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Neuf jours de musique à l’Empéri

Par Christof Lorenzo
Publié le 5 août 2026 à 14h59 – Temps de lecture : 4 minutes

Pendant neuf jours, du 1er au 9 août 2026, la vieille ville de Salon-de-Provence a vécu au rythme de la musique de chambre. La 34e édition du Festival international de musique de chambre, que le public connaît surtout sous le nom de « Musique à l’Empéri », a investi la cour du château de l’Empéri, l’un des plus anciens châteaux forts de Provence, qui domine le centre historique. Chaque soir, à la tombée de la nuit, les gradins installés dans cette enceinte de pierre ont accueilli un public nombreux, venu écouter à la belle étoile quelques-uns des meilleurs solistes de la scène internationale. Une parenthèse musicale devenue, au fil des ans, l’un des rendez-vous les plus attendus de l’été salonais.

Le festival est né en 1993, à l’initiative de trois musiciens qui en assurent toujours la direction artistique : le pianiste Éric Le Sage, le clarinettiste Paul Meyer et le flûtiste Emmanuel Pahud. Plus de trente ans plus tard, l’esprit des origines demeure intact. Chaque été, une trentaine d’instrumentistes de premier plan se retrouvent à Salon-de-Provence pour répéter et jouer ensemble, loin des grandes salles et au plus près des spectateurs. Cette proximité, presque familiale entre les artistes et le public, est devenue la marque de fabrique d’un événement salué bien au-delà des Bouches-du-Rhône, qui attire des mélomanes de toute la France.

La programmation 2026 a fait dialoguer les répertoires et les époques. Les dix concerts du soir, donnés au château à 19h et 21h, ont enchaîné des rendez-vous marquants : « L’Art de la fugue » de Bach, une soirée consacrée à « West Side Story », « L’Histoire du soldat » de Stravinsky ou encore un grand final réunissant Schubert et Mozart. Entre musique baroque, pages du XXe siècle et grands classiques, le fil conducteur est resté celui de la rencontre, chaque programme rassemblant des artistes venus d’horizons différents autour d’une même partition. De quoi séduire aussi bien les connaisseurs que les curieux poussant pour la première fois les portes de la forteresse.

Le festival ne s’est pas limité au château. En journée, il a essaimé dans d’autres lieux patrimoniaux de la ville : l’abbaye de Sainte-Croix a accueilli les concerts de midi, tandis que le temple du Portail Coucou complétait la carte des rendez-vous. Cette dispersion dans le tissu ancien de Salon-de-Provence a offert aux visiteurs autant d’occasions de conjuguer musique et découverte du patrimoine, entre ruelles, places ombragées et monuments souvent moins fréquentés le reste de l’année. La ville, elle, a profité de cette affluence estivale pour animer ses terrasses et faire vivre ses commerces au cœur de la saison.

Site emblématique du cœur historique, le château de l’Empéri, qui abrite par ailleurs un important musée d’histoire militaire, s’est ainsi transformé chaque soir en salle de concert à ciel ouvert. En trois décennies, « Musique à l’Empéri » s’est imposée comme l’un des grands rendez-vous français de la musique de chambre, capable de faire rayonner une ville moyenne de Provence sur la carte des festivals d’été. Une réussite qui doit beaucoup à la fidélité de ses fondateurs comme de son public, revenu en nombre pour cette 34e édition. À peine les dernières notes envolées, la perspective d’une nouvelle saison, l’été prochain, entretenait déjà l’impatience des habitués.