Dimanche 4 octobre, l’église de Milly-la-Forêt donnera le premier des cinq concerts du festival Les Zarmoniques, qui fera chanter le Gâtinais jusqu’au 11 octobre. Sous-titrée « Voix et patrimoine en Gâtinais », la manifestation marie depuis des années la musique et les vieilles pierres, en installant chœurs et ensembles instrumentaux dans les églises et les salles du sud de l’Essonne. Une semaine durant, le chant sacré comme profane s’invitera au pied du massif forestier, porté par des formations venues de tout le secteur.
Derrière le festival, on retrouve une association liée au Conservatoire du Gâtinais, qui rassemble amis, parents et élèves de l’établissement. L’esprit est celui du partage : réunir chanteurs confirmés et amateurs, professeurs et débutants, dans des lieux de proximité où la musique se vit sans façon. Les concerts, en entrée libre, s’adressent autant aux mélomanes avertis qu’aux familles curieuses de pousser, un dimanche d’automne, la porte d’une église baignée de musique. Cette dimension pédagogique est, au fond, le vrai fil rouge de la manifestation.
Le programme s’ouvre donc à Milly-la-Forêt, où un chœur éphémère et l’ensemble vocal Chœur Coben lanceront les festivités sous les voûtes de l’église. La formule du chœur éphémère résume à elle seule l’ambition du rendez-vous : rassembler, le temps de quelques répétitions, des voix venues d’horizons différents pour ne former qu’un seul ensemble le soir du concert. De quoi donner à chacun l’envie de fredonner, puis, pourquoi pas, de rejoindre un pupitre l’an prochain.
La semaine suivante, le festival gagne les communes voisines. Vendredi 9 octobre, l’église de Maisse accueille les ensembles vocaux Quatuor Atlas et Chœur Contrafactum. Le lendemain, samedi 10 octobre, la salle Robert Dumas, toujours à Maisse, laisse place aux ensembles instrumentaux Les Bouches à oreilles et Prismes, tandis que l’église du Vaudoué résonne des voix du Chœur Marc-Antoine Charpentier. La clôture, dimanche 11 octobre, ramène le public à Milly-la-Forêt pour un grand concert réunissant les chœurs amateurs du Gâtinais.
Polyphonies sacrées et pièces profanes, grands ensembles et petites formations, voix a cappella et instruments se répondent au fil de la semaine. Cette variété permet à chacun de trouver son bonheur, du fidèle de musique ancienne au curieux venu simplement écouter, un soir, ce qui résonne sous les voûtes de son village.
En glissant ses concerts dans les églises de Milly-la-Forêt, de Maisse ou du Vaudoué, Les Zarmoniques met en valeur un patrimoine que l’on ne pousse parfois plus qu’au détour d’une messe. Ces édifices, souvent séculaires, offrent aux voix une acoustique naturelle et un écrin que ne remplacera aucune salle moderne. Beaucoup n’accueillent plus guère de public en dehors de ces rendez-vous : le temps d’un concert, ils retrouvent une seconde vie.
Le festival mise sur la convivialité, celle des applaudissements partagés et des retrouvailles sur le parvis, quand chanteurs et auditeurs se croisent après le dernier accord. Il met aussi en lumière le travail mené toute l’année au Conservatoire du Gâtinais, où se forment les voix de demain. Chœur éphémère, ensembles d’élèves et formations amateurs y trouvent une scène à leur mesure, loin des grandes salles parisiennes. Pour bien des habitants, c’est l’occasion rare d’entendre, tout près de chez eux, un répertoire exigeant servi avec ferveur, et de mesurer la vitalité d’une vie musicale de proximité que l’on croyait parfois menacée.
Le festival prolonge ainsi l’identité d’un territoire, le Gâtinais français, où le petit patrimoine rural compte autant que les grès de la forêt et les plantes médicinales qui firent jadis la réputation de Milly.
Le Gâtinais : voix et patrimoine
Par Marc Blanc
Publié le 29 septembre 2026 à 17h55 – Temps de lecture : 4 minutes
