Au cœur de Colombes, la plaine des sports Yves-du-Manoir vit un nouvel été de travaux. Deux ans après avoir accueilli les épreuves de hockey sur gazon des Jeux olympiques de Paris 2024, l’enceinte départementale est redevenue un chantier. Aux abords de la tribune historique, engins et palissades dessinent les contours d’un futur stade de rugby, appelé à accueillir le Racing 92 à partir de la saison 2027-2028. Propriétaire du site depuis 2002, le Département des Hauts-de-Seine pilote cette transformation d’un lieu qui fut, il y a tout juste un siècle, l’un des principaux théâtres des Jeux olympiques de 1924.
Le projet a franchi une étape administrative décisive le 13 février 2025, avec la signature du permis de construire par la mairie de Colombes. Estimée à 22 millions d’euros et financée par le Racing 92, l’opération prévoit l’édification de trois nouvelles tribunes permanentes. Le stade adoptera une configuration dite « à l’anglaise », au plus près de la pelouse, pour une capacité de 14 000 places. Un terrain synthétique, une bodega et un espace réservé aux invités compléteront l’ensemble, dont la livraison est annoncée pour le printemps 2027.
La gouvernance du site associe étroitement la collectivité et le club. En décembre 2025, le conseil départemental, propriétaire des lieux, a accordé au Racing 92 une autorisation d’occupation temporaire d’une durée de cinquante ans. Le club francilien, qui évolue depuis plusieurs saisons à Paris La Défense Arena, à Nanterre, retrouvera ainsi une enceinte qu’il avait quittée à la fin des années 2010. Ses dirigeants espèrent y disputer leurs premiers matchs au début de la saison 2027-2028, sous réserve des délais de chantier et d’éventuels recours.
Concrètement, l’été 2026 marque la montée en puissance du gros œuvre. Engagés dans les mois qui ont suivi les Jeux, les travaux de terrassement et de fondations laissent peu à peu place à l’élévation des futures tribunes. Le Département et le club communiquent régulièrement sur l’avancement d’une opération suivie de près par les supporters, une dizaine d’années après le départ du Racing vers l’ouest du département.
Ce nouveau stade s’inscrit dans un ensemble entièrement repensé pour les Jeux de Paris 2024. Le Département indique avoir investi plus de 90 millions d’euros dans la rénovation de la plaine des sports, inaugurée le 19 mars 2024, cent ans après les Jeux de 1924 organisés à Colombes. Le site accueille désormais deux terrains synthétiques éclairés pour le hockey sur gazon et une tribune de 1 000 places, quatre terrains de football et trois de rugby, ainsi qu’une piste d’athlétisme de 200 mètres à quatre couloirs.
L’ancien stade olympique est aussi devenu un pôle national. La Fédération française de hockey y a établi son centre national d’entraînement, avec le Racing club de France Hockey 92 comme club résident. Les abords ont été réorganisés autour de 180 places de stationnement pour les véhicules et d’une centaine d’emplacements pour les vélos, afin d’accompagner la fréquentation des installations tout au long de l’année, des clubs locaux aux publics scolaires.
La rénovation a été conduite selon des exigences environnementales affichées par la collectivité. Le Département met en avant une production d’électricité assurée pour moitié par des énergies renouvelables sur le site, une construction réalisée à 50 % de bois, intégralement certifié, et un taux de valorisation des déblais et des terres de l’ordre de 90 %. Le dispositif vise par ailleurs à ne rejeter aucune eau pluviale dans les réseaux communaux, l’ensemble revendiquant le label environnemental E3C1.
Le choix de Colombes n’a rien d’anecdotique. Inauguré au début du XXe siècle et agrandi pour les Jeux de 1924, le stade a longtemps figuré parmi les enceintes majeures du sport français, accueillant de grandes rencontres de football et de rugby avant que le Racing n’en fasse sa maison. Sa reconversion illustre la volonté du Département de préserver la vocation sportive d’un site de plusieurs dizaines d’hectares, tout en l’ouvrant à la pratique quotidienne des habitants et des scolaires.
Pour les Colombiens, cet été 2026 confirme la mue d’un lieu emblématique. Longtemps identifié au football et à l’athlétisme, puis au rugby du Racing, Yves-du-Manoir aura traversé un siècle d’histoire sportive française, des Jeux de 1924 à ceux de 2024. À la faveur de la période estivale, les travaux se poursuivent en vue du retour du club résident et d’une nouvelle vie pour cette enceinte départementale.
À Colombes, Yves-du-Manoir se prépare pour le Racing 92
Par Renaud Morelli
Publié le 25 août 2026 à 14h23 – Temps de lecture : 4 minutes
