En ce début du mois d’août, le château de Malmaison, à Rueil-Malmaison, propose aux visiteurs un programme estival à mi-chemin entre patrimoine et divertissement. Ancienne demeure de Joséphine et de Napoléon Bonaparte, aujourd’hui Musée national des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau, le domaine profite de la saison pour compléter la visite de ses collections par des animations installées dans la cour du pavillon des voitures. Deux rendez-vous, gratuits pour les curieux munis d’un billet, y sont proposés certains jours jusqu’au 20 septembre, de 10 heures à 17 heures.
Le premier, baptisé « Statues en scène », prend la forme d’un jeu de piste photographique. Les participants partent à la découverte de sculptures et d’œuvres emblématiques du musée, s’attachent à les retrouver dans les collections, puis s’amusent à en reproduire les poses les plus célèbres le temps d’un cliché. Un concours photographique récompense la meilleure imitation d’une œuvre du château, une manière ludique d’observer de plus près un patrimoine parfois intimidant et d’inviter les familles à s’approprier les lieux.
Le second, intitulé « Abeilles impériales », met à l’honneur le travail discret des pollinisateurs. Dans la cour du pavillon des voitures, l’apiculteur du domaine accueille le public pour présenter les ruches et le miel produit sur place. Échanges, dégustations et explications se succèdent autour du rôle des abeilles et de leur importance pour les jardins, un sujet qui prend un relief particulier dans un domaine où la nature et l’horticulture ont, dès l’origine, occupé une place centrale.
Car Malmaison n’est pas un château comme les autres. Acquise par Joséphine de Beauharnais en 1799, la propriété est devenue, sous le Consulat, l’une des résidences favorites du couple formé avec le futur empereur, qui y tint un temps une partie du gouvernement. Le domaine y gagna une réputation qui dépasse la seule histoire politique : Joséphine y rassembla d’importantes collections botaniques, acclimata des espèces rares et fit de sa roseraie l’une des plus renommées de son temps, immortalisée par les planches du peintre Pierre-Joseph Redouté. Elle y entretint aussi une ménagerie où évoluaient des animaux venus de contrées lointaines.
Après le divorce, en 1809, Joséphine conserva Malmaison, où elle vécut jusqu’à sa mort, en 1814. Le château est ensuite passé entre plusieurs mains avant d’être offert à l’État au début du XXe siècle et transformé en musée national. Il conserve aujourd’hui mobilier, objets d’art et souvenirs de l’épopée impériale, qui en font l’un des principaux lieux de mémoire napoléonienne en Île-de-France et une étape recherchée des amateurs d’histoire.
En proposant, l’été, des animations en extérieur, le musée cherche à élargir ses publics et à faire vivre le domaine au-delà de la visite classique. Les parcours photographique et apicole permettent d’attirer les familles et les enfants, à un moment de l’année où de nombreux Franciliens restent dans la région et recherchent des sorties de proximité, à la fois accessibles et instructives, sans quitter les Hauts-de-Seine.
Pour Rueil-Malmaison, la présence de ce domaine constitue un atout patrimonial de premier plan. La ville, la plus étendue du département, met volontiers en avant cet héritage impérial, que prolongent le parc, les jardins et le proche château de Bois-Préau, rattaché au même musée national. Les rendez-vous de l’été s’ajoutent ainsi à une offre culturelle qui, du printemps à l’automne, fait du site l’un des points d’ancrage de la vie locale et de son rayonnement au-delà des frontières communales. Chaque année, le domaine attire un large public, séduit autant par l’histoire que par la promenade dans les allées.
D’ici au 20 septembre, les visiteurs peuvent donc combiner la découverte des collections et ces animations de plein air, à condition de vérifier au préalable les jours d’ouverture, variables selon les semaines. En cette première quinzaine d’août, entre les poses recréées devant les statues et les explications de l’apiculteur sur ses ruches, le château de Malmaison confirme sa capacité à conjuguer transmission de l’histoire et plaisir de la promenade estivale, dans l’un des cadres les plus chargés de mémoire des Hauts-de-Seine.
L’été se visite au château de Malmaison
Par Gilbert Caron
Publié le 29 août 2026 à 10h25 – Temps de lecture : 4 minutes
