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Champigny-sur-Marne : festival de Marne

Par Marc Blanc
Publié le 24 septembre 2026 à 13h01 – Temps de lecture : 3 minutes

Champigny-sur-Marne donne le coup d’envoi. Le mardi 29 septembre au soir, la ville lance la 40e édition du Festival de Marne, l’un des grands rendez-vous musicaux de l’automne francilien. Pour cette soirée d’ouverture, la chanteuse Yael Naim, qui présente un cinquième album entièrement écrit et composé de sa main après quinze ans de carrière et plusieurs tournées, partage la scène avec l’auteur-compositeur Paul Barreyre. Un lever de rideau fidèle à l’esprit de la manifestation, qui aime marier voix confirmées et signatures plus récentes, sans jamais enfermer son public dans un seul genre.
Né dans les années 1980 d’une intuition du chanteur Jean Ferrat, l’événement s’est imposé au fil des décennies comme une institution du territoire. Conduit avec le Département du Val-de-Marne, il a la particularité de ne pas se dérouler dans une seule salle : de commune en commune, il s’appuie sur un maillage de théâtres, de salles municipales et de conservatoires pour aller au-devant des habitants. Trois semaines durant, jusqu’au 17 octobre, plus d’une vingtaine de villes du département accueilleront ainsi concerts et spectacles, faisant du festival une manifestation nomade autant que populaire.
La chanson francophone demeure le cœur battant de la programmation, sans en être l’unique boussole. Pop, rock, musiques du monde et propositions taillées pour le jeune public complètent une affiche 2026 où l’on retrouve notamment Benjamin Biolay, Imany, Charlie Winston, Bertrand Belin ou le groupe Ladaniva. Fidèle à son principe d’itinérance, la fête posera ses amplis à Chevilly-Larue, Alfortville, Vitry-sur-Seine, Nogent-sur-Marne, Fontenay-sous-Bois, Maisons-Alfort, Rungis ou encore Le Perreux-sur-Marne, parmi d’autres étapes réparties aux quatre coins du département. Certains artistes, comme Yael Naim, se produiront d’ailleurs dans plusieurs communes, prolongeant le fil rouge d’une édition à l’affiche particulièrement dense.
Cette édition anniversaire n’oublie pas les familles. Du 3 au 17 octobre, un volet baptisé « Mon Mini Festival 2 Marne » réserve aux plus jeunes une série de spectacles à tarif doux, autour de 6 € la place. Pour le reste des concerts, les billets s’échelonnent d’une quinzaine à une quarantaine d’euros selon les soirées, une fourchette pensée pour ne pas laisser de côté les budgets modestes. De quoi assumer une ambition constante : proposer une programmation exigeante sans la réserver à une poignée d’initiés.
Car c’est bien là que se joue la singularité du rendez-vous. Plutôt que de concentrer les têtes d’affiche dans un lieu unique, le festival les amène au pied des immeubles, dans des équipements de quartier que le public fréquente le reste de l’année. Pour beaucoup de spectateurs, l’occasion est rare de voir des artistes de cette envergure sans avoir à gagner la capitale. À Champigny-sur-Marne comme dans les villes voisines, l’enjeu tient en une phrase : faire salle comble à deux pas de chez soi, et rappeler que la vie culturelle ne s’arrête pas aux portes de Paris.
En ouvrant le ban, la commune s’offre une vitrine à la hauteur de son ambition culturelle. Les organisateurs invitent le public à réserver sans trop tarder, certaines soirées affichant vite complet, et à consulter le programme détaillé auprès des salles partenaires comme de la billetterie du festival. Quarante ans après ses premières notes, la manifestation confirme qu’un grand rendez-vous artistique peut rester profondément ancré dans le quotidien des Val-de-Marnais.