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La Semaine bleue revient dans les quartiers

Par Renaud Morelli
Publié le 29 septembre 2026 à 10h06 – Temps de lecture : 4 minutes

Chaque automne, la première semaine d’octobre est consacrée aux plus âgés. À Paris, la Semaine bleue s’ouvre le lundi 5 octobre et se déploie jusqu’au dimanche 11 dans les mairies d’arrondissement, les clubs seniors, les résidences et les centres d’action sociale. Portée par la Ville et sa direction des solidarités, l’édition 2026 invite les habitants de tous les âges à se retrouver autour d’une même idée : relier les générations dans des quartiers plus solidaires. L’entrée est presque toujours gratuite et la réservation vivement conseillée, chaque lieu diffusant son propre programme selon les places disponibles.
L’événement n’a rien d’une nouveauté. Créée en 1951, la Semaine nationale des retraités et des personnes âgées revient chaque année depuis plus de soixante-dix ans. Coordonnée au niveau national par l’Uniopss, sous l’égide du ministère chargé de l’autonomie, elle porte toujours la même devise : « 365 jours pour agir, 7 jours pour le dire ». Le message tient en peu de mots : rappeler, le temps de sept journées, tout ce que les aînés apportent à la vie économique, sociale et culturelle du pays, et combattre l’isolement qui pèse encore sur bien des foyers. L’ancienne ministre Roselyne Bachelot en est la marraine pour 2026. Partout en France, des marches, un concours national et le Prix Chronos, décerné à des livres sur le dialogue entre les âges, prolongent l’événement.
Derrière une appellation devenue familière, l’enjeu est sérieux. À mesure que l’espérance de vie s’allonge, la société compte de plus en plus de retraités, dont beaucoup restent actifs, s’engagent dans le bénévolat, gardent leurs petits-enfants ou transmettent un métier. La Semaine bleue entend leur redonner de la visibilité et bousculer les regards, en montrant le grand âge autrement que sous le seul angle de la dépendance. C’est aussi le sens des marches organisées ici et là, et d’un concours national qui, par la photographie et l’écriture, invite à poser un regard neuf sur le fait de vieillir.
Dans la capitale, la semaine prend la forme d’un agenda foisonnant. Ateliers numériques pour apprivoiser le téléphone, séances de gymnastique douce, ateliers mémoire, rendez-vous de prévention des chutes, thés dansants et lotos côtoient des expositions, des conférences et des sorties culturelles. Une large place est réservée aux échanges entre générations : des écoliers rendent visite aux résidents, des ateliers réunissent enfants et retraités autour d’un jeu, d’une chanson ou d’un récit de vie. Plusieurs établissements pour personnes âgées ouvrent aussi leurs portes, l’occasion pour les familles de pousser la porte de lieux souvent méconnus et de rencontrer les équipes qui y travaillent.
D’un arrondissement à l’autre, les formules se répondent sans jamais se ressembler tout à fait. Ici, un après-midi dansant réunit les habitués d’un club autour d’un orchestre ; là, un atelier apprend à repérer les arnaques en ligne ou à passer un appel vidéo à un proche éloigné. Ailleurs, une balade commentée fait redécouvrir un quartier, ou un chœur mêle les voix des écoliers et celles des anciens. Beaucoup de ces rendez-vous sont pensés pour être accessibles, à deux pas de chez soi et sans dépense, afin que personne ne renonce faute de moyens ou de transport.
Le choix de cette période n’est pas anodin. Alors que la population parisienne vieillit et que de nombreux aînés vivent seuls, la Ville voit dans ce rendez-vous un moyen de recréer du lien de proximité, mais aussi de faire connaître les clubs et les services ouverts toute l’année. Car la Semaine bleue ne prend son sens que si elle prolonge un travail mené sur les douze mois : d’où cette devise qui insiste autant sur les 365 jours que sur les sept. Le programme, mis à jour au fil des jours, se retrouve sur les supports de la Ville et dans les mairies. Pour connaître le détail des animations près de chez soi, le plus simple reste de se tourner vers sa mairie d’arrondissement ou son centre d’action sociale, qui centralisent les inscriptions. Certains rendez-vous affichent vite complet ; mieux vaut réserver tôt pour ne pas rester sur le pas de la porte.

Crédit photo : M10