Une vaste concertation publique s’ouvre officiellement du 5 octobre au 11 décembre 2026 autour du projet de prolongement de la ligne 1 du métro, depuis son terminus actuel de Château de Vincennes jusqu’au pôle stratégique de Val de Fontenay. Placée sous la haute garantie de la Commission nationale du débat public (CNDP) et de ses trois garantes indépendantes – Nathalie Durand, Marie-Liane Schützler et Caroline Werkoff –, cette démarche vise à associer étroitement les habitants, les associations et les acteurs locaux aux choix structurants d’un chantier d’envergure, alors que les tracés, les variantes d’implantation et l’insertion précise des ouvrages restent entièrement ouverts à la discussion.
Ce grand projet de mobilité répond à une attente historique de l’est de la Seine-Saint-Denis, un territoire densément peuplé, jeune et en pleine mutation qui souffre d’un déséquilibre persistant en matière d’infrastructures lourdes par rapport à d’autres secteurs franciliens. Longtemps tributaires d’un enchaînement complexe de bus et de lignes de RER chroniquement saturées, les habitants de ce secteur voient dans ce prolongement l’occasion de rééquilibrer l’accès aux transports du quotidien, l’éloignement des grands axes de métro étant souvent vécu comme une injustice territoriale. Concrètement, le projet prévoit la création d’un nouveau tronçon souterrain d’environ cinq kilomètres et l’implantation de trois stations majeures : Les Rigollots à Fontenay-sous-Bois en limite de Vincennes, Grands Pêchers à Montreuil, et le pôle multimodal de Val de Fontenay. Exploité en mode entièrement automatique, à l’image du reste de la ligne 1, ce prolongement est dimensionné pour absorber un trafic estimé à près de 81 000 voyageurs par jour, offrant ainsi une alternative de transport fluide, régulière et performante qui permettra de soulager durablement les axes routiers et ferroviaires engorgés de l’Est parisien.
Pour les habitants des hauteurs de Montreuil, l’arrivée d’une station au cœur du quartier populaire des Grands Pêchers représente une opportunité majeure de désenclavement, d’autant que ce secteur mêlant grands ensembles et pavillons reste aujourd’hui à l’écart des transports lourds. Elle permettra de rapprocher durablement les bassins d’emploi, les établissements d’études, les soins et les équipements culturels, tout en changeant l’image et l’équilibre urbain de ce territoire proche du site historique des Murs à pêches, sous le regard vigilant des associations locales soucieuses d’éviter toute éviction des populations actuelles. La concertation ouverte cet automne constitue précisément le moment opportun pour débattre des choix d’aménagement, de la localisation exacte des accès, de la gestion des flux de circulation, ainsi que des précautions environnementales indispensables pour limiter l’empreinte des chantiers à proximité immédiate du bois de Vincennes. Les questions cruciales liées au financement – relancé par une enveloppe d’études de 9 millions d’euros fin 2024 –, aux nuisances de chantier, au maintien des cheminements et à l’accompagnement de la mutation urbaine y seront également mises à plat pour que le projet colle au plus près des réalités du terrain.
Le coup d’envoi de ce grand cycle d’échanges de deux mois sera donné lors d’une première réunion publique le jeudi 8 octobre 2026 à 19h au théâtre Jean-François Voguet à Fontenay-sous-Bois, marquant le début de nombreuses rencontres de proximité. Les Montreuillois disposeront par ailleurs d’un cadre d’échange dédié avec un premier atelier de proximité programmé dès le lundi 12 octobre 2026 à 19h à l’Espace 40, situé place Gisèle Halimi, qui sera suivi d’une seconde session de travail le 19 novembre au même endroit pour approfondir les scénarios. Le dossier complet de concertation, les supports cartographiques et les registres de contribution sont d’ores et déjà accessibles en ligne et sur place pour permettre à chaque citoyen, spécialiste ou non, de formuler ses observations, de poser des questions et de laisser ses avis. À l’issue de cette séquence participative, un bilan complet sera dressé en 2027 afin de permettre aux maîtres d’ouvrage, Île-de-France Mobilités et la RATP, de statuer sur la suite à donner, d’engager les études approfondies et de préparer l’enquête publique en vue d’une mise en service programmée au cours de la prochaine décennie, rappelant ainsi que c’est dès aujourd’hui que se dessine l’avenir des transports de l’Est parisien.
La ligne 1 à portée de Montreuil
Par Samy Abtroun
Publié le 10 octobre 2026 à 09h11 – Temps de lecture : 4 minutes
