La chanson francophone retrouve la scène dans le nord du département. Vendredi 25 septembre, la 39e édition de L’Estival s’ouvre au Théâtre de Poissy, place de la République, avec un premier temps fort : la chanteuse belge Selah Sue, accompagnée de The Gallands et précédée sur scène par le groupe Malaka. Le concert débute à 20 h 30 et lance une quinzaine de rendez-vous étalés jusqu’au 10 octobre. Créé en 1988, ce festival entièrement consacré aux musiques d’expression française s’est imposé, au fil de près de quarante ans, comme l’un des grands rendez-vous culturels de l’automne yvelinois, capable d’attirer un public bien au-delà des frontières du département.
Sa marque de fabrique tient d’abord à son format itinérant. La manifestation ne se cantonne pas à Poissy : elle essaime dans cinq communes voisines – Achères, Andrésy, Conflans-Sainte-Honorine, Carrières-sous-Poissy et Chanteloup-les-Vignes –, invitant les spectateurs à passer d’une salle à l’autre au gré d’une programmation volontairement éclectique. Portée par la Région Île-de-France et le Département des Yvelines, l’édition 2026 revendique l’équilibre qui fait sa réputation depuis les origines : réunir sur les mêmes affiches des vedettes confirmées et de jeunes artistes encore méconnus, pour offrir un tremplin aux talents de demain autant qu’une vitrine aux voix déjà installées. Ce soutien public traduit la volonté des collectivités de maintenir une offre culturelle de proximité, accessible et ancrée dans le territoire.
Les têtes d’affiche ne manquent pas cette année. Julien Clerc est attendu au Théâtre de Poissy le jeudi 1er octobre à 19 h 30, avec le slameur Govrache en première partie. Yannick Noah, lui, refermera la quinzaine le 10 octobre à Conflans-Sainte-Honorine. Entre ces deux dates, la programmation fait dialoguer les générations et les esthétiques, du rock survitaminé des Wampas à la pop soul de Selah Sue, en passant par le rap et la nouvelle chanson, portés par des figures montantes comme Gildaa ou Juste Shani. Le grand écart entre ces univers résume l’esprit de la manifestation, où le grand public croise volontiers des propositions plus confidentielles. Une place particulière est réservée aux démarches engagées, notamment autour d’initiatives musicales sobres et écoresponsables.
Fidèle à son nom comme à son histoire, L’Estival assume une couleur résolument francophone. Aux côtés des artistes yvelinois et franciliens, l’affiche invite des voix venues de Belgique, du Québec, de Madagascar, de Nouvelle-Écosse, du Liban, d’Algérie ou d’Afrique francophone, réunies par une langue partagée davantage que par un genre musical. Une manière de rappeler que la chanson en français se conjugue aujourd’hui sur plusieurs continents et se nourrit d’influences multiples, du jazz aux musiques du monde. Pour ce premier week-end, trois concerts sont programmés entre vendredi et dimanche, avant que le rythme ne s’intensifie au tournant du mois d’octobre. Les organisateurs revendiquent cette variété de lieux et de styles comme un atout : elle permet d’ajuster la jauge à chaque proposition et de faire découvrir des artistes émergents dans des conditions plus intimes.
Pour Poissy, dont le théâtre fait figure de vaisseau amiral, cette soirée inaugurale marque aussi la vraie reprise de la saison culturelle après la rentrée. La commune, comme ses voisines de la boucle de Seine, mise sur l’événement pour animer ses équipements et faire circuler les habitants d’une rive à l’autre. Depuis sa création, le festival a vu défiler des générations d’interprètes et accompagné l’émergence de nombreux noms aujourd’hui familiers du grand public. Les places se réservent auprès des salles partenaires des six villes ; plusieurs soirées affichent déjà complet, et mieux vaut s’y prendre tôt pour les rendez-vous les plus courus. Les curieux peuvent consulter la programmation complète pour composer leur parcours entre les différentes salles. Le rendez-vous s’annonce, une fois encore, comme un temps fort de la rentrée culturelle dans les Yvelines.
Musique : l’Estival lève le rideau
Par Renaud Morelli
Publié le 22 septembre 2026 à 17h39 – Temps de lecture : 4 minutes
