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Solidarité : Octobre rose

Par Assia Bedja
Publié le 1 octobre 2026 à 10h41 – Temps de lecture : 4 minutes

Depuis le 1er octobre, la capitale a viré au rose. Comme partout en France, Paris s’associe à Octobre rose, la campagne nationale qui, un mois durant, met en lumière le cancer du sein et invite les femmes au dépistage. Le mot d’ordre tient en une phrase : « le dépistage peut sauver votre vie ». Derrière le ruban devenu familier, l’enjeu de santé publique est considérable, car il s’agit du cancer le plus fréquent chez les femmes, et une détection précoce change souvent le cours de la maladie. Autant dire que la mobilisation dépasse largement le folklore du ruban.
Née dans les années 1990 outre-Atlantique, la mobilisation s’est imposée au fil des ans comme l’un des grands rendez-vous de santé de l’automne, au point de teinter de rose vitrines, façades et pelouses de tout le pays. Le succès de l’image ne doit pourtant pas masquer le message. Chaque année, le cancer du sein touche des dizaines de milliers de femmes en France, et il continue d’en emporter beaucoup, alors même que les chances de guérison sont élevées lorsqu’il est pris à temps. D’où l’insistance de la campagne sur un examen simple, rapide et gratuit.
Le cœur du mois, c’est le rappel du dépistage organisé. Toutes les femmes de 50 à 74 ans, sans symptôme ni antécédent particulier, sont invitées à passer une mammographie tous les deux ans, prise en charge à 100 % par l’Assurance maladie. L’invitation arrive directement dans la boîte aux lettres, mais beaucoup la laissent de côté, faute de temps ou par appréhension. La campagne cherche justement à lever ces freins, en expliquant le déroulé de l’examen et en rappelant qu’un cancer repéré tôt se soigne mieux, avec des traitements souvent moins lourds. À Paris, la Ville profite du mois pour élargir le message à l’ensemble de la santé des femmes, du dépistage du col de l’utérus à la vaccination contre les papillomavirus.
Sur le terrain, les initiatives se multiplient d’un quartier à l’autre. Les services municipaux et leurs partenaires du monde de la santé et de la solidarité tiennent des stands d’information, notamment sur les marchés couverts de la capitale, où l’on peut poser ses questions à des professionnels, repartir avec de la documentation ou apprendre les gestes de l’autopalpation. Des ateliers, des conférences et des rencontres jalonnent le mois, souvent gratuits et sans rendez-vous, pensés pour aller au-devant de celles qui, d’ordinaire, ne franchissent pas la porte d’un cabinet. L’idée est simple : transformer un sujet encore chargé d’angoisse en un réflexe de prévention partagé.
Le premier week-end donne le ton. Les 3 et 4 octobre, la grande course solidaire Odysséa s’élance dans le bois de Vincennes : des dizaines de milliers de coureurs et de marcheurs, vêtus de rose, avalent quelques kilomètres au profit de la recherche contre le cancer du sein. L’épreuve, l’une des plus courues de la région, peut réunir jusqu’à 42 000 participants sur ses différents parcours, du défi chronométré à la simple balade en famille. Dans le même élan, plusieurs monuments se parent de rose à la tombée de la nuit, la tour Eiffel en tête, pour rendre la cause visible loin à la ronde.
Reste que l’essentiel se joue moins dans les illuminations que dans les gestes du quotidien. La couleur rose n’a d’utilité que si elle pousse à décrocher un rendez-vous, à relancer une amie ou une mère qui repousse son examen, ou simplement à s’informer. À Paris comme ailleurs, le dépistage reste inégal selon les quartiers, plus faible là où l’accès aux soins est le plus difficile. C’est aussi à cela que sert ce mois très visible : rappeler que la prévention ne s’arrête pas au 31 octobre, et que l’adresse d’un centre de dépistage ou d’un médecin traitant vaut mieux qu’un ruban épinglé au revers.