La mezzanine de l’hôtel de ville de Guyancourt accueille, du 14 septembre au 14 décembre, une exposition consacrée à la peintre Françoise Adnet. Organisée par la municipalité, cette présentation rassemble un ensemble de toiles prêtées par la ville de Vicq et invite à redécouvrir une artiste discrète mais reconnue de la figuration française d’après-guerre, dont l’œuvre oscille entre portraits, paysages et natures mortes empreints de mélancolie. L’entrée est libre pendant toute la durée de l’accrochage, ouvert à tous les publics.
Née à Montmartre en 1924 et morte à Paris en 2014, Françoise Adnet était la fille du décorateur Jacques Adnet, l’une des figures des arts décoratifs de la première moitié du XXe siècle. Destinée d’abord à la musique, elle avait étudié le piano auprès de Marguerite Long et d’Alfred Cortot et donné son premier récital à Berlin à l’âge de douze ans, avant de renoncer à une carrière de concertiste pour se consacrer entièrement à la peinture, une discipline qu’elle pratiquait, selon les biographes, depuis la petite enfance et qui allait occuper toute son existence.
En 1951, elle épouse l’éditeur d’art Max Fourny, futur fondateur du Musée international d’art naïf de Vicq, dans les Yvelines. Ce lien familial explique la relation nouée entre l’artiste et cette commune, aujourd’hui prêteuse des œuvres exposées à Guyancourt. Tout au long de sa vie, Françoise Adnet se rattache au courant du misérabilisme, une réaction figurative à l’abstraction née dans le Paris de l’après-guerre. Influencée par le peintre Francis Gruber, elle en partage le registre avec des artistes comme Bernard Buffet et Jean Jansem, explorant des sujets contemporains avec une attention marquée à la psychologie de ses modèles et à la part de gravité qui les habite.
Portraitiste recherchée, elle a fixé sur la toile les traits de personnalités de son temps, parmi lesquelles l’aviatrice Jacqueline Auriol, l’industrielle Liliane Bettencourt ou l’actrice Merle Oberon, et illustré des ouvrages d’auteurs tels que Françoise Sagan et André Gide. On lui doit également des décors, notamment pour le paquebot Ferdinand de Lesseps. Son travail, salué par plusieurs distinctions dont le grand prix de la Biennale de Bruges et la médaille d’argent de la Ville de Paris, se distingue par une palette sobre et une gravité assumée, où la fragilité humaine occupe une place centrale. La ville de Guyancourt présente Françoise Adnet comme la seule femme associée au mouvement misérabiliste, ce qui confère à cette présentation une dimension particulière.
L’exposition prend place à la mezzanine de l’hôtel de ville, rue Ambroise-Croizat, un espace que la commune consacre régulièrement à la programmation culturelle et aux arts plastiques. Accessible durant les heures d’ouverture du bâtiment, elle s’étale sur trois mois, jusqu’au 14 décembre, laissant au public un large créneau pour la découvrir. La municipalité, qui organise plusieurs rendez-vous d’exposition au fil de l’année, inscrit cet accrochage dans une saison culturelle qu’elle veut accessible au plus grand nombre, en misant sur la gratuité et sur la proximité d’un lieu de passage fréquenté par les habitants.
Le rapprochement entre Guyancourt et l’œuvre d’une artiste liée à Vicq illustre aussi la circulation des collections entre communes du département. Le Musée international d’art naïf, fondé par Max Fourny, conserve un fonds important et prête régulièrement des pièces, permettant à des expositions temporaires de voir le jour hors de ses murs. Pour les visiteurs, c’est l’occasion d’approcher un pan de la peinture figurative française sans quitter le sud des Yvelines, dans un cadre municipal ouvert à tous.
En choisissant de mettre en lumière une créatrice longtemps restée dans l’ombre des grands noms de son mouvement, Guyancourt propose un parcours à la fois intime et documenté, nourri par les liens familiaux et géographiques qui unissent Françoise Adnet au territoire. Entre héritage des arts décoratifs, passage par la musique et engagement dans la peinture figurative, la trajectoire de cette femme de caractère se lit en filigrane des toiles réunies pour l’occasion. L’exposition, gratuite, reste visible jusqu’au 14 décembre, de quoi permettre aux visiteurs de revenir et de prendre le temps d’une découverte.
Crédit photo : Ville de Guyancourt / Françoise Adnet

