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Alpes-Maritimes : quatre jours de tensions autour des lycées

Par Moira O'Deorain
Publié le 30 septembre 2026 à 14h41 – Temps de lecture : 3 minutes

Un mouvement de contestation scolaire agite le département depuis plusieurs jours. Depuis lundi 28 septembre, de nombreux lycées des Alpes-Maritimes connaissent des opérations de blocage. Ces actions s’inscrivent dans un mouvement national, qui touche également l’Île-de-France, l’Isère ou encore le Nord.

Dès le premier jour, dix établissements du département subissent des perturbations. Ce lundi, la préfecture recense déjà dix interpellations et deux lycéens légèrement blessés. Le mouvement s’amplifie ensuite rapidement dans les jours suivants.

Mardi 29 septembre, l’ampleur de la mobilisation progresse nettement. Dix-huit lycées connaissent alors des perturbations, répartis dans six communes du département. Ce jour-là, les forces de l’ordre procèdent à une cinquantaine d’interpellations, débouchant sur 34 gardes à vue. Quinze personnes souffrent également de blessures légères, dont huit lycéens et sept policiers.

Mercredi 30 septembre, de nouveaux affrontements éclatent autour de plusieurs établissements niçois. Des incidents touchent notamment les quartiers de Magnan et du Parc Impérial. Jets de pierres, tirs de mortiers et gaz lacrymogènes marquent alors cette nouvelle journée de tensions.

Ce même jour, la préfecture dénombre 40 interpellations à l’échelle du département, dont 20 mineurs. Les forces de l’ordre placent par ailleurs 32 personnes en garde à vue. Des chiffres légèrement différents circulent selon les sources locales, certains élus évoquant 39 interpellations et 31 gardes à vue.

Jeudi 1er octobre, quatrième journée consécutive de mobilisation, la tension reste vive. Des incidents touchent notamment le lycée Calmette de Nice, où les forces de l’ordre utilisent des tirs de fumigènes pour disperser les manifestants. En milieu d’après-midi, la préfecture comptabilise déjà 70 interpellations sur l’ensemble du département.

Ces interpellations concernent principalement des faits précis, selon les autorités. Jets de projectiles, tirs de mortier, incendies volontaires, violences en réunion, vols et dégradations de biens privés figurent parmi les motifs les plus fréquemment cités. Les forces de l’ordre interpellent également plusieurs personnes pour port d’arme, notamment des couteaux.

Sur le fond, les lycéens mobilisés dénoncent des conditions d’enseignement jugées dégradées. Parmi leurs revendications figurent le manque de professeurs, la surcharge des classes et l’état de certains locaux. Des pancartes brandies lors des rassemblements résument d’ailleurs cette colère, réclamant des classes pour apprendre plutôt que pour entasser.

D’autres établissements des Alpes-Maritimes connaissent également des mesures de sécurité renforcées. Ainsi, plusieurs élèves doivent rester confinés à Cagnes-sur-Mer face aux débordements. Les communes de Nice, Antibes, Cannes et Menton concentrent la majorité des incidents liés à cette mobilisation prolongée.

Face à cette situation, le préfet des Alpes-Maritimes évoque d’ailleurs un point de bascule dans la gestion de ces événements. Les autorités maintiennent un dispositif de sécurité conséquent autour des établissements les plus exposés, avec le renfort de CRS dans plusieurs secteurs du département.

À l’heure actuelle, rien n’indique une accalmie immédiate de ce mouvement. Les prochains jours permettront de déterminer si la mobilisation se poursuit, ou si un apaisement progressif s’amorce autour des établissements scolaires azuréens.