute recrute plus volontiers parmi les élus déjà installés dans la vie locale.
Car les sénateurs ne sont pas élus directement par les citoyens. Ils le sont au suffrage universel indirect, par un collège électoral propre à chaque département et composé pour l’essentiel d’élus locaux. En juin 2026, ce collège réunissait environ 93 500 grands électeurs. Les délégués des conseils municipaux en représentent à eux seuls 95 %. S’y ajoutent les sénateurs et les députés, les conseillers régionaux élus dans le département, les conseillers départementaux ou les conseillers des collectivités à statut particulier, ainsi que les membres des assemblées territoriales de Saint-Barthélemy, de Saint-Martin, de Guyane, de Wallis-et-Futuna et de Polynésie française. Autrement dit, le Sénat tire sa légitimité des communes, ce qui explique son rôle traditionnel de porte-voix des territoires.
Le mode de scrutin, lui, varie selon le poids démographique du département. Là où un ou deux sièges seulement sont à pourvoir, l’élection se joue au scrutin majoritaire à deux tours, les deux tours ayant lieu le même jour. Pour l’emporter d’emblée, un candidat doit réunir la majorité absolue des suffrages exprimés et un nombre de voix au moins égal au quart des électeurs inscrits. À défaut, la majorité relative suffit au second tour. Dans les départements qui élisent trois sénateurs ou plus, le scrutin devient proportionnel, à un seul tour, avec répartition des sièges à la plus forte moyenne. Les listes comptent alors autant de noms que de sièges à pourvoir, plus deux, et alternent obligatoirement un candidat de chaque sexe.
Ce système produit des équilibres politiques plus stables que ceux de l’Assemblée nationale. Chaque sénateur est élu pour six ans, et la chambre se renouvelle par moitié tous les trois ans, ce qui amortit les basculements d’opinion. Le nombre de sièges attribués à un département dépend de sa population, un critère qui donne du poids aux zones rurales tout en tenant compte des grandes agglomérations. Dès lors, le scrutin du 27 septembre se prépare surtout dans les conseils municipaux, où se nouent les alliances et se mesurent les fidélités.
Pour les électeurs comme pour les curieux, le ministère met à disposition un outil de consultation département par département. On peut y retrouver la liste complète des candidats et vérifier, pour chaque territoire concerné, le nombre de sièges en jeu et le mode de scrutin applicable. Les résultats, eux, seront connus dans la soirée du 27 septembre, une fois les votes dépouillés dans les préfectures. Ils diront si la nouvelle assemblée conserve son profil actuel ou si trois ans de vie municipale ont suffi à en modifier les contours.

