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Provins : fin du premier festival photo

Par Marc Blanc
Publié le 21 septembre 2026 à 12h39 – Temps de lecture : 4 minutes

À Provins, le tout premier festival de photographie de la cité médiévale vit ses derniers jours. Baptisée « Comme des images », la manifestation s’est installée dans la ville depuis le 3 juillet et fermera ses portes le dimanche 27 septembre. Les visiteurs n’ont donc plus que quelques jours pour parcourir les expositions disséminées dans plusieurs lieux emblématiques de la cité, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco pour son passé de grande ville de foires au Moyen Âge. Une occasion de découvrir Provins sous un angle inhabituel, entre pierres anciennes et regards d’aujourd’hui.
Pensé comme un parcours artistique à travers la ville, le festival met en dialogue création contemporaine, mémoire des lieux et regards sur le monde. Les œuvres se déploient dans quatre sites répartis entre le centre historique et les abords de la gare : l’église Sainte-Croix, rue Sainte-Croix, l’espace de la gare, avenue Jean-Jaurès, la médiathèque Alain-Peyrefitte, rue des Marais, et l’atelier-galerie Guédamour, rue Hugues-le-Grand. Le principe consiste à faire cohabiter le patrimoine séculaire de Provins avec les images d’aujourd’hui, en invitant le promeneur à redécouvrir la ville au fil des tirages et des projections.
À l’église Sainte-Croix, le photographe Fred Delangle, lauréat de la première résidence de création du festival, présente un travail réalisé dans les murs mêmes de Provins. L’espace de la gare accueille de son côté un temps fort consacré au photojournalisme, avec une projection dédiée au grand reporter René Burri, figure de l’agence Magnum. Deux approches qui se répondent : l’une ancrée dans le décor médiéval de la ville, l’autre tournée vers le monde et l’actualité, saisie par l’un des grands noms de la photographie du siècle passé. Ses reportages, menés aux quatre coins du globe, ont durablement marqué l’histoire du photojournalisme.
La médiathèque Alain-Peyrefitte met pour sa part la photographie de mode à l’honneur, avec une sélection de tirages signés Erwin Blumenfeld. Elle propose en outre une exposition collective intitulée « Paysages rêvés », qui explore l’histoire du médium à travers des artistes renouant avec des procédés anciens. À l’atelier-galerie Guédamour, enfin, la photographe Estelle Lagarde présente sa série « Entre ». De la fresque documentaire à la fiction mise en scène, la programmation balaie ainsi plusieurs facettes de la photographie et s’adresse aux passionnés comme aux simples promeneurs venus arpenter les ruelles pavées de la ville haute.
L’initiative est portée par une association qui ambitionne d’ancrer durablement la photographie dans le paysage culturel provinois. Pour cette édition inaugurale, elle a fait le choix de croiser des signatures reconnues, à l’image de René Burri ou d’Erwin Blumenfeld, et des créateurs en devenir, accueillis en résidence sur place. L’ensemble du parcours reste accessible librement, sans billet ni réservation, ce qui en fait une sortie de choix pour ce dernier week-end de septembre, à conjuguer avec la découverte des remparts, de la tour César et des souterrains qui font la renommée de la cité. Les organisateurs espèrent inscrire ce rendez-vous dans la durée et en faire, à terme, un temps fort de la vie culturelle du Provinois.
Les curieux ont donc jusqu’au dimanche 27 septembre pour découvrir les différents lieux du festival, du centre historique aux abords de la gare. Passé cette échéance, les tirages seront décrochés et il faudra patienter jusqu’à une éventuelle deuxième édition pour retrouver la photographie sur les murs de Provins. De quoi inciter les amateurs, comme les visiteurs de passage dans la cité médiévale, à profiter des tout derniers jours de cette grande première, avant que la ville ne bascule doucement dans sa saison automnale.